Le chaos dans un verre d’eau

Editorial du BIP

Avant que de nouvelles révélations arrivent sur l’affaire Macron-Benalla, quelques interrogations nous taquinent. La première vient du journal Le Monde, le détonateur de cette campagne qui débuta, si opportunément, juste après la Coupe du monde de football. Cela étant dit, quelle serait la raison du surprenant volteface de ce même journal qui fut l’un des de plus puissants soutiens du candidat Macron lors de sa campagne électorale?

Celui-ci avait contribué à faire élire à la présidence Macron avec 16% des inscrits ce qui implique que de toute évidence 84% des inscrits, avaient bien «démocratiquement» manifesté ne pas vouloir le soutenir. Son élection mettait en avant non-seulement un problème institutionnel «démocratique», mais plus gravement aussi un problème systémique de la Ve République. Il marquait la désaffection de l’électorat à l’égard de sa représentation politique, qui ne répondait pas à ses souhaits, ses inquiétudes et ses intérêts, même lorsqu’il les manifestait clairement.

Alexandre Benalla, proche, très proche,     d’Émmanuel Macron, que l’on a vu sur les vidéos tournées le 1er mai 2018, place de la Contrescarpe, assumer le rôle d’un officier de police ou de gendarme en saisissant et en frappant à plusieurs reprises un homme à terre et agressant une jeune femme.

Bien que selon les dires de la directrice de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) il semblerait que ce genre d’agression soit admissible de la part de policiers et de gendarmes mais cependant pas de la part d’un collaborateur du président, d’un observateur de manifestation autorisé par la préfecture, ou de tout autre individu. Alexandre    Benalla affirmera plus tard – conforté par le témoignage de la directrice de l’IGPN – qu’il n’avait frappé personne lors de la manifestation, et nous aurions bien voulu le croire si nous n’avions pas vu les vidéos. Le mensonge d’Alexandre Benalla cependant, est pour nous beaucoup moins grave que de savoir que l’IGPN couvre les forces de l’ordre, quand celles-ci agressent de cette façon des citoyens.

Par ailleurs, ce comportement expliquerait peut-être pourquoi Alexandre Benalla s’est vu fournir un casque, un brassard, des rangers et peut-être à cette occasion, ainsi qu’à d’autres, un talkie-walkie relié au réseau «ACROPOL» de la police. Peut-être qu’un observateur sans signes distinctifs aurait pu êtreaccidentellement confondu avec un manifestant par les forces de l’ordre et traité comme tel. En somme, il aurait eu plus à craindre d’être agressé par les forces de l’ordre que par les manifestants.

La formation de Commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat, bien que dominées par la majorité LREM, fut une surprise. Elles laissaient espérer que l’on pourrait éventuellement savoir clairement ce qui s’était passé. Malheureusement cet espoir fut relativement éphémère lorsqu’il s’avéra, suite à la dénonciation de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale par les représentants de l’opposition, que son but visait dès le départ à écarter la responsabilité de l’Élysée dans cette affaire.

Au début de la campagne, on nous annonça qu’Alexandre Benalla recevait un salaire de 10.000€, être doté d’un appartement de 200 m² ou même 300 m² au quai de Branly, avait voiture avec chauffeur, un port d’armes, soumis sa candidature pour le poste de sous-préfet, détenait le code nucléaire et bien d’autres attributs vrais, faux ou outranciers. Finalement son salaire s’élevait à 6.000€, son l’appartement était de 80m², la voiture était une voiture de service, et comme il était membre d’un club de tir il possède une arme en toute légalité, quant à son invraisemblable candidature au poste de sous-préfet l’âge requis est de 35 ans minimum et il n’en a que 26 sans parler à son soi-disant accès au code nucléaire où là nous sombrons carrément dans le ridicule. La question qui en découle est la suivante: À qui servent ces inexactitudes? Est-ce à ceux qui mènent la campagne contre Benalla-Macron ou bien à ceux qui cherchent à décrédibiliser les réelles accusations? Sinon, devrions-nous en conclure que les journalistes ne savent plus faire leur métier et écrivent n’importe quoi?

Les auditions de la Commission d’enquête ont été bien intéressantes, des fois même amusantes, et sachant que ceux qui sont interrogés jurent au préalable de dire «la vérité, toute la vérité rien que la vérité», sous peine de cinq ans d’emprisonnement et 75.000€ d’amende. Nous guettons avec patience et amusement quelles seront les éventuelles (sic) condamnations. Lors de ces auditions, la vérité si on ne la violait pas, ne l’occultait pas … il arrivait qu’on nous propose d’aller la chercher au niveau hiérarchique supérieur ou du supérieur à l’inférieur, parfois elle glissait telle une anguille. Prenons par exemple la définition du poste d’Alexandre Benalla, ses responsabilités et éventuellement la clarté des sanctions qui lui auraient été imposées. Sa hiérarchie immédiate, le chef de cabinet et plus tard le secrétaire général de l’Élysée ont confirmé qu’Alexandre Benalla aurait été immédiatement sanctionné de quinze jours de mise à pied avec retenue sur sa rémunération pour congés – ce qui n’est pas du tout clair – ,d’une rétrogradation plus que fictive et d’un avertissement préalable à un licenciement. Ces deux supérieurs hiérarchiques ont considéré qu’avec les éléments en leur possession le 3 mai (les vidéos du 1er mai etc.) la sanction était justifiée et proportionnée. La question qui se pose est: Qu’a-t-il fait de plus pour que son licenciement soit justifié? La réponse serait-t-elle liée à l’ampleur de la crise qu’a déclenché le journal Le Monde?

L’intervention d’Emmanuel Macron à la Maison de l’Amérique latine, où il assume toute la responsabilité de cette affaire, ne rime à rien puisqu’il n’est pas légalement responsable. De plus il a défié, nous ne savons pas qui, de venir le chercher!!! Il nous a gratifié de l’affirmation qu’Alexandre Benalla n’était pas son amant. Jusqu’alors personne n’avait osé demander si ce dernier l’était ou pas, mais comme Macron a si aimablement répondu à cette interrogation comment pourrions-nous ne pas être satisfaits?

Il devient clair que cette affaire laisse beaucoup d’interrogations en suspens autour du rôle d’Alexandre Benalla, qui semble s’inscrire dans la formation, comme le dit un syndicat de policiers, d’une garde prétorienne pour la sécurité du Président, recrutée indépendamment par l’Élysée, composée d’éléments aux attributs et qualifications divers, hiérarchiquement supérieurs aux services de la Police et de Gendarmerie, offensant ainsi beaucoup de monde et en premier lieu les fonctionnaires de la Police et de la Gendarmerie, qui sont légalement chargés de cette tâche.

Mardi prochain se dérouleront à l’Assemblée nationale deux motions de censure contre le gouvernement. Une de droite et une de gauche. Pour le but recherché il aurait été préférable qu’il n’y en ait qu’une seule et que toute l’opposition la vote. Malheureusement cela ne sera pas le cas. Bien entendu, même si ce l’était elles n’y auraient aucune chance de passer compte tenu du nombre de sièges dont dispose l’opposition et s’ajoutant au fait que les abstentions dans ce cas comptent comme des votes «contre».

En dépit de cela, nous sommes heureux de savoir qu’une certaine unité parlementaire de l’opposition a pris forme dans la décision responsable et conséquente du LR du LFI et du RN de voter pour les deux notions, le PS et le PC n’ont pas donné d’indication claire sur ce qu’ils vont faire, mais le fait qu’il y ait une seconde motion de censure de gauche suggère, qu’à aujourd’hui le PS ou le PCF soit les deux ne voteront pas pour la motion de la droite. Nous verrons mardi et nous serons heureux que ce ne soit pas le cas. Il apparait clairement que ceux qui ne voteront pas les deux motions, affaibliront de ce fait les motions de censure et renforceront indirectement politiquement la LREM.

Ce qui néanmoins est très important est que nous voyons là un début de déstabilisation dans le processus d’écroulement, de cette notion droite-gauche qui à une époque avait un sens similaire à la notion réactionnaire-progressiste. Depuis cette partition a servi certains partis à se réclamer de gauche, alors qu’en réalité ils faisaient le travail de la droite et trompaient ainsi leur électorat. Par ce processus nous voyons inapproprié le positionnement de la formation LREM au centre de l’hémicycle, alors qu’elle devrait être à l’extrême droite de celui-ci.

Nous tenons à féliciter Mélenchon et son parti la France insoumise pour leur courage de défier le chantage socio-démocrate, comme quoi tous ceux qui pourraient ponctuellement s’allier ou faire cause commune avec une partie de la droite seraient nécessairement des impurs fascisants.

À cette notion de droite-gauche hypocrite et réactionnaire que nous voyons sombrer et à laquelle tiennent tant les renards socialo-trotskistes pour justifier leur identité et leur existence, nous souhaitons bon débarras.

29 juillet 2018

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Nicaragua : Lettre ouverte à Amnesty International

https://www.legrandsoir.info/nicaragua-lettre-ouverte-a-amnesty-international.html
Camilo E. MEJIA

Par cette lettre, j’exprime ma condamnation sans équivoque d’Amnesty International au sujet de son rôle de déstabilisation au Nicaragua, la pays dans lequel je suis né.

Je commence cette lettre en citant Donatella Rovera qui avait été une des enquêtrices d’Amnesty International sur le terrain pendant plus de 20 ans :

« Les situations de ce conflit créent des environnements hautement politisés et polarisés. (…). Les acteurs et les parties intéressées traversent des distances extraordinaires pour manipuler et fabriquer des « preuves » pour qu’elles soient exploitées dans le pays et à l’étranger. Une récente, bien qu’en aucune façon unique, un exemple est fourni par le conflit syrien qui est souvent considéré comme « la guerre de YouTube » avec d’innombrables techniques de manipulation des séquences vidéo d’incidents survenus à d’autres moments, en d’autres lieux et même dans d’autres pays et qui les présentent comme des « preuves » des atrocités commises par l’une ou l’autre des parties dans le conflit syrien. »

Les observations de Mme Rovera, qui datent de 2014, décrivent correctement la situation actuelle du Nicaragua où même le préambule de cette situation a été manipulé pour provoquer la condamnation du Gouvernement nicaraguayen. La rapport d’Amnesty International intitulé intentionnellement « Tirer pour Tuer : Stratégie du Nicaragua pour réprimer la Protestation » pourrait être démonté point par point mais cela demanderait un temps précieux que le peuple nicaraguayen n’a pas. Par conséquent, je me concentrerai sur 2 points principaux :

Ce rapport n’est absolument pas neutre et le rôle que joue Amnesty International contribue au chaos dans lequel se trouve le pays.

Le récit fait, qui a le consensus de l’opposition locale et des médias corporatifs occidentaux, est le suivant : Le Président Ortega veut réduire de 5% le montant mensuel des retraites, augmenter la participation des employés et des employeurs au système de sécurité sociale. Les réformes ont provoqué des protestations auxquelles le Gouvernement a répondu par un acte génocide contre les manifestants pacifiques en assassinant plus de 60 personnes, pour la plupart des étudiants. Un jour ou 2 après, le Gouvernement nicaraguayen a dû attendre la tombée de la nuit pour déchaîner sa force de police pour décimer la population nicaraguayenne, nuit après nuit et ville après ville, détruisant dans ce processus ses propres édifices de Gouvernement et assassinant ses propres policiers jusqu’à finir son attaque assassine par un massacre le Jour de la Fête des Mères et en continuant de cette façon.

Alors que ce récit n’est pas repris de façon uniforme par tous les acteurs opposés au Gouvernement, les éléments qu’on y retrouve toujours sont le mot « génocide » et le fait que le président et a vice-présidente doivent partir.

Les affirmations d’Amnesty International se basent pour la plupart sur des témoignages de personnes et de victimes opposées au Gouvernement ou sur des informations manipulées et sans fondement diffusées par des médias d’opposition et un nombre incalculable d’organisations non gouvernementales (ONG) financées par les Etats-Unis connues collectivement sous le nom de « société civile. »

Les 3 organisations principales de médias citées dans le rapport sont Confidencial, 100% Noticias, et La Prensa, de super-ennemis du Gouvernement d’Ortega, presque tous des médias d’opposition et les principales ONG citées dans ce rapport reçoivent aussi de l’argent des Etats-Unis à travers des organisations comme l’Institut National Démocratique (NDI) et la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) qui a été qualifiée par le congressiste à la retraite Ron Paul « … d’organisation qui utilise nos impôts pour troubler la démocratie en arrosant avec de l’argent les partis ou les mouvements politiques qui lui sont favorables à l’étranger, qui participe à des « révolutions populaires de couleur » à l’étranger qui ressemble à ce que Lenine décrit comme une façon de voler le pouvoir à de vrais mouvements démocratiques autochtones. »

Le rapport d’Amnesty International se base énormément sur la couverture de 100% Noticias, une chaîne de télévision qui a diffusé du matériel manipulé et incendiaire pour provoquer la haine contre le Gouvernement nicaraguayen, comprenant même des images de manifestants pacifiques sans réaliser qu’ils portaient des pistolets, des fusils et qu’ils tiraient sur des membres de la police nationale pendant les incidents rapportés par la chaîne comme des actes de répression policière lors des marches de l’opposition. Le jour de la Fête des Mères, 100% Noticias a rapporté un prétendu tir contre des manifestants désarmés par des franc-tireurs de la police et même un incident dans lequel la cervelle d’un jeune a jailli hors de son crâne. La chaîne a corroboré le rapport avec une photo que Mme Rovera décrirait comme un « …incident qui s’est produit à d’autres occasions, en d’autres lieux. » La photo jointe au rapport a été rapidement confrontée sur les réseaux sociaux avec des liens vers de vieux articles qui avaient utilisé la même image.

Une des sources citées (Nota #77) pour corroborer le prétendu refus de soins médicaux dans les hôpitaux de l’Etat aux patients blessés dans les manifestations de l’opposition – une des principales accusations répétées et réaffirmées par Amnesty International – est une conférence de presse diffusée par La Prensa pendant laquelle le chef du service de Chirurgie dément des informations affirmant qu’il était parti et que des fonctionnaires de l’hôpital avaient refusé des soins à des manifestants au début du conflit. « Je le répète », on l’entend dire : « Ce que j’ai reçu en tant que chef du service de chirurgie, c’est l’ordre de soigner, je veux être clair, soigner toute la population qui viendrait sans rien chercher à savoir. » en d’autres termes, l’une des sources d’Amnesty International contredit les allégations principales de son rapport.

Les exemples de preuves manipulées et fabriquées que nous avons citées, pour utiliser les mots de l’enquêtrice d’Amnesty International, ne sont que quelques-unes parmi beaucoup d’autres mais montrent l’essence de cette modalité du changement de régime patronnée par les Etats-Unis. Le rapport se nourrit d’affirmations provenant de personnes qui sont d’un côté du conflit et il se base sur des preuves profondément corrompues. En dernier recours, il aide à créer l’image d’un Etat génocide en provoquant à son tour plus de sentiment anti-gouvernemental, dans le pays et à l’étranger et prépare la voie à encore plus d’interventions étrangères, et à une intervention de plus en plus agressive.

Un récit différent

Les réformes de la sécurité sociale, à l’origine, n’étaient pas des propositions du Gouvernement sandiniste mais des propositions du Fonds Monétaire International (FMI) et elles ont reçu le soutien du COSEP. Elles comprenaient l’augmentation de l’âge de la retraite de 60 à 65 ans et de la multiplication par 2 du nombre d’annuités nécessaires pour obtenir une pension, de 750 à 1500. Parmi les retraités touchés, environ 53 000, se trouvent les familles de combattants morts dans le conflit armé, aussi bien du côté de l’armée sandiniste que du côté de la “contra”, l’armée mercenaire financée par le Gouvernement des Etats-Unis dans les années 80, à peu près au moment où la NED fut créée, en partie pour arrêter la propagation du sandinisme en Amérique Latine.

Le Gouvernement du Nicaragua s’est opposé aux réformes du FMI, refusé la suspension des avantages des retraités et a proposé à la place une diminution de 5% de toutes les retraites, une augmentation de toutes les contributions à la sécurité sociale et une réforme fiscale qui revient sur un plafond d’impôts qui protège les salaires les plus hauts du Nicaragua. Le secteur patronal est devenu furieux et avec des organisations non gouvernementales a organisé les premières marches en utilisant le prétexte des réformes en les manipulant de la même façon que le rapport d’Amnesty International. Il explique : « … la réforme a augmenté les contributions à la sécurité sociale des patrons et des employés et demande une participation supplémentaire de 5% aux retraités. »

Selon la version de l’opposition, répétée et validée par Amnesty International, les manifestants sont pacifiques et le Gouvernement génocidaire et irrationnel commet des atrocités au vu et au su de tout le monde. Pendant ce temps, le nombre de morts parmi les sympathisants sandinistes et les officiers de police continue à augmenter. Le rapport affirme que les enquêtes balistiques indiquent que ceux qui tirent sur les manifestants sont probablement des franc-tireurs entraînés, il suggère que c’est par le Gouvernement mais ne dit pas que de nombreuses victimes sont sandinistes, des citoyens ordinaires et des officiers de police. Il ne dit pas non plus que les manifestants « pacifiques » ont incendié et détruit plus de 60 édifices publics parmi lesquels beaucoup de mairies, de locaux sandinistes, de marchés, d’ateliers d’artisans, de stations de radio, etc… et il ne dit pas non plus que les manifestants ont installé des « barrages » ou des blocages de routes pour affaiblir l’économie et ainsi renverser le Gouvernement. Ces « barrages » sont devenus des endroits extrêmement dangereux où l’assassinat, le vol, l’enlèvement et le viol d’au moins une fillette se sont produits. Une jeune femme enceinte dont l’ambulance a été arrêtée par un barrage est morte le 17 mai. Tous ces crimes surviennent quotidiennement et sont bien prouvés mais ils ne sont pas dans le rapport d’Amnesty International.

L’organisation a raison de critiquer la mauvaise réaction du Gouvernement face aux protestations initiales mais cette réaction n’a pas été totalement erronée. Selon le rapport, la vice-présidente Murillo a dit, entre autres choses que « … ils (les manifestants) se sont inventé des malheurs (…) dans le cadre d’une stratégie contre le Gouvernement. » Ce qu’ Amnesty International ne prend pas en compte, c’est que plusieurs des étudiants qui avaient été déclarés morts sont réapparus en vie, l’un d’entre eux en Espagne. D’autres n’avaient pas été assassinés lors des protestations et n’étaient ni des étudiants ni des activistes. L’un d’entre eux a été tué par une balle perdue et un autre est mort d’une crise cardiaque dans son lit.

Le rapport d’Amnesty International ne tient pas compte non plus du fait que beaucoup d’étudiants ont quitté le mouvement en alléguant qu’il y a des délinquants retranchés dans les universités et sur divers « barrages » qui ne sont intéressés que par la déstabilisation du pays. Ces criminels ont créé un état de peur constant parmi la population en imposant des « impôts » à ceux qui veulent circuler, en persécutant ceux qui refusent d’être arrêtés, en les enlevant, en les frappant, en les torturant et en mettant le feu à leurs voitures. Une pratique qui est devenue habituelle est de déshabiller les victimes, de peindre leur corps en public en bleu et blanc, les couleurs du drapeau nicaraguayen, pour ensuite les libérer et les faire courir avant de leur tirer dessus avec des mortiers. Toutes ces informations, qui ne se trouvent pas dans le rapport, sont disponibles sur de nombreuses vidéos et dans d’autres sources.

Pourquoi le Nicaragua ?

Le compte-rendu le plus basique de l’histoire entre le Nicaragua et les Etats-Unis montre une rivalité évidente. A partir de la moitié du XIX° siècle, le Nicaragua a résisté à l’ingérence étasunienne dans ses affaires intérieures, une résistance qui s’est poursuivie pendant le XX° siècle, d’abord avec la lutte du Général Augusto C. Sandino dans les années 20 et 30 et ensuite avec les Sandinistes, organisés dans le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), qui, en 1979, a renversé la dictature de la famille Somoza qui avait été soutenue par les Etats-Unis pendant plus de 40 ans. Le FSLN, bien qu’il soit arrivé au pouvoir grâce à la lutte armée, a organisé des élections peu après son triomphe en 1984, et perdu le pouvoir dans les urnes en 1990 face à une coalition de partis politiques de droite également soutenus par le Gouvernement étasunien. Grâce à des pactes avec l’église et l’opposition, le FSLN a gagné une nouvelle fois les élections en 2006 et est resté au pouvoir depuis lors.

En plus des étroites relations entre le Nicaragua et le Venezuela, Cuba, la Russie et en particulier la Chine avec laquelle le pays a signé un contrat pour la construction d’un canal, l’autre raison principale pour laquelle les Etats-Unis poursuivent leur campagne anti-sandiniste est la réussite du modèle économique mis en place par le Gouvernement du Nicaragua qui représente une menace pour l’existence de l’ordre économique néolibéral imposé par les Etats-Unis et leurs alliés.

Bien qu’il soit parmi les nations les plus pauvres du continent américain et du monde, le Nicaragua a réussi, depuis qu’Ortega est revenu au pouvoir en 2007, à réduire la pauvreté des 3 quarts. Avant les protestations d’avril, l’économie du pays avait une croissance constante d’environ 5% depuis plusieurs années et était la troisième économie d’Amérique Latine en terme de rapidité de la croissance économique et le pays était l’un des pays les plus sûrs de la région.

Les améliorations d’infrastructures faites par le Gouvernement ont facilité le commerce entre les citoyens les plus pauvres du Nicaragua. A été créé un accès universel à l’éducation primaire, secondaire et universitaire. Il y a des programmes concernant la terre, le logement, l’alimentation et bien plus. Le système de santé, bien que modeste, est non seulement excellent mais accessible à tous. Environ 90% des aliments consommés par les Nicaraguayens sont produits au Nicaragua et environ 70% des emplois ne viennent pas des grandes entreprises transnationales mais de l’économie populaire et même de petits investisseurs des Etats-Unis et d’Europe qui sont venus dans le pays pour devenir une force de stimulation de l’économie du tourisme.

L’audace du succès, donner à ses citoyens les plus pauvres une vie digne, être un exemple de souveraineté pour des pays plus riches et plus puissants, le tout en totale contradiction avec le modèle néolibéral et sa visée de privatisation et d’austérité, a mis encore une fois le Nicaragua dans la ligne de mire de l’intervention étasunienne. Imaginez l’exemple pour les autres pays – leurs économies déjà étranglées par les politiques néolibérales – qui prendraient conscience que l’un des pays les plus pauvres de la terre peut nourrir sa population et faire croître son économie sans avoir à lancer ses citoyens les plus pauvres sous la botte de fer du capitalisme. Les Etats-Unis ne toléreront jamais un exemple aussi dangereux.

Conclusion

Le Gouvernement nicaraguayen a des insuffisances et des contradictions sur lesquelles il doit travailler comme tous les Gouvernements et, en tant que sandiniste, je voudrais voir le parti se transformer sur plusieurs choses importantes aussi bien internes qu’externes. Cependant, je me suis abstenu de parler de ces déficiences et de ces contradictions parce que les protestations violentes et le chaos que nous vivons ne sont pas le résultat des déficiences du Gouvernement nicaraguayen mais bien plus de ses nombreuses réussites. Cette vérité qui fâche est la raison pour laquelle les Etats-Unis et leurs alliés, et même Amnesty International ont opté pour « … créer un environnement hautement politisé et polarisé (…) traverser des distances extraordinaires pour manipuler et fabriquer des « preuves » pour qu’elles soient exploitées dans le pays et à l’étranger. »

Au moment où l’Organisation des Etats Américains, les nations Unies et le Vatican disent que les réformes pacifiques sont la seule façon de sortir du conflit, Amnesty International continue à implorer la communauté internationale de ne pas « abandonner le peuple nicaraguayen. » Une position aussi tendancieuse, aussi pleine d’informations manipulées, déformées et unilatérales, a aggravé la situation au Nicaragua. La perte de vies nicaraguayennes, même le sang des personnes ignorées par Amnesty International, a été utilisée pour fabriquer des « preuves » utilisées dans le rapport de l’organisation et fait de cette organisation la complice de n’importe quelle future intervention étrangère qui pourrait s’abattre sur le peuple nicaraguayen. Maintenant, l’organisation doit corriger le mal qu’elle a fait et le faire d’une façon qui reflète un fort engagement envers la vérité, quelle qu’elle soit et envers la neutralité, la paix, la démocratie et toujours envers la souveraineté de tous les pays du monde.

Sincèrement,

Camilo E. MEJIA

Vétéran, opposant et objecteur de conscience à la guerre en Irak (2003-2004).

Ex-prisonnier de conscience d’ Amnesty International (2004).

Né au Nicaragua, citoyen du monde

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

»» http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/06/15/carta-abierta-a-amnis…

Massacre colonial pour un «jour de gloire»

https://www.mondialisation.ca/massacre-colonial-pour-un-jour-de-gloire/5625613

52 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’Israël. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin. 

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré – et assiégé – de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial. 

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses. 

Au nom de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, par exemple, appelle “toutes les parties à agir avec la plus grande retenue, afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires”. On savait déjà que l’UE ne servait à rien, mais il faut avouer que cette inutilité finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement au Proche-Orient”, déclare le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. 

Sournoises à l’excès, ces formules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colonisé contre le colonisateur. Elles font comme si le conflit provenait d’une double intransigeance et qu’il suffisait, au fond, de ramener à la raison les forces antagonistes pour rétablir la paix. On sait ce que signifie cet angélisme de façade : il s’agit d’obtenir la reddition de ceux qui protestent contre l’occupation. D’une lutte de libération, cette rhétorique lénifiante fait une obscure querelle. Son artifice, dans le meilleur des cas, consiste à renvoyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les responsabilités étaient partagées. 

En attendant, la débauche de violence de l’occupant fait renaître l’atmosphère sanguinaire des pires massacres coloniaux. Enracinée dans les esprits par une idéologie raciste, la diabolisation du Palestinien autorise toutes les transgressions. Des citoyens israéliens s’installent sur les miradors pour assister en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spectacle ! Après tout, les héros de “Tsahal” excellent dans leur spécialité. Flinguer des civils, hommes, femmes et enfants confondus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hezbollah au Liban-Sud ou aller chercher le combattant palestinien, à la baïonnette, dans les ruelles obscures de Gaza. 

“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans son miroir, fasciné par sa propre image mortifère. 

Bruno Guigue


La libre opinion du général Delawarde sur l’affaire Skripal

Par le général Delawarde – Le 30 mars 2018 – Association de soutien à l’armée française

En matière criminelle, tout enquêteur sérieux explore toutes les pistes possibles et ne se limite pas à une seule. La recherche du mobile du crime, surtout lorsque celui-ci est prémédité, conduit bien souvent à la découverte de l’assassin ou de son commanditaire.

L’affaire Skripal, dont les répercussions politiques internationales sont très importantes, semble poser aux enquêteurs, aux politiques, aux médias et aux opinions publiques un certain nombre de questions auxquelles les réponses apportées jusqu’à présent ne sont pas totalement satisfaisantes.

  1. Quels sont les faits et les premiers résultats divulgués par les enquêteurs et interprétés par les politiques et les médias à l’attention du grand public ?
  2. La Russie est-elle coupable ?
  3. Si elle ne l’était pas, qui donc pourrait avoir un mobile puissant et les moyens de réaliser une telle action, probablement préméditée ?

La réponse à ces trois questions en appelle évidemment d’autres sur l’analyse des réactions internationales et sur leurs conséquences possibles.

Les faits et les réactions politiques et médiatiques.

Le 4 mars 2018 Sergueï Skripal, 66 ans, un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, ainsi que sa fille, ont été retrouvés inconscients aux abords d’un centre commercial de Salisbury, au Royaume-Uni. Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995 et condamné en Russie à 13 ans de prison pour trahison en 2004, M. Skripal a obtenu l’asile au Royaume-Uni en 2010 après un échange d’agents de renseignement entre la Russie et les États-Unis. Selon les enquêteurs britanniques, il s’agirait d’un empoisonnement au gaz Novitchok. L’utilisation du nom précis de ce produit mystérieux et supposé mortel semble pour le moins maladroit.

L’existence d’un tel produit a été rendu publique par le témoignage dans les années 1990 d’un seul dissident russe, Vil Mirzayanov (83 ans aujourd’hui), chimiste militaire. Ce dissident a publié aux USA un livre State Secrets en 2007 dans lequel il aurait donné quelques formules chimiques à l’appui de ses révélations. Si ce fait est avéré le Novitchok serait donc sorti, dès 2007 de l’exclusivité russe et aurait pu être fabriqué par n’importe qui. Les révélations de Mirzayanov n’ont jamais été confirmées par aucune source indépendante, ni par aucun autre dissident.

Mieux, l’Organisation onusienne pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) conclut dans un rapport de 2013 d’un comité scientifique comprenant des représentants US, UK, France, Russie et Allemagne qu’« elle n’a pas d’information suffisante pour se prononcer sur l’existence et les propriétés du ‘Novitchok’ ».

En 2016, le docteur Robin Black, chef du seul laboratoire de détection britannique d’arme chimique de Porton écrit dans une publication scientifique (Royal Society of Chemistry) : « les indices de l’existence éventuelle d’un tel produit sont quasi-inexistants et sa composition reste inconnue»(Robin Black. (2016) Development, Historical Use and Properties of Chemical Warfare Agents).

Les enquêteurs britanniques ont donc réalisé l’exploit d’identifier un produit dont la composition est inconnue de leur propre laboratoire d’analyse spécialisé dans le domaine !

Avec le soutien instantané et quasi unanime des médias, les politiques britanniques n’ont pas tardé à désigner la Russie comme responsable de cette « attaque contre le Royaume-Uni » et ont expulsé 23 diplomates russes. Ils ont toutefois rechigné à fournir un échantillon du produit identifié à l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques) organisme onusien reconnu indépendant et refusé bien sûr, de le fournir à la Russie qui proposait son aide aux enquêteurs britanniques. Pourquoi donc ces cachotteries ?

En première impression, cette affaire ne paraît pas bien nette. L’hystérie politico-médiatique immédiate fait étrangement penser à l’« orchestration » de l’affaire des armes de destruction massive de Saddam Hussein de 2003, mais pas que….. Une hystérie semblable avait régné pendant 6 semaines lors de l’affaire de Timisoara (Roumanie) en 1989 ; lors de l’affaire des couveuses dont les méchants soldats de Saddam arrachaient les nourrissons en 1990 ; lors de l’affaire des gaz de la Goutha en 2013. Toutes ces affaires ont été reconnues, a posteriori, comme des mensonges destinés à fournir des prétextes (faux évidemment) pour s’ingérer militairement dans les affaires d’un état et en faire tomber le gouvernement.

La Russie est-elle coupable ?

Le président Poutine est tout sauf un imbécile. C’est du moins ce qu’en disent tous ceux, politiques ou journalistes occidentaux, qui l’ont rencontré.

Ce président est aujourd’hui fortement occupé par une série de défis ou de crises à résoudre de portée mondiale : la crise ukrainienne ; la crise syrienne ; la crise nord coréenne ; la crise de l’accord nucléaire iranien ; l’élection présidentielle russe à laquelle Poutine s’est porté candidat ; la coupe du monde de football organisée par son pays en Juin prochain… etc… etc…

Est-il seulement envisageable que cet homme très occupé décide, à 16 jours de l’élection présidentielle russe et alors qu’il est déjà sous très forte pression occidentale sur l’affaire de la Goutha (Syrie) d’éliminer un ex-espion qu’il a lui-même libéré en 2010 et qui ne représente plus aucune menace pour la Russie depuis bien longtemps ? Surtout en connaissant à l’avance l’hystérie politico-médiatique occidentale qui s’exercerait à l’encontre de son pays….. et pourquoi choisir ce moment ?

Ma réponse est non : cette hypothèse n’a pas une once de crédibilité et décrédibilise même complètement ceux qui la privilégient et qui nous prennent pour des imbéciles. (Politiques et médias)

Est-il envisageable qu’un service officiel russe ait échappé au contrôle de Poutine pour régler le compte de cet ex-agent sans en référer à Poutine, à ce moment précis, juste avant la présidentielle russe et de manière aussi voyante ?
Ma réponse est non : Le chef de service aurait été suicidaire compte tenu des conséquences politico-médiatiques prévisibles …..

Est-il seulement envisageable que de « méchants hommes de main russes du FSB » aient laissé leur « proie » agoniser sur un banc près d’un centre commercial en pleine ville de Salisbury au vu et au su des passants ?

Ma réponse est une nouvelle fois non : s’ils avaient voulu éliminer Skripal, les services spéciaux russes l’auraient fait proprement, au moment opportun et l’on n’aurait jamais retrouvé le corps. Alors que Skripal était libéré depuis 8 ans, ils n’auraient pas choisi de le faire à 16 jours de l’élection présidentielle russe de 2018.

La piste russe ne tient pas la route : pas de mobile, mauvais choix de date, très mauvaise exécution du « travail »… sous-estimation trop flagrante de l’intelligence de Poutine.

En revanche, il n’est pas exclu que ce meurtre ait été commandité auprès d’une mafia quelconque comme il en existe beaucoup dans tous les pays européens. L’habileté suprême du commanditaire aurait alors été de choisir une mafia ukrainienne ou russe évidemment….. (Celles-ci sévissent dans tous les pays occidentaux).

Tentative de manipulation

Si la piste russe officielle est éliminée et compte tenu de l’hystérie russophobe politico-médiatique qui a suivi, il faut en conclure que nous avons fait l’objet d’une tentative de manipulation visant à susciter une réaction de l’opinion publique russophobe, visant aussi à accroître le niveau de tension entre l’Union Européenne et la Russie et visant, peut-être même, à préparer l’opinion à des sanctions plus sérieuses pouvant progressivement dégénérer vers un affrontement armé.

Quel commanditaire étatique pourrait, aujourd’hui, avoir des raisons d’en vouloir à la Russie et la capacité d’agir tant sur le terrain, que sur les sphères politiques et médiatiques britanniques pour obtenir les résultats que nous observons aujourd’hui ? Trois états au monde pourraient remplir ces conditions.

Le premier est incontestablement Israël :

Sur le théâtre syrien, la solide alliance qui lie actuellement la Russie à la Syrie de Bachar El Assad, à l’Iran et au Hezbollah est de plus en plus mal perçue en Israël. Il suffit de lire la presse israélienne pour s’en convaincre. C’est en raison de cette alliance dont la Russie est le maillon fort que le plan israélo-US de démembrement de la Syrie, prélude au remodelage du Moyen-Orient n’a pas encore pu aboutir après 7 ans de guerre.

Les multiples visites de Netanyahu à Poutine pour le convaincre de lâcher l’Iran et la Syrie n’ont jamais réussi à faire fléchir ce dernier. Il conviendrait donc d’agir et d’accroître la pression sur lui pour le contraindre à lâcher du lest.

Israël dispose, par le biais d’une diaspora riche et puissante et de nombreux sayanims, d’une influence considérable et d’une capacité d’action dans le monde entier mais plus particulièrement aux États-Unis, au Royaume Uni et en France, pays dans lesquels il contrôle les médias les plus influents, la politique étrangère et même, à un certain degré, les chefs d’état. Israël a facilité l’élection de certains chefs d’état par le biais de financement de campagnes électorales par la diaspora et/ou par l’appui des médias que celle-ci contrôle. Son service de renseignement, le Mossad, ne recule devant rien d’autant qu’il se sait aujourd’hui soutenu dans le pays où il opère, tant au niveau politique que médiatique.

Si l’on considère l’ampleur du contentieux qui oppose aujourd’hui la Russie à Israël, pays tourné vers l’action et disposant d’une grande capacité d’exécuter ou de commanditer tout type d’opération secrète sur tout territoire, on ne peut pas exclure une piste israélienne.

Les États-Unis ont, eux aussi, d’excellentes raisons d’en vouloir à la Russie et les capacités d’agir

Il est clair que la Russie de Poutine porte de plus en plus ombrage à la domination US sans partage du monde, souhaitée par les néoconservateurs qui ont manifestement repris la main sur la politique étrangère US. Sur la plupart des points chauds du globe, la diplomatie russe très active et brillante de Lavrov met en difficulté, voire l’emporte sur la diplomatie US d’autant qu’elle est soutenue par des forces armées de plus en plus actives et efficaces. La réussite des blocs BRICS-OCS sous la houlette de la Chine et de la Russie devient si inquiétante que ces deux pays ont été placés en tête de liste des menaces dans la dernière « Stratégie de Défense US 2018 ».

Par ailleurs, l’alliance entre la Russie et l’Iran et les bonnes relations entre la Russie et la Turquie font perdre progressivement aux USA le contrôle du Moyen Orient, ce qui met en péril la défense du 51e état de l’union : Israël. Il n’est plus un secret pour personne que la politique étrangère US et la CIA sont aujourd’hui sous contrôle quasi exclusif de l’AIPAC (American Israël Public Affairs Committee) ou de ses affidés.

Les États-Unis veulent aussi et peut-être surtout éviter, voire interdire, tout rapprochement entre leur principal vassal, l’UE et la Russie. Ils veulent, en particulier, interdire, avant qu’il ne soit trop tard, la réalisation du gazoduc Nord Stream 2 qui faciliterait l’acheminement d’un gaz russe moins cher pour l’UE mais qui nuirait à leurs propres intérêts gaziers.

Bref, mettre un maximum de pression sur une Russie trop forte et, selon les néoconservateurs US, menaçante, est dans l’intérêt immédiat des États-Unis. Créer une crise majeure entre l’UE et la Russie est aussi d’un intérêt majeur pour les USA. Un « montage » antirusse avec la complicité active du Royaume-Uni (politiques et médias) est un jeu d’enfant d’autant que ces deux larrons ont quelques précédents à leur actif….. (armes de destruction massives en Irak). S’ils étaient malins, ils auraient pu rajouter au scénario de l’enquête criminelle  quelques enregistrements de conversations téléphoniques, en langue russe, entre les assassins présumés. Leurs accusations antirusses en auraient été renforcées…..

Les États-Unis peuvent donc incontestablement être mis sur la liste des suspects

La « perfide »Albion, surnom fort bien porté par le Royaume-Uni, compte tenu du nombre de coups tordus qu’elle a pu monter dans l’histoire, ne manque pas, elle aussi, de mobiles pour avoir conçu et exécuté un tel montage sur son territoire.

Les services de Theresa May pourraient avoir agi comme poisson pilote des USA ou plus directement d’Israël. L’ambassade de l’état hébreu à Londres a, en effet, des connections et une influence extrêmement fortes sur la politique et les médias britanniques. Il faut rappeler que le Royaume Uni dispose de la 3e communauté la plus importante de la diaspora après les USA et la France. Allié fidèle des États-Unis, le Royaume-Uni n’a jamais su leur refuser un service.

Par ailleurs, Theresa May plutôt mal élue, sait fort bien qu’instiller la peur de la Russie est traditionnellement favorable aux conservateurs. Elle a aujourd’hui grand besoin d’un rassemblement de son opinion publique face à « un ennemi commun » fût-il imaginaire. Cette affaire Skripal vient à point nommé pour renforcer la cohésion nationale.

La piste « Royaume-Uni » agissant pour son compte ou pour le compte d’un état tiers n’est donc pas totalement à exclure.

Quelles conséquences faut-il attendre de cette farce politico-médiatique ?

Pour la Russie, il est probable que le score de Poutine à l’élection présidentielle soit meilleur qu’il ne l’aurait été sans cette affaire. Quand un pays se sent menacé, les électeurs se rassemblent autour d’un homme fort et expérimenté et Poutine est incontestablement cet homme pour les Russes.

Bien sûr, de nouvelles sanctions seront peut être prononcées, creusant un peu plus le fossé qui nous sépare de la Russie, à la grande satisfaction des USA. La russophobie chronique d’une partie de notre « élite » politique néoconservatrice va pouvoir, avec l’aide des médias mainstream, se répandre un peu plus dans la partie non négligeable de l’opinion publique qui ne cherche pas à approfondir et que l’on gave, à longueur de journée, avec des reportages et informations bidons.

La Russie, déjà sous sanctions, s’organisera toujours un peu plus à l’écart de l’Union Européenne avec les pays, toujours plus nombreux, qui lui font confiance.

L’Union Européenne se tirera, une fois de plus, une balle dans le pied en perdant tout ou partie de ses positions dans un pays aux grandes potentialités, à la plus grande satisfaction de nos amis américains qui continueront, sans vergogne, à nous imposer l’extraterritorialité de leur législation.

En conclusion, je me garderai bien de désigner le coupable que nul ne connaîtra jamais.

Je me contente très simplement de constater que la piste d’une Russie commanditaire d’une tentative de meurtre aussi mal exécutée et à un moment aussi mal choisi n’est pas crédible et qu’une bonne partie de l’opinion publique européenne le sait déjà.

Si le ridicule tuait, nous aurions perdu Madame May, monsieur Boris Johnson et surtout monsieur Williamson, le ministre UK de la défense qui lui, malgré ou à cause de sa jeunesse, a toutes les qualités d’un « fou-furieux ». Il reste à espérer que les autorités françaises ne les suivront pas trop longtemps et avec trop d’entrain sur la voie des « fake accusations ».

Je constate aussi que de bonnes raisons existent, pour certains États, d’avoir réalisé un tel montage, d’autant qu’ils n’en seraient pas à leur coup d’essai (USA, Royaume-Uni)….

Quelques commentateurs de ce texte crieront bien sûr à la « théorie du complot » mais ayant vécu de l’intérieur du « système » des mensonges d’état relayés par des médias bien subventionnés, je reste tout à fait serein face à ce genre d’attaques dont je connais parfaitement les auteurs.

À chacun, bien sûr, de se faire sa propre opinion sur l’affaire Skripal. La mienne est faite.

Général Dominique Delawarde


Communiqué de l’Union départementale des syndicats CGT du Nord

LE TRAVAILLEURS NE VEULENT PAS LA GUERRE !

LES TRAVAILLEURS NE VEULENT PAS DE LA GUERRE AVRIL 2018


Le Chef de la direction opérationnelle principale de l’État-major des Forces Armées de la Fédération de Russie, le colonel-général Sergueï Roudskoi, a organisé le briefing sur la situation en Syrie

Le 14 avril entre 3:42 à 5:10 heures (heure de Moscou) les porteuses aériennes et navale des Etats-Unis et leurs alliés ont frappé de missiles des objets militaires et civiles de la République arabe syrienne.

Les systèmes de défense aérienne russes aux bases de Hmeimim et de Tartous ont détecté et contrôlé en temps opportun tous les lancements de missiles par les porteuses navales et aériens des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

La participation annoncée de l’aviation française n’a pas été fixée.

Les avions des Forces aériennes des Etats-Unis B-1B, F-15, F-16, ainsi que des Forces aériennes de la Grande-Bretagne «Tornado» au-dessus de la Méditerranée, les navires des Forces navales américaines «Laboon» et «Monterey» à partir de la mer Rouge ont été impliqués.

Les bombardiers stratégiques B-1B se sont présentés aux cibles de frappes à partir du territoire syrien dans la zone de Al-Tanf, illégalement retenue par les Etats-Unis.

Un certain nombre d’aérodromes militaires syriens, installations de recherche et scientifique, industrielles ont été bombardés.

Selon des données préliminaires, il n’y a pas de victimes parmi la population civile et le personnel militaire de l’armée syrienne. L’information sera mise à jour et communiquée au public.

Selon les informations disponibles, au total, 103 missiles de croisière ont été utilisés, y compris le missile de croisière naval Tomahawk, ainsi que des bombes aériennes guidées GBU-38 à partir d’avions B-1V. Les avions F-15, F-16 ont utilisé des missiles air-sol.

Les avions «Tornado » des Forces aériennes britanniques ont utilisé  huit roquettes «Scalp EG».

Les moyens de défense aérienne syriens, basés sur les systèmes de défense aérienne soviétiques, ont réussi à repousser les frappes aériennes et navales.

71 missiles de croisière ont été interceptés. Les armes de défense aérienne syrienne S-125, S-200, «Buk», «Kvadrat» et «Osa» ont été impliquées dans la répression de l’attaque au missile.

Cela témoigne de la grande efficacité des armes syriennes et l’excellente formation du personnel militaire syrien, qui a été préparé par nos experts.

Depuis un an et demi, la Russie a entièrement restauré les systèmes de défense aérienne syriens et continue de les améliorer.

Je voudrais noter qu’il y a quelques années, étant donné la demande insistante de certains de nos partenaires occidentaux, nous avons refusé de fournir des systèmes de missiles antiaériens «S-300» à la Syrie. Compte tenu de ce qui s’est passé, nous considérons qu’il est possible de revenir à l’examen de cette question – et pas seulement en ce qui concerne la Syrie.

Les cibles étaient, entre autres, les bases aériennes des Forces ariennes syriennes. Les données du contrôle objectif parlent de ce qui suit:

4 missiles ont été impliqués dans le coup contre l’Aéroport international de Damas, tous abattus. Contre l’aérodrome Dumeir – 12, tous abattus.

18 missiles ont été impliqués contre l’aérodrome Blei – tous abattus.

12 missiles ont été impliqués contre l’aérodrome Al-Chaayrate – tous abattus.

Les aérodromes n’ont pas été touchés.

Des 9 missiles lancés contre l’aérodrome inutilisé Mezze, 5 ont été abattus.

Des 16 missiles lancés contre l’aérodrome Homs, 13 ont été abattus. On n’observe aucune destruction sérieuse.

30 missiles ont participé à une frappe contre des objets dans les villes de Barze et Jaramani. 7 d’entre eux ont été abattus. Ces objets, prétendument liés au «programme chimique militaire» de Damas, sont partiellement détruits. Dans le même temps, ils ne sont pas utilisés pendant longtemps, il n’y avait pas de gens et d’équipement.

Les Forces de défense aérienne russes ont été transférées au régime de combat. L’avion de combat est en service dans l’air.

Aucun des missiles de croisière n’a pas entré dans la zone des moyens de défense aérienne russes. Nos systèmes antiaériens n’ont pas été utilisés.

Nous croyons que cette frappe n’est pas une réponse à une attaque chimique présumée, mais une réaction aux succès des forces armées syriennes dans la lutte pour libérer leur territoire du terrorisme international.

Dans le même temps, le coup a été porté précisément le jour où une mission spéciale de l’OIAC devrait commencer à enquêter l’incident dans la ville Douma, où des armes chimiques auraient été utilisées.

Je voudrais particulièrement attirer votre attention sur le fait qu’il n’y a pas d’installations de production d’armes chimiques en Syrie, qui a été fixée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Ce fait d’agression américaine témoigne de l’absence d’intérêts pour l’objectivité de l’enquête menée, de la détermination de perturber le processus de paix en Syrie et de déstabiliser la situation au Proche-Orient et n’a rien de commun avec les objectifs déclarés de lutte contre le terrorisme international.

À l’heure actuelle, la situation à Damas et dans d’autres villes syriennes est jugée calme.

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation.


Déclaration de François Asselineau, président de l’UPR à propos de l’agression contre la Syrie

Communiqué de presse

Suite à la décision solitaire d’Emmanuel Macron d’intervenir militairement illégalement en Syrie, au risque d’embraser la planète, François Asselineau, président de l’UPR, demande aux parlementaires d’engager la destitution du président de la République, en vertu de l’article 68 de la Constitution.

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Emmanuel Macron vient de décider solitairement d’associer la France à des frappes militaires américaines et britanniques unilatérales en Syrie, alors que l’Allemagne, l’Italie et le Canada s’y sont notamment refusés.

Cette décision d’une exceptionnelle gravité a été décidée par Macron :

  • seul et en toute opacité, probablement après quelques conciliabules téléphoniques avec le président des États-Unis et la Première ministre britannique,
  • sur la base d’une accusation dénuée de toute preuve,
  • sur la base d’une accusation possiblement inventée de toute pièce par Washington, comme le furent les prétendues « armes de destruction massive » de Saddam Hussein en 2003,
  • sans aucun mandat de l’ONU,
  • en violation indiscutable du droit international,
  • et sans avoir obtenu l’aval préalable des parlementaires français, en vertu de l’article 35 alinéa 1 de la Constitution qui pose que « la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement ».

Certes, le président de la République a invoqué l’article 35 alinéa 2 pour annoncer que « le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d’intervention de nos forces armées à l’étranger ». Mais :

  • cette disposition ne figurait pas dans le texte d’origine de la Constitution de 1958 approuvée par référendum par 82% des Français ; elle n’y a été ajoutée qu’en 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, par la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 dite « de modernisation des institutions de la Ve République », adoptée sans l’aval des Français, à leur insu, et par la procédure du Congrès.
  • sauf à vider complètement de sens l’alinéa 1, cette disposition de l’alinéa 2 ne saurait concerner que des interventions militaires à l’impact très limité, à vocation purement humanitaire (notamment pour venir au secours de citoyens français), et ne risquant pas de nous entraîner de factodans une guerre frontale contre un pays souverain comme la Syrie, a fortiori dans une guerre avec la Russie.

La lecture biaisée que fait Emmanuel Macron de l’article 35 de la Constitution est donc totalement inacceptable en l’espèce. Car l’alinéa 2 de l’article 35 prévoyant seulement « un débat qui n’est suivi d’aucun vote », son application dans le cas syrien reviendrait à accepter que Macron, seul, s’arroge le droit d’entraîner potentiellement le peuple français dans une escalade dévastatrice avec la Russie, qui peut déraper à tout moment dans une guerre mondiale aux conséquences incalculables et peut-être cataclysmiques, et cela sans que les parlementaires, représentants de la souveraineté nationale, puissent même donner leur autorisation !

La décision solitaire de Macron est ainsi non seulement contraire à la prudence et à la sagesse dont doit faire preuve un chef d’État lorsque la paix mondiale est en jeu, mais elle est illégale au regard de la Charte de l’ONU et du droit international, et elle bafoue l’esprit même des institutions et de la démocratie.

Le président de la République vient ainsi de faire preuve d’un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », selon les termes précis que requiert l’article 68 de la Constitution pour engager la procédure de destitution du chef de l’État.

François Asselineau demande donc aux parlementaires français de se constituer immédiatement en Haute Cour et d’engager la procédure de destitution du président de la République prévue par l’article 68 de la Constitution.