BIP n° 148 – juillet 2012

Sommaire

Dossier Grèce

  • Un exercice en provocation ou comment la «vrai-gauche» étasunienne, donne des leçons à la «pseudo-gauche» grecque — Rédaction
  • En Grèce, les partis de pseudo-gauche ne présentent aucune alternative lors des élections — Katerina Selin et Christoph Dreier, wsws
  • Pénalisation du travail! — Ριζοσπάστης
  • Manifestations en Europe et en AustralieΡιζοσπάστης
  • Les «Fonds vautours» pillent la Grèce — Nick Dearden CADTM, Balkan Infos
  • François Hollande révèle le nouveau bain de sang que préparent l’OTAN et l’Union européenne — Ριζοσπάστης

  • Le peuple bangladeshi épris de liberté ne permettra jamais l’installation d’une base navale étasunienne dans la baie de Bengale — Déclaration du SPB
  • La poursuite de l’œuvre révolutionnaire Juche
  • Livre: Témoignage sur «ma» Guerre d’Algérie — Jacques Tourtaux
  • Quelques observations à propos de la déclaration du 24/5/2012, signée par 40 partis communistes et ouvriers intitulée — Nouvelle Association Staline
  • L’OTAN, menace pour la paix mondiale! — Déclaration des 40 Pcs, solidarité-internationale
  • Amnesty International et Human Rights Watch, mercenaires de l’Empire — Capitaine Martin — resistance-politique.fr

Dossier Syrie

  • La plaque tectonique syrienne — Chems Eddine Chitour, mondialisation.ca
  • Les navires de guerre russes ont le droit d’accoster dans le port syrien: ministère [russe] de la Défense, Xinhua
  • Journaliste britannique: Aucun des insurgés en Syrie n’était syrien, mais des extrémistes étrangers Breaking News
  • Syrie ou le message d’un missile russe… Dr Amin Hoteit
  • Critique de la déclaration commune des Partis maoïstes de France et d’Italie — Nouvelle Association Staline
  • La lutte entre les anciens et les nouveaux impérialistes en Syrie — PC maoïste de France PC maoïste – Italie
  • Syrie: La Bataille d’Alep stratégiquement différente de celle de Damas, mais significativement identique ! Dr Amin Hoteit, Mondialisation.ca
  • Un général de l’armée turque arrêté à AlepFNA

  • Effondrement en vue Paul Craig Roberts
  • «La cinquième colonne la voici!» Guy Mollet — Pamphlet du PCF 1950/1
  • La nouvelle vie des opposants cubains en Espagne — Salim Lamrani, Opera Mundi

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Grèce

Un exercice en provocation ou comment la «vrai-gauche» étasunienne donne des leçons à la «pseudo-gauche» grecque
(voir ci-dessous)

Voilà ce que l’on peut lire sur le site trotskiste wsws.org (World Socialist Web Site) et sur celui demondialisation.ca. Champions de la «vrai-gauche» étasunienne, dans un paroxysme hystérique, les auteurs manient telle une injure les mots «stalinisme» et «Staline» pour s’attaquer au KKE (Parti communiste de Grèce) qui loin de se considérer «stalinien», ne se considère pas pour autant antistalinien. Que les auteurs de cet article, Katerina Selin et Christoph Dreier – qui paraissent être moins des personnes physiques, que des zombies-internetvéhicules d’intoxication impérialiste – aient pu écrire un tel torchon n’est pas en soi extraordinaire. Ce qui est plus extraordinaire est qu’une organisation comme wsws, capable de sortir de temps à autre des articles raisonnablement intéressants, se laisse aller à la plus basse forme de provocation et d’anti-stalinisme.

Bien que tout ce qui est écrit ne soit pas invraisemblable, nous nous demandons néanmoins en quoi consisterait «l’histoire stalinienne» [Sic – NdlR] et comment une organisation stalinienne pourrait ne pas être attachée à Staline? Lorsqu’ils disent que le KKE reste résolument attaché à Staline, ils semblent ignorer que le Secrétaire général du KKE Nikos Zachariadis – qui avait défendu Staline contre Khrouchtchev – avait été exclu du parti (KKE) après le 20ème Congrès du PCUS, et n’a été réhabilité qu’en 2011. Cela étant dit, et ce ne sont pas les exemples qui manquent, quel est l’objet de toutes ces calomnies, mensonges et provocations?

C’est tout de même prétentieux et dans un sens comique que ces auteurs donnent des leçons, à distance, en matière d’opportunité révolutionnaire à la «gauche» grecque.

Nous avons donc pensé qu’il serait «intéressant», sinon amusant pour nos lecteurs de voir comment les domestiques de l’impérialisme lâchent leurs fléchettes médiatiques empoisonnées, crétines pour ceux qui connaissent la situation, toxiques pour les non-informés qui les prennent pour argent comptant. En tout cas cela ne laisse aucun doute sur le caractère de WSWS.

Malheureusement le plus grave est que cet article ait été repris par mondialisation.ca qui nous a habitué à mieux, beaucoup mieux que cela!!

Alexandre MOUMBARIS

 

En Grèce, les partis de pseudo-gauche
ne présentent aucune alternative lors des élections

par Katerina Selin et Christoph Dreier

Dimanche 6 mai, la Grèce tient ses premières élections nationales depuis le début de l’offensive lancée contre les droits sociaux de la classe ouvrière par l’élite grecque et l’Union européenne. Les élections sont assombries par la pauvreté et un désespoir grandissant qui est attisé par le vaste sentiment qu’aucun des partis n’exprime les véritables intérêts sociaux de la population [Sic – NdlR].

«La violence, c’est de travailler 40 ans pour quelques miettes et d’avoir néanmoins à demander la permission de prendre sa retraite. […] La violence, c’est le droit de l’employeur de vous licencier quand bon lui semble,» avait écrit l’enseignant de 44 ans, Metikis Savas, dans une lettre d’adieu avant de se pendre dans la maison de ses parents.

Le nombre croissant de suicides en Grèce n’est que l’expression la plus flagrante du vaste sentiment de désespoir qui se manifeste dans le rejet du gouvernement qui est responsable de l’organisation de la contre-révolution sociale [??? – NdlR] de ces dernières années. Selon de récents sondages d’opinion, les partis actuellement au pouvoir, Nouvelle Démocratie (ND) et le PASOK, ont perdu, par rapport aux élections de 2009, près de la moitié de leur soutien. Le manque de perspective est toutefois principalement dû à la faillite des soi-disant partis de gauche. Ni la Coalition de la Gauche radicale (SYRIZA), ni le Parti communiste de Grèce stalinien(KKE) et ni le Front de la Gauche anticapitaliste (Antarsya) ne proposent une quelconque alternative sérieuse [Sic – NdlR].

Malgré la colère sociale grandissante, SYRIZA estime que sa tâche la plus importante est de contribuer à la formation d’un gouvernement stable, capable d’imposer les mesures d’austérité exigées par l’UE. À cette fin, SYRIZA formule toutes sortes de demandes sociales et encourage l’illusion que celles-ci peuvent être appliquées au sein de l’UE.

«Nous accusons ND et PASOK de ne pas utiliser les armes de la négociation pour garantir une participation égale de la Grèce dans la zone euro,» a déclaré dans une interview dimanche dernier le candidat de SYRIZA, Dimitris Papadimoulis. Dans l’éventualité d’une entrée au gouvernement, SYRIZA entreprendrait des négociations plus dures avec les pays de l’UE. Son but proclamé est de rester dans l’UE tout en s’opposant aux mesures d’austérité.

Sur cette base, SYRIZA a mis en avant dans son programme électoral intitulé Front social uni tout un éventail de demandes sociales. Un programme en dix points mènerait prétendument la Grèce hors de la crise. Les revenus annuels de 500.000 euros ou plus seraient taxés à 75 pour cent et les coupes sociales seraient révoquées.

Pour ce qui est de la dette grecque, l’organisation écrit: «Il n’y a qu’une solution: l’annulation sélective de la plus grande partie de la dette, que ce soit envers des institutions financières ou des États. Puis la suspension des termes du remboursement de la dette restante à des fins de reprise économique, le service de la dette à des conditions plus favorables ainsi que des mesures pour le développement et l’emploi.»

Le manifeste électoral omet de préciser quel pourcentage de la dette doit être annulé, quand elle devra être versée et ce qu’on entend par «conditions plus favorables.» Une «annulation sélective» et même une suspension des versements des intérêts, voire une prolongation des échéances de remboursement a déjà eu lieu, ce qui est tout à fait dans l’intérêt des créanciers.

À y regarder de plus près, toutes les demandes sociales formulées par SYRIZA se sont révélées n’être que des phrases creuses compte tenu de la reconnaissance de principe de la dette par l’organisation et du fait qu’elle défend l’adhésion à l’UE. Dans les deux cas, SYRIZA promet uniquement de conclure un accord légèrement meilleur lors de négociations que ne l’avait fait l’actuel gouvernement.

La détermination de SYRIZA à former un gouvernement stable capable de poursuivre la contrerévolution sociale[Sic – NdlR] est également illustrée par le fait que l’organisation est prête à former des coalitions avec presque toutes les autres forces politiques. En plus des appels lancés au KKE, SYRIZA appelle aussi à une collaboration avec des couches du PASOK et de Gauche démocrate (DIMAR) qui, quant à elle, est aussi impatiente de collaborer avec PASOK.

Dernièrement, le président de SYRIZA, Alexis Tsipras, a même annoncé qu’il compterait sur les voix des Grecs Indépendants pour arriver à une majorité au parlement. Les Grecs Indépendants sont dirigés par Panos Kammenos qui a été expulsé en février du parti conservateur Nouvelle Démocratie. Kammenos a créé un nouveau parti en mars et critique le dictat de l’UE par la droite. Les rangs du parti sont remplis de nombreux anciens membres de ND qui réclament une politique plus nationaliste pour défendre les intérêts grecs. Selon Kammenos, son parti n’est «ni de gauche ni de droite et ni du centre. Il est indépendant et, avant tout, nationaliste». Le site Internet du parti souligne la nécessité d’un État fort.

Le Parti communiste stalinien grec, le KKE, suit une tactique différente. Il a rejeté jusque-là pendant la campagne toutes les ouvertures venant d’autres forces politiques et exclu toute participation à un gouvernement de coalition. Le KKE exige non seulement la répudiation de l’ensemble de la dette gouvernementale et le retrait de l’UE, mais aussi la nationalisation des principales banques et entreprises.

Contrairement à de nombreuses autres organisations pro-staliniennes, le KKE reste résolument attaché à Staline et à son héritage [??? – NdlR]. Pendant une émission électorale, la secrétaire générale du KKE, Aleka Papariga, a qualifié la dictature nord-coréenne de pays socialiste. Après l’effondrement du stalinisme [??? – NdlR], les dirigeants du KKE étaient arrivés à la conclusion qu’un puissant appareil bureaucratique était nécessaire pour garder le contrôle sur les travailleurs [Sic – NdlR].

À cette fin, le parti dépend lourdement sur son histoire stalinienne [Sic – NdlR]. Durant la guerre civile de 1946-49, le KKE avait fidèlement appliqué les dictats de Staline [??? – NdlR] qui avait exigé qu’une révolution soit empêchée à tout prix en Grèce [Sic – NdlR]. À la fin de l’occupation par les nazis en décembre 1944, des troupes britanniques et grecques furent déterminantes dans la répression des travailleurs qui étaient organisés dans le mouvement de résistance antifasciste, l’EAM (Front national de libération). À l’époque, le KKE avait joué de son influence pour retenir les masses [Sic – NdlR] et il avait signé au début de 1945 le Traité de Varkiza qui stipulait le désarmement des travailleurs [???] et avait ouvert la voie à la contre-révolution de droite qui allait suivre [Sic – NdlR].

Cette politique fut justifiée par l’argument qu’une révolution n’était pas possible et qu’il était donc nécessaire de collaborer avec les forces bourgeoises. Le KKE se comporte de la même manière aujourd’hui. Lors de la campagne électorale, il a mis en avant des demandes radicales dans le but de détourner la colère des travailleurs vers des canaux tout à fait inoffensifs pour ne pas mettre en péril l’ordre social [Sic – NdlR].

Lors de grèves et de protestations, le KKE assume le rôle d’organisateur pour assurer la discipline. Tous ceux qui rejettent les deux principales organisations syndicales du pays, le GSEE et ADEDA [plutôt ADEDY – NdlR], doivent être empêchés de s’organiser indépendamment, mais doivent au contraire rester sous le contrôle du KKE[??? – NdlR]. Ceci est apparu clairement en décembre 2008 après de violentes manifestations survenues dans le centre d’Athènes suite au meurtre d’une jeune fille de 16 ans par un policier. Le KKE avait condamné les protestations et appelé au respect de l’ordre. Le KKE opère également par le biais de son propre syndicat, le PAME, pour isoler la grève qui se poursuit à l’usine sidérurgique d’Halivourgia Aspropyrgos où les travailleurs occupent l’usine depuis plusieurs mois. En refusant d’organiser des grèves dans d’autres usines et d’autres industries, le parti a effectivement empêché l’extension de la résistance [Sic – NdlR].

Le PAME n’a jamais cherché à défier ni même à mettre en cause la camisole de force imposée à la classe ouvrière par les deux principales fédérations syndicales du pays. Le PAME, qui est lui-même une partie intégrante de la plus importante fédération syndicale, le GSEE, a participé à toute une série de protestations symboliques tout en refusant de demander aux travailleurs d’entreprendre une action indépendante sérieuse. Ce qui est caractéristique à cet égard, c’est un appel du PAME et du KKE à une grève symbolique de 24 heures le jour de l’élection, une fois que les dés auront été jetés.

Lors d’une émission électorale, Papariga a justifié cette ligne en faillite du parti en déclarant qu’une offensive révolutionnaire des travailleurs était impossible. «Nous ne nous trouvons pas dans une situation révolutionnaire,» a-t-elle dit, dans une situation où des millions de travailleurs sont en train de lutter en Grèce pour leur survie et sont en quête d’une perspective pour combattre la pauvreté et contrer les attaques menées par l’élite dirigeante.

Le refus explicite du KKE de mobiliser la classe ouvrière, ainsi que sa perspective foncièrement nationaliste annulent totalement le contenu progressiste de sa revendication de sortir de la zone euro et d’annuler la dette grecque. Sous les conditions du capitalisme, une telle politique mènerait à un retour à la drachme, à l’hyperinflation et à la pauvreté de masse. C’est précisément dans une telle situation que le KKE propose ses services comme une force défendant l’ordre [Sic – NdlR].

Toutefois, 2012 n’est pas 1945. Ni SYRIZA et ni le KKE ne jouissent d’une influence comparable à celle desstaliniens à la fin de la guerre. Les manifestations du 1er mai organisées par ces partis ont été faiblement suivies et Papariga a été huée et raillée lors d’une visite électorale à l’Acropole en quête du soutien des travailleurs. Les travailleurs ont montré clairement qu’ils la considéraient, elle et le KKE, comme faisant partie de l’establishmentpolitique qui est déterminé à intensifier les attaques sociales [Sic – NdlR].

[Article original, paru le 4 mai 2012 sur wsws.org;
http://www.wsws.org/francais/News/2012/mai2012/grec-m07.shtml;
repris par mondialisation.ca, le 7 mai 2012
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=SEL20120507&articleId=30735%5D

 


Grèce

Pénalisation du travail!

Des enseignants, rémunérés à l’heure, sont poursuivis en justice pour avoir travaillé en parallèle afin de compléter leurs maigres revenus mensuels de 200 €!

L’hypocrisie des gouvernements et les manigances de l’état bourgeois, ont été étalées devant les tribunaux de Thessalonique ce mardi. étaient jugés et ont été condamnés quatre enseignants qui en 2008 et en 2009 employés par le Soutien scolaire complémentaire (PDS), organisme dépendant du ministère l’éducation nationale, avaient parallèlement donné des cours de soutien scolaire. Des dizaines d’autres enseignants doivent être jugés pour le même «délit», maintenant que la justice découvre et punit exemplairement, ceux qui empêchent la diffusion au plus grand nombre des «bénéfices» de la gestion politique de la pauvreté et de la misère, à savoir l’emploi partiel et mal payé. Elle puni l’incompatibilité d’avoir deux emplois aux horaires flexibles qui, même pris ensemble, ne suffisent à assurer des conditions de rémunération et d’existence dignes.

Les enseignants employés à la PDS de 2005 jusqu’à sa fin en 2010, étaient appelés à signer une demande qui tenait lieu de déclaration sur l’honneur, où il était mentionné qu’ils n’étaient ni actionnaires, ni employés dans une école privée. Au cours de l’année scolaire de 2008-2009 en août et de même en octobre ils ont signé ce même document. En novembre quand ils ont été convoqués pour être embauchés, on leur a de nouveau demandé de signer une déclaration sur l’honneur où en plus il était question de ne pas travailler dans des centres de remise à niveau ni de donner des cours à domicile. Beaucoup les ont signé, rares étaient ceux qui les avaient lu et constaté le changement intervenu sur le questionnaire.

Suite à l’enquête, des poursuites ont été lancés par le Parquet contre des dizaines d’enseignants accusés de fausses déclarations sur l’honneur.

Beaucoup d’enseignants confrontés au spectre du chômage se sont vus obligés, pour des raisons de survivance, de travailler dans de centres de cours en parallèle avec leurs emplois au PDS étant donné que ni l’un ni l’autre de leurs emplois partiels ne leur assurait leur subsistance. Au PDS ils étaient employés en moyenne 2, 4 ou 6 heures par semaine à 9€ l’heure, tout en sachant bien qu’ils n’allaient pas être payés avant un an à un an et demi.

Ils étaient par conséquent obligés de chercher du travail dans un centre de cours de soutien pour assurer leur besoins urgentissimes de subsistance.

L’Association des employés des centres de cours de soutien de Thessalonique – Grèce du Nord (SEFIE) qui s’est présenté comme témoin pour la défense, note dans une déclaration: «L’abolition de la publication des concours de l’ASEP [Conseil supérieur de choix de personnel—NdT], la présence de tableaux avec des remplaçants et des salariés, avec toute sorte de régimes horaires, favorisent l’errance professionnelle des nouveaux enseignants. Dans l’éducation les relations flexibles de travail se sont instaurées». L’association note qu’il est «hypocrite de protéger l’éducation publique gratuite, en poursuivant l’enseignant qui essaye de subsister, alors que cette même politique fait que l’enseignement parallèle est devenu un géant tant en profits qu’en élèves».

SEFIE exige que les poursuites des enseignants employés par PDS soient abandonnées et que soit abolie l’interdiction de cumuler deux emplois ainsi que toute forme de flexibilité dans l’école publique.

Un travail permanent et stable pour tous les enseignants!

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[Ριζοσπάστης, 31.5.2012]
[Traduction Alexandre MOUMBARIS]

 


Grèce

Solidarité mondiale avec les métallurgistes grecs

Slogan de la manifestation des émigrés grecs en Australie:

« Nous disons non aux lois de l’esclavage que veulent imposer les industriels »

Manifestations en Europe et en Australie

Des travailleurs de partout dans le monde ainsi que des émigrés grecs, ont diversement exprimé leur solidarité et leur aide aux métallurgistes d’Aspropyrgos en grève.

Associations, comités de lutte, syndicats, syndicalistes et communautés d’expatriés grecs ont organisé dimanche et lundi [23-24/7/2012 – NdT] des manifestations de solidarité et des interventions auprès des ambassades et des consulats grecs de plusieurs villes européennes: Berlin, BruxellesLondresStockholm,DüsseldorfFrankfortMunichMelbourne, de la lointaine Australie, et des villes au Canada.

C’est une importante expression de solidarité des émigrés dans la lutte que mènent les métallurgistes, en grève depuis plusieurs mois, qui a ému beaucoup de travailleurs dans le monde. On le constate dans les réunions auxquelles participaient des membres et des cadres de partis communistes étrangers et de nombreux travailleurs.Ce n’est pas fortuit si lors de la protestation auprès du Consulat de Grèce à Munich, les forces de la police se sont arbitrairement introduits dans le bâtiment à l’heure où les représentants des organisations faisaient part de leur déclaration. Elles ont prétexté que la réunion était illégale et procédé à des arrestations. La tentative d’intimidation de la police allemande a reçu une vive réaction immédiate et les militants ont dû être libérés peu après.

Messages et soutien

Entretemps, les messages de solidarité aux métallurgistes et au Front de lutte de tous les travailleurs (PAME) qui lutte en première ligne dans la défense des métallurgistes, continuent à arriver en provenance de syndicats de travailleurs et de partis.

A été remis un mémorandum de protestation au Consulat de Grèce par la Fédération des associations progressistes de travailleurs grecs en Australie (constitué de l’Association ouvrière «Démocrite» de Melbourne, l’Association ouvrière «Atlas» de Sydney, l’Association ouvrière «Platon» d’Adelaïde et l’Association ouvrière «Socrate» de Newcastle, ainsi que des organisations du mouvement syndical australien: le Syndicat des Mécaniciens d’avion, le Syndicat des Fonctionnaires, le Syndicat des Travailleurs des chemins de fer, des trams et des bus, le Syndicat des Travailleurs des services, leSyndicat des Travailleurs de l’énergie, des mines et des forets, le Syndicat des Enseignants, le Syndicatdes électriciens et des Plombiers, l’Association des Environementologues, le Syndicat des Pompiers et beaucoup d’autres syndicats locaux.

Le Secrétaire général du Syndicat des Techniciens, Mécaniciens, Électriciens d’IrlandeFrank Keogan à apporté le soutien des membres de son organisation.

Des syndicats du Pakistan ont exprimé leur solidarité avec des messages: Nour Mohammad, SG de laFédération pakistanaise des travailleursAchraf Raïpout, SG de la Fédération des Travailleurs de l’industrie du sucreMohammad Igbal, de la Fédération des Travailleurs de la province de Singh, Sintige Baïg, SG du Syndicat des Cheminots du Pakistan.

Le Parti communiste du Pakistan soutien la lutte de la classe ouvrière en Grèce.

Solidarité a été exprimée aussi par B. Freisen membre du CC et de la section des Relations internationales duParti communiste allemand (DKP).

Des messages ont aussi été reçus du Parti communiste du Luxembourg, alors que le Parti communiste suédois a envoyé aux métallurgistes une aide financière de 5.000€ collectée parmi des travailleurs, membres et amis.

Note du traducteur

L’orthographe des noms de personnes peut ne pas être exacte du fait qu’ils ont été traduits phonétiquement du grec.

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[Ριζοσπάστης, 24.7.2012]
[Traduction Alexandre MOUPMBARIS]
[Correction Marie-José MOUPMBARIS]

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Grèce

Les «Fonds vautours» pillent la Grèce

La situation désespérée de l’économie grecque ne fait pas que le malheur des uns, elle fait également le bonheur d’autres. Un groupe «d’investisseurs» financiers a fait des affaires en or sur la dette grecque, simplement en se montrant les plus dénués de scrupules du marché.

Dart Management est un fonds d’investissement basé aux îles Caïmans, territoire britannique connu pour son statut de paradis fiscal. Son modus operandi lui a valu le nom de «fonds vautour». Les vautours «investissent» dans les dettes souveraines des pays victimes d’une crise, c’est-à-dire qu’ils rachètent cette dette à vil prix. Puis ils résistent à toute forme d’allègement de cette dette, espérant ainsi se la faire rembourser en totalité. Comme ils n’ont payé qu’une fraction de sa valeur, le remboursement total représente un profit gigantesque. Les fonds vautours ont fait leurs armes contre les pays en développement. Elliott Associates, un fonds d’investissement spéculatif étasunien a ouvert la voie dans les années 1990 en gagnant un procès qu’il avait intenté au Pérou, ce qui lui a permis d’empocher le quadruple de ce qu’il avait «investi» en rachetant la dette de ce pays. Elliott est également soupçonné de détenir une partie de la dette grecque. Dart, quant à lui, a gagné 600 millions de dollars avec le Brésil après la crise de 1993.

Au cours de ces dernières années, les fonds vautours ont fait main basse sur les pays les plus pauvres. Le Liberia et la Zambie ont tous deux été traînés devant les tribunaux britanniques et ont été condamnés à rembourser des fonds spéculatifs qui avaient racheté des dettes très anciennes à des régimes dictatoriaux pour des prix dérisoires.

Lorsque les pays refusent de payer, les vautours les chassent à travers le monde, tentant de saisir leurs actifs situés à l’étranger. Un fonds vautour particulièrement coriace a même tenté de saisir une aide publique à destination de la République du Congo. À ce jour, la République démocratique du Congo est poursuivie par un autre fonds du nom de FG Hemisphere et est engagée dans un litige portant sur des actifs basés à Jersey. L’appel en dernière instance s’est déroulé le 28 mai à Londres, mais aux termes de la législation de Jersey.

Une loi adoptée dans les derniers jours de l’ancienne législature empêche désormais les fonds vautours de faire des profits sur d’anciennes dettes de pays à faibles revenus en portant leur litige devant des tribunaux britanniques, ce qui représente un progrès considérable. Mais cette loi ne s’applique pas aux autres pays (du Nigeria à la Grèce), ni aux dettes récentes.

Le cas de l’Argentine est emblématique de ce qui attend la Grèce dans les années à venir. Depuis que le pays s’est déclaré en cessation de paiement en 2001, après des années à ployer sous le poids d’une dette injuste, il a été assailli de poursuites par des fonds vautours qui ont refusé l’allègement de sa dette. Parmi ces fonds, on retrouve Dart et Elliott, ainsi qu’un groupement connu sous le nom d’American Task Force Argentina, qui a tenté d’utiliser les affaires étrangères des États-Unis pour forcer l’Argentine à payer ses dettes.

Pour ces entreprises, une crise comme celle de la Grèce a de quoi faire saliver. Depuis des mois, les fonds vautours travaillent à la meilleure manière de poursuivre leurs manœuvres prédatrices contre la Grèce.

Les vautours ont racheté les obligations grecques soumises à des lois étrangères car les obligations relevant du droit grec ont subi une décote importante.

L’allègement grec a cependant été une aubaine pour les détenteurs d’obligations, qui ont reçu 50% de leur valeur d’origine à un moment où ces obligations n’en valaient plus que 35%, en plus d’empocher pour cela une incitation sonnante et trébuchante. Mais ce n’était pas assez pour les vautours. Un cabinet de conseil juridique américain, Bingham McCutchen a été signalé comme essayant de fédérer de tels fonds pour réclamer devant la justice le paiement de la valeur totale ces obligations.

Pour certains de ces fonds, c’était jour de paye, le 29 mai. Plutôt que de risquer des poursuites, la Grèce a décidé de rembourser 436 millions d’euros de ses dettes soumises au droit étranger. DanManagement aurait reçu près de 90 % de ce total. Alors que l’État providence grec s’effondre et que la société subit une hausse des taux de suicides, de meurtres et une recrudescence du HIV, Kenneth Dart peut se prélasser dans son yacht de 70 mètres au large des îles Caïmans et compter ses sous. Les détenteurs d’obligations à hauteur de plus de 6 milliards d’euros ont refusé d’échanger la dette grecque: de nouveaux scandales sont donc à prévoir.

Mais nous ne sommes pas voués à l’impuissance. Un dirigeant d’un fonds vautour a confié au Financial Times: «Nous prospérons sur le manque d’informations de la population.» La première étape est de rendre transparent le commerce d’obligations. Il est choquant que le peuple grec ne sache même pas qui détient sa dette, quand elle a été rachetée et pour quelle somme.

David Cameron et George Osborne ont clairement affirmé que l’UE devait régler ce problème, mais ils n’ont rien fait pour arrêter les fonds vautours dont la dette relève du droit britannique. Le gouvernement peut forcer les créanciers dépendant de la législation britannique à accepter l’allègement convenu. Il pourrait également aller plus loin et empêcher les gains exorbitants tirés de dettes achetées sur le marché secondaire: une telle loi a déjà été proposée devant le Congrès des États-Unis.

La Grèce est aux avant-postes d’une bataille opposant des investisseurs peu scrupuleux et un peuple qui se révolte contre l’austérité et veut que son économie fonctionne dans l’intérêt général.

Il ne suffit pas aux gouvernements de hausser les épaules et de dire «C’est comme ça».

Nick DEARDEN
CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde)

31/5/2012

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[Source: Balkan Infos, CAP 8, BP 391,75869 Paris cedex 18]

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Grèce – France

Parti communiste de Grèce

François HOLLANDE révèle le nouveau bain de sang
que préparent l’OTAN et l’Union européenne

Extrait du communiqué du mercredi, 30 juin 2012
du 
Bureau de presse du CC du PCG
à propos des déclarations de François Hollande concernant la Syrie

«Les déclarations du président français nouvellement élu, François Hollande, s’orientent désormais ouvertement vers une éventuelle intervention militaire en Syrie, dévoilant la préparation d’un nouveau bain de sang par l’OTAN et l’Union européenne contre les peuples de notre région.

Les références de François Hollande au droit international et aux Nations Unies servent de pudique yachmak* pour masquer l’implémentation du «droit du plus fort», dans la «jungle» des contradictions au sein des forces impérialistes et des cartels monopolistiques, pour le contrôle des sources énergétiques, leurs voies de transport et les parts de marchés.

Sont exposés et responsables devant le peuple aujourd’hui tous ceux, dont SYRIZA, qui disaient que l’élection de François Hollande ferait souffler un vent nouveau en Union européenne alors qu’ils semaient l’illusion que celle-ci deviendrait «plus populaire». La vie montre que les organismes impérialistes comme l’OTAN et l’UE ne peuvent pas «s’humaniser». Ils étaient et resteront, tant qu’ils existent, des instruments d’exploitation des peuples et tout comme le capitalisme, ont la guerre inscrite dans leur ADN.

Le PCG condamne les nouveaux desseins impérialistes aux dépens de la Syrie et souligne que seul le peuple syrien a le droit de déterminer l’avenir de son pays, sans diktats ni interventions étrangères.

Nous exigeons maintenant l’arrêt de toute collaboration militaire avec Israël, ainsi que la fermeture de la base étasunienne de Souda et plus généralement, que ne soit pas permis l’usage de bases terrestres, de ports ni de l’espace aérien grec en appui d’une attaque impérialiste contre la Syrie ou l’Iran, qui conduirait le peuple grec ainsi que les autres peuples de la région à des grandes péripéties»

 

Yachmak: du turc, voile de mousseline qui couvre le visage, les yeux exceptés.

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[Ριζοσπάστης, 3.6.2012]
[Traduction Alexandre MOUMBARIS]
[Correction Marie-José MOUMBARIS]

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Bangladesh

Le peuple bangladeshi épris de liberté
ne permettra jamais l’installation d’une base navale étasunienne dans la baie de Bengale

Le Parti socialiste du Bangladesh, réagissant aux informations provenant de médias indiens, a aujourd’hui manifesté à Dhaka, capitale Bangladesh, contre le projet des États-Unis d’établir une base navale dans la baie de Bengale en vue de stationner sa 7ème Flotte.

Lors de son intervention devant le rassemblement, le secrétaire général du Parti socialiste de Bangladesh (SPB), le camarade Khalequzzaman a exprimé sa préoccupation concernant cette nouvelle et dénoncé ce projet. Il a relevé que lors de la récente visite de la secrétaire d’état Hillary Clinton au Bangladesh, le soi-disant partenariat stratégique et sécuritaire, approuvé par les deux parties, a ouvert la voie aux États-Unis pour avancer ce projet. Il a demandé au gouvernement de rendre publics tous les traités, accords ou arrangements conclus avec des États-Unis et exigé l’annulation de l’Accord sur les statuts des forces (Status of Forces Agreement), l’Évaluation des besoins humanitaires (Humanitarian Assistance need Assessment) et tous les autres traités contraires à l’intérêt national.

La mise en cause de l’authenticité des fuites concernant cette base par le ministère bangladeshi des Affaires étrangères, a été rejetée comme confuse et inacceptable par le camarade Khalequzzaman.

Il a déclaré que le gouvernement du Bangladesh a nié toute proposition ou dialogue concernant cette base étasunienne au Bangladesh, bien que le ministre des Affaires étrangères ait été présent à la récente réunion du Sommet sécuritaire de Shangri-La à Singapour où l’étaient aussi les représentants civils et militaires de 30 pays. À cette occasion le Secrétaire à la Défense étasunien avait déclaré que des États-Unis renforceraient leur présence navale en Asie et déploieraient 60% de cette force dans la baie de Bengale. Khalequzzaman s’est interrogé sur la sincérité du gouvernement. Il a déclaré que la politique de servilité et cette démarche risquée adoptées par le gouvernement Bang – déjà aux pieds des États-Unis – de collaborer à la manœuvre de guerre américaine, mettra en danger la souveraineté de la nation et l’avenir démocratique du peuple.

Il a rappelé qu’en 1971 les États-Unis avaient envoyé cette 7ème Flotte contre la lutte de libération du Bangladesh. Les citoyens de notre pays ont déclaré qu’ils feront face et lui résisteront. C’est ironique qu’après 40 ans d’indépendance, les États-Unis proposent au Bangladesh d’accueillir la 7ème Flotte. La raison derrière cette initiative des États-Unis est d’établir un contrôle politique, militaire et économique sur le sud-est de l’Asie y compris sur la Chine et l’océan Indien.

Le camarade Khalequzzaman a exhorté ses compatriotes de rester à l’affût de la conspiration odieuse des impérialistes étasuniens et indiens et de la politique de servilité du gouvernement bangladeshi. Il a appelé tous les patriotes, progressistes et démocrates de s’opposer et d’organiser des protestations contre la mise en place d’une base navale étasunienne dans la baie du Bengale.

Le rassemblement du SPB s’est tenu aujourd’hui 3 juin 2012 à 16h30 face au Club national de la presse à Dhaka, Bangladesh. Sont aussi intervenus les dirigeants du parti: camarade Bazlur Rashid Firoz, Jahedul Haque Milu et Razequzzaman Ratan.

03/06/2012

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[Traduction Alexandre MOUMBARIS]
[Correction Marie-José MOUMBARIS]

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Corée

La poursuite de l’œuvre révolutionnaire Juche

L’œuvre révolutionnaire à laquelle le Président Kim Il Sung s’est consacré durant toute sa vie se poursuit de siècle en siècle, de décennie en décennie.

L’œuvre révolutionnaire Juche, entamée par Kim Il Sung dans la dense forêt de Paektu, s’est poursuivie vigoureusement par la conduite énergique du Dirigeant Kim Jong Il qui s’est trouvé à la tête de l’édification d’un état puisant et prospère. Kim Jong Il a accompagné le Président Kim Il Sung, dans ses tournées d’inspection en vue d’édifier une patrie riche et puissante et épanouissante pour le peuple. En conduisant durant des décennies la révolution coréenne, il a développé en profondeur, les idées du Juche, les idées du Songun, du Président Kim Il Sung, et a les honorées comme idéologie directrice de l’ère de l’indépendance.

Il a renforcé le Parti du travail de Corée, l’armée et l’état pour en faire le parti, l’armée et l’état qu’avait voulu le Président Kim Il Sung. Il a établi un mode de gouvernement Songun, mode original, préservé sûrement le socialisme axé sur les masses populaires, établi par Kim Il Sung, et jeté de solides assises pour l’édification d’un état riche et puissant.

L’œuvre révolutionnaire du Président Kim Il Sung poursuivi avec assiduité et succès sous la direction de Kim Jong Il, fondée sur la pensée Songun, se réalise brillamment sous la direction de Kim Jong Un, Commandant suprême de l’armée populaire de Corée.

Kim Jong Un partage les idées, les compétences et les qualités du Président Kim Il Sung et du Dirigeant Kim Jong aux côtés duquel il s’est trouvé très tôt sur le chemin de la révolution fondée sur le Songun. Il a la conviction et la volonté d’adhérer invariablement aux idées du Juche, idées du Songun, et de parachever coûte que coûte l’œuvre révolutionnaire du Juche. Sous sa haute direction, l’armée et le peuple de la RPDC se sont engagés dans la grandiose marche pour honorer les nouvelles années 100 de la Corée Kim Il Sung.

L’Armée populaire est le pilier et la force principale de la révolution nourrie du Songun et la troupe d’assaut de l’édification d’une puissance prospère. Elle défend fermement et développe la patrie socialiste fondée par Kim Il Sung et honorée par Kim Jong Il.

Leurs recommandations se réalisent parfaitement partout en RPDC, non seulement dans les usines, les fermes coopératives, mais aussi dans les villes et les campagnes.

Des créations monumentales dont les centrales de Huichon sont érigées, ainsi que de grandes quantités d’engrais, de vinalon et de fer sont produites. Un progrès remarquable a été réalisé dans la production de machines-outils CNC et d’autres équipements de pointe.

Des bâtiments représentant l’époque du Songun se construisent dans le secteur de Mansudae ainsi que dans d’autres endroits de la capitale et un tournant remarquable s’opère dans l’urbanisme et le reboisement, ouvrant ainsi une nouvelle période de prospérité.

Le souvenir du Président Kim Il Sung et du Dirigeant Kim Jong Il sera à jamais dans les cœurs de l’armée et du peuple de la RPDC, alors que sous l’égide de Commandant suprême Kim Jong Un, l’œuvre révolutionnaire Juche se poursuit.

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[édité par Alexandre MOUMBARIS

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Livre

Témoignage sur «ma» Guerre d’Algérie

Je suis un ouvrier, issu d’un milieu très pauvre.

Je sais ce que veulent dire les mots misères et souffrances, vécues par les petites gens.

Je ne possède pour tout bagage qu’un modeste Certificat d’Études Primaires.

J’interviens à partir de mon vécu très dur de la Guerre d’Algérie.

Je n’ai pas d’extraordinaires histoires de combats héroïques à relater.

Adolescent, je me suis engagé politiquement avec le PCF, c’était en 1958 avant le retour de De Gaulle à la tête du pays. Dans la foulée, en 1959, avec quelques camarades, nous avons créé un cercle de l’Union des Jeunesses Communistes de France (UJCF) dont je devins le Secrétaire. Comme tous les militants communistes de l’époque, nous dénoncions la guerre coloniale menée en Algérie, en notre nom, par De Gaulle.

Mon témoignage est un hommage à la poignée de soldats anticolonialistes qui, malgré les risques encourus, se sont battus clandestinement contre la guerre.

Notre combat avait pour but de faire prendre conscience aux autres soldats moins politisés, que cette guerre était inutile et sans issue.

Notre travail militant a fini par payer puisque lors du putsch des généraux félons, en avril 1961, les « bidasses »n’ont pas suivi les factieux et ont ainsi fait échouer la folle aventure de ces généraux et autres hauts gradés carriéristes, grassement payés pour faire tuer des pauvres « gus » sur l’autel du profit capitaliste.

Les bidasses tombés sur cette terre lointaine ne sont pas morts pour la France comme on veut le faire croire mais uniquement pour les tenants du fric. Il en est ainsi pour toutes les guerres.

Je dénonce les violences, les sévices subis en notre qualité de militants anticolonialistes, jeunes communistes pour la plupart. Ces sévices, des raclées terribles, étaient perpétrées par des gradés.

Après 40 années de militantisme au PCF, la mort dans l’âme, j’ai quitté celui-ci. Je suis toujours profondément communiste, envers et contre tout. Je n’accepte pas les graves dérives du PCF, qui ne correspondent plus à l’idéal pour lequel j’ai donné le meilleur de moi-même.

Bien que n’ayant pas l’esprit cocardier, j’ai assumé d’importantes responsabilités au sein de deux associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ACVG) mais je n’ai jamais pris la grosse tête pour autant. J’ai toujours refusé que me soit remise la croix du combattant de la Guerre d’Algérie car ce serait accepter un insigne incompatible avec mon idéal communiste.

Je disais donc qu’avec le Parti (PCF) et notre cercle de l’UJCF, nous menions à notre modeste niveau, une lutte acharnée contre la Guerre d’Algérie.

En 1960, à deux reprises, j’ai refusé de répondre aux convocations pour le conseil de révision, à Rethel, puis au chef-lieu du département, Mézières (Ardennes). Peu de temps après, les gendarmes sont venus me trouver sur mon lieu de travail. Après m’être fait traiter de forte tête, promesse me fut faite d’une incorporation directe en unités disciplinaires où j’allais me faire «mater à coups de poings dans la gueule et à coups de pieds au cul».

Le 16 septembre 1960, les gendarmes sont venus me chercher et m’ont emmené menotté et tenu en laisse comme un chien. A la vue de tous, j’ai ainsi traversé la ville pour me rendre à la gare où les gendarmes m’ont emmené faire mes trois jours à Commercy (55).

Ma lettre de refus d’aller combattre le peuple Algérien était prête. J’en ai parlé à un de mes oncles, militant cheminot à la CGT et au PCF. Celui-ci m’a vivement déconseillé ce refus. Je produis dans le livre que j’ai écrit sur cette guerre coloniale la copie de sa lettre datée du 4 août 1960, dans laquelle il me dit son désaccord. Mon oncle m’écrivait que les actions individuelles n’étaient pas payantes. Les sanctions étant trop fortes pour ce genre d’actions. Militant communiste de longue date, il pensait au contraire, qu’il fallait entrainer le plus de jeunes possibles dans l’action contre la Guerre d’Algérie. Militer contre la guerre à l’intérieur de mon unité afin d’aider à une prise de conscience des jeunes appelés qui pour la plupart n’étaient pas politisés comme l’étaient les soldats communistes.

Le dirigeant communiste Etienne Fajon disait: «Résolument opposé à la guerre injuste d’Algérie, notre parti, qui comprend le drame de conscience de chaque jeune communiste, n’a jamais considéré la désertion comme un moyen d’action susceptible de mettre un terme au conflit. Il est toujours demeuré fidèle au contraire, au principe éprouvé défini par Lénine : le soldat communiste part à toute guerre même si elle est réactionnaire, pour y poursuivre la lutte.»

Selon Jean Brugié, dans son livre «Officier et communiste dans les guerres coloniales», les consignes nationales du PCF étaient: «Les communistes se doivent d’être présents sur tous les terrains de combat de classe»… «Ils doivent être les meilleurs.»

Le 30 novembre 1960, Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti, prononce un discours dans lequel il déclare notamment: «Non, la voie n’est pas à l’insoumission, la voie reste celle que nous a inculquée Lénine… C’est le travail de masse mené à l’armée, surtout à l’armée, pour combattre la guerre… Déserter, quitter l’armée, cela signifie laisser la masse des soldats…… aux mains des officiers parfois fascistes, aux mains des ultras…

Le devoir, c’est de travailler, c’est de faire le travail difficile, le travail pénible, le travail qui exige des sacrifices, qui coûte parfois des années de prison aux jeunes soldats … ce travail de l’ombre comporte de véritables risques.»

Durant toute la durée de mon service militaire, j’ai pu constater que peu nombreux furent les jeunes communistes qui se sont risqués à militer à l’intérieur de leur unité, en Algérie, où il y avait la guerre, ne l’oublions pas. Nous ne serions pas 300 à s’y être engagés sur l’ensemble de tous les conscrits incorporés, qui se sont succédés en Algérie du 1er novembre 1954 au 3 juillet 1962. J’ajoute et c’est tout à leur honneur, qu’il y a eu aussi des officiers de carrière communistes, qui se battirent à leur façon, sur des positions de classe mais ils furent peu nombreux lors de la Guerre coloniale menée par la France, en Algérie.

J’ai donc été incorporé direct, à Oued-Smar, en Algérie, dans une compagnie disciplinaire pour y effectuer mon CI (Centre d’Instruction).

Ce fut un CI très dur. À l’intérieur du camp, une prison interarmes qui était un bagne militaire où les soldats internés y subissaient des sévices graves tels les tabassages, certains entrainant parfois l’hospitalisation.

Les soldats détenus dans «La Villa», c’est ainsi qu’on l’appelait, étaient pour la plupart des gars du contingent. J’ajoute qu’il y avait promiscuité entre les soldats appelés internés politiques et les appelés de droit commun.

ll faut savoir qu’un gus pouvait se trouver interné pour un simple défaut de cravate. Pour ma part, j’ai été emprisonné dans ce bagne une semaine durant. J’ajoute que le «bidasse» qui y a été détenu, ne serait-ce qu’une seule journée, est marqué de manière indélébile pour la vie.

L’an dernier, un de mes lecteurs, ancien de la Section de Protection (SP), voisine de la prison-bagne, qui y a été interné une journée, m’a téléphoné. Je fus frappé des «détails» dont il se souvient, bien qu’il n’ait séjourné qu’une journée au bagne de Oued-Smar.

Nous terminions nos classes et allions être mutés dans nos unités respectives lorsque dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 avril 1961, éclata le putsch des généraux factieux.

Je voudrais rappeler que nous n’avons pas attendu après De Gaulle pour réagir.

Lorsque De Gaulle s’est exprimé le dimanche soir à la télévision, nous étions déjà en refus d’obéissance.

Le fer de lance du putsch des généraux félons était le 1er Régiment Étranger de Parachutistes de la Légion Étrangère (1er REP), celui-là même qui, alors qu’il était en fuite, le 26 avril 1961, entre Maison-Blanche et Mouzaïaville, vit ces hommes ouvrir le feu à l’arme automatique sur d’autres soldats de l’armée française.

Les soldats qui se firent allumer par ces mercenaires étaient des «gus» du contingent dont je faisais partie. Nous étions moins d’une quinzaine. Les «courageux» soldats d’élite du 1er REP étaient en fuite.

Je fus muté dans un secteur chaud de la Mitidja, près des gorges de la Chiffa, que connaissait bien le camarade Henri Alleg. Dans son ouvrage «Prisonnier de guerre», Henri Alleg écrit …, entre autres, «la traversée des gorges de la Chiffa où les attaques de l’ALN sont quotidiennes … »

Avec deux camarades communistes appelés, je militais clandestinement au sein de mon unité contre la guerre. J’ai été dénoncé et immédiatement embarqué en avion pour une destination inconnue, sous escorte armée, comme un gangster. Je fus affecté à Telergma, dans le Constantinois, comme artificier dans une soute à munitions (SMU).

Mon travail y était celui d’un forçat. L’armée m’a toujours particulièrement choyée.

À titre d’exemple, j’ai, entre autres, été contraint d’effectuer quatre patrouilles, dont une de nuit, c’était un dimanche de l’hiver 1961, sans munitions dans la MAT 49. Les chargeurs étaient vides. Je vous prie de croire qu’il faut avoir vécu de telles intenses émotions pour en connaître le réel ressenti. La peur est indescriptible.

Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que je suis rentré en métropole traumatisé, marqué à tout jamais par cette guerre coloniale que je combattais en tant que jeune communiste et dont je fais encore des cauchemars.

Sur conseils de responsables d’une des deux associations au sein de laquelle je militais, j’ai intenté un procès à l’État français pour blessure et maladies contractées lors de la Guerre d’Algérie.

En première instance, j’ai gagné un très gros procès qui aurait pu faire jurisprudence et bénéficier ainsi à des milliers de «gus» justiciables mais hélas, ma joie fut de courte durée.

Le Secrétaire d’État socialiste aux ACVG du gouvernement de la gauche caviar, a fait appel de la décision du Tribunal des Pensions d’Invalidité de guerre qui m’était très nettement favorable.

Ce ministre n’est autre que l’actuel Président du Conseil régional de Lorraine : Jean-Pierre Masseret, membre du parti socialiste. Je précise que j’ai mené cette bataille face aux juridictions et à l’État français dans un but revendicatif. Je l’ai écrit dans un courrier daté du 19 juin 1997, adressé au sieur Masseret.

Je suis dans l’impossibilité de me soigner correctement. L’appel assassin du ministre socialiste Jean-Pierre Masseret, me prive de mon droit légitime à me soigner, spolie ainsi également d’autres nombreux anciens «bidasses», qui ne peuvent accéder aux soins gratuits que leur aurait permise la pension dont nous a dépossédé ce ministre socialiste.

En 2009, j’ai publié un petit livre qui est un prolongement de «ma» Guerre d’Algérie.

Je veux montrer que la justice de classe qui a frappé et persiste toujours à l’encontre des jeunes communistes rebelles de la Guerre d’Algérie notamment, est la même que celle qui frappe les travailleurs qui défendent leurs emplois en se battant sur des positions de classe et sont traînés devant les tribunaux de cette même justice de classe, tel mon camarade et ami Xavier Mathieu.

Jacques Tourtaux

Guerre d’Algérie souvenir d’un appelé anticolonialiste, par Jacques TOURTAUX
avant-propos par Henri ALLEG

Prix 18 € + port 5,50 – pour toute commande: 03 26 40 62 15 ou par courriel jacques.tourtaux@orange.fr

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OTAN

Nouvelle association Staline

Quelques observations
à propos de la déclaration du 24/5/2012,
signée par 40 partis communistes et ouvriers intitulée:
«L’OTAN, menace pour la paix mondiale!»
(voir ci-dessous)

Ce qui, à notre avis, est embêtant pour ne pas dire sérieux est que 40 pays communistes et ouvriers aient accepté de signer cette déclaration. En voici les raisons:

Le début de la déclaration est convenable, un diagnostic anti-impérialiste comme d’innombrables autres dans le passé. Nous ne chipoterons pas sur le fait de savoir si la charte des Nations Unies et le droit international, sont mourants ou raides morts. Nous n’allons pas non plus nous attarder sur le fait que nous aurions préféré les termes «condamner» ou «dénoncer» plutôt que «rejeter», comme s’il incombait aux partis communistes d’accepter ou de rejeter l’escalade de guerre au Moyen-Orient ou la mise en place du système anti-missiles étasunien.

Les problèmes commencent vraiment au sixième paragraphe par: «Mais comme la réalité nous le démontre, la réaction par la force de l’impérialisme à la crise du capitalisme se trouve confrontée à la lutte progressiste et révolutionnaire des peuples qui à divers endroits dans le monde prennent en main la défense de leurs droits, la souveraineté et l’indépendance de leur pays, résistant par les moyens les plus variés, imposant des revers à la stratégie de domination impérialiste» [Traduction corrigée par nous – AM].

Après la Yougoslavie, l’Iraq, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye…. et bientôt la Syrie et l’Iran, où les partis signataires voient-ils des peuples imposer des revers à la stratégie impérialiste? En tous cas il est à espérer qu’ils n’applaudissent pas cette gigantesque mascarade impérialiste qu’a été le printemps arabe!!! Peut-être souhaitaient-ils présenter un front uni suffisamment flou pour ménager les diverses «sensibilités» parmi les partis communistes et ont trouvé dans la notion «peuple» une sacralité irréprochable, un symbole passepartout. Il leur était peut-être plus important d’affirmer une unité entre partis communistes, plutôt que de se solidariser avec ceux qui, à l’heure où nous sommes, mènent le combat. Seraient-il trop timorés, trop abasourdis peut-être par l’avalanche de mensonges dont nous submerge la propagande impérialiste et les pressions «morales» exercées par la «gauche» collaboratrice.

Dans cette confrontation il y a deux belligérants et non pas un belligérant d’un côté et une masse amorphe, non structurée de citoyens, sans réelle capacité de défense de l’autre; c’est ce que dénote la notion «le peuple». La notion «peuple» contient de tout: des travailleurs et des patrons, des gens honnêtes et des criminels, des laïques de diverses sortes et des intégristes religieux, des patriotes et des traitres alliés à l’impérialisme, des citoyens de ce pays et divers envahisseurs se camouflant comme tels…. C’est sous le prétexte de défendre le peuple, la démocratie et l’humanisme que l’impérialisme et ses larbins justifient leurs agressions. C’est avec ce mot à la bouche que la pressetitution* séduit, là où elle le peut et quand elle l’estime nécessaire, les consciences des peuples – surtout des pays agresseurs – de manière à obtenir le soutien de l’opinion publique, ou tout au moins sa neutralité. Si le terme «peuple» avait été si pur, si innocent et si neutre, que fait-on des responsabilités des peuples des pays impérialistes, étasunien, français…, que fait-on des culpabilités des peuples des pays racistes, fascistes, colonialistes, qui pour le moins ont laissé faire, permis que ça se fasse, ou pire encore profité de ces crimes? Par conséquent l’expression «peuple» dans cette déclaration n’apporte rien de bien précis, donne un piètre effet, enlève de la crédibilité aux partis, ne fait rien pour le moral des militants et surtout ne met pas en avant une orientation de lutte.

Face à l’agression militaire impérialiste, se dresse, tant bien que mal, un adversaire, en l’occurrence la force militaire organisée, le pouvoir syrien – et bientôt iranien -, l’état du pays agressé, défenseur de la souveraineté du pays et légitime représentant de son peuple. Donc en toute logique en tant qu’acteurs engagés – et pas en tant que spectateurs – politiques, les partis communistes, une fois que l’agression a été constatée et l’impérialisme condamné, doivent être conséquents, doivent soutenir le pouvoir syrien, représentant le peuple syrien dans son ensemble et ne pas éviter d’y faire référence de peur d’être «salis» à son contact, selon les «critères» de la propagande du camp impérialiste. Force est que nous devons considérer et traiter le gouvernement syrien attaqué par l’impérialisme comme un allié. Ce n’est pas aux partis communistes d’approuver ni de juger le caractère interne du régime syrien. Pas plus qu’ils ne doivent se laisser influencer par la propagande «impérialiste» dont regorgent les media prostitués.

Dans la campagne du camp impérialiste il y a deux aspects proéminents, le côté militaire sur le terrain, contre lequel nous ne pouvons rien. Nous ne sommes pas en mesure d’envoyer en Syrie des brigades internationales, ni de leur fournir des armes, et même si nous le pouvions il n’est pas sûr qu’ils en aient besoin. Seul le Parti communiste syrien (unifié) peut prêter main forte directement, en commençant par l’abandon de sa politique «d’opposition loyale» pour en adopter une d’alliance loyale et de soutien total.

Le rôle des autres partis, est au minimum d’informer les citoyens de leur pays, de contrecarrer la propagande impérialiste, de mettre de la pression sur leurs gouvernements pour qu’ils agissent contre les agresseurs….

Leur rôle, pour ceux qui sont dans les pays agresseurs ou de leurs alliés, serait de s’opposer par tous les moyens disponibles, politiques, syndicaux… pour empêcher, entraver et arrêter les agressions depuis leur point de départ; faire tout pour éveiller la conscience de leurs concitoyens quant au rôle complice que leurs gouvernements leur font jouer, pour secouer leurs consciences anesthésiées par le media bourgeois.

C’est à cela que devraient concourir les déclarations, donner un point de départ et c’est pour cela qu’elles doivent être concrètes, précises et pertinentes à la réalité du terrain.

Toute réticence à faire cela, montre une forme de fuite, d’inconséquence ou de soumission devant les offensives des pseudo-valeurs impérialistes dont nous sommes imbibées au quotidien. Nous n’avons pas besoin de «mantras» incantatoires pour apaiser nos bonnes consciences.

Pour le bureau de l’Association,
Alexandre MOUMBARIS

* Pressetitution= Presse + prostitution

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OTAN

Déclaration commune de 35 partis communistes et ouvriers:

L’OTAN, menace pour la paix mondiale!

Dans une situation internationale marquée par l’aiguisement de la crise du capitalisme et par l’offensive impérialiste violente contre les acquis et les droits des travailleurs et des peuples, se tenait le 20 et le 21 mai à Chicago, aux États-Unis, le Sommet de l’OTAN.

Dans un contexte d’approfondissement de crise du capitalisme, l’impérialisme se lance dans une escalade militariste et interventionniste.

Après avoir réformé son concept stratégique en 2010, ce qui représente un nouveau et dangereux bond qualitatif dans son ambition interventionniste – qu’illustre l’agression contre la Libye – les États-Unis et l’OTAN, dont l’UE est le pilier européen, cherchent à étendre leurs zones d’influence, défendent la course aux armements et les dépenses militaires, l’investissement dans de nouvelles armes et leur réseau mondial de bases militaires.

L’impérialisme militarise les relations internationales, poursuit les occupations, lance des menaces d’agression, défend conspirations et manœuvres d’ingérence contre les pays de tous les continents par une course aux armements permanente, viole les accords internationaux de désarmement existants. Les principes de la Charte des Nations unies sont remis en cause, s’accentue l’instrumentalisation de l’ONU pour légitimer la violence impérialiste. Le processus de destruction du Droit international, produit de la défaite du nazisme et du fascisme lors de la Seconde guerre mondiale, ouvre les portes à la réalisation des desseins impérialistes, le contrôle des ressources et la domination de la planète sur le plan militaire et géostratégique.

L’OTAN comme principal instrument de l’impérialisme dans son objectif de domination mondiale, constitue une énorme menace pour la paix et la sécurité mondiales.

Mais, comme la réalité nous le démontre, la réaction par la force de l’impérialisme à la crise du capitalisme se trouve confrontée à la lutte progressiste et révolutionnaires des peuples qui, partout1 dans le monde, prennent en main la défense de leurs droits et de la souveraineté ainsi que de l’indépendance de leurs pays, résistant par les moyens les plus variés et mettant en échec2 la stratégie de domination impérialiste.

Réaffirmant leur engagement dans la lutte pour la paix, le droit de chaque peuple à décider librement de son destin, pour le progrès social et le Socialisme, les Partis communistes et ouvriers signataires de ce déclaration:

Exigent le retrait immédiat de tous les peuples étrangers3 d’Afghanistan, ainsi que de toutes les autres interventions impérialistes dans le monde;

Rejettent l’escalade de guerre au Moyen-Orient, notamment contre la Syrie et l’Iran;

Exigent la dissolution de l’OTAN et soutiennent le droit de chaque pays à4 décider de retirer leurs pays de cette alliance agressive;

Rejettent l’installation du nouveau système anti-missiles des États-Unis et de l’OTAN en Europe et réclament la fin des bases militaires étrangères;

Exigent la fin de la course aux armements, le désarmement nucléaire commençant par les plus grandes puissances nucléaires du monde – comme les États-Unis – et la complète destruction des armes chimiques et biologiques;

Expriment leur solidarité avec les peuples qui résistent aux occupations, agressions et ingérences de l’impérialisme, notamment au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et en Afrique.

Partis signataires de l’appel commun des Partis communistes et ouvriers:

1.Parti communiste Sud-africain; 2. Parti communiste d’Argentine; 3. Parti communiste d’Azerbaïdjan; 4. Parti communiste d’Australie; 5. Parti du travail de Belgique; 6. Parti communiste de Biélorussie; 7. Parti communiste du Brésil; 8. Parti communiste d’Espagne; 9. Parti communiste des peuples d’Espagne; 10. Parti communiste des États-Unis; 11. Parti communiste de Finlande; 12. Parti communiste Français; 13. Parti communiste unifié de Géorgie; 14. Parti communiste de Grèce; 15. Nouveau Parti communiste de Hollande; 16. Parti du peuple d’Iran; 17. Parti communiste d’Inde; 18. Parti communiste d’Inde (Marxiste); 19. Parti communiste d’Irlande; 20. Parti des travailleurs d’Irlande; 21. Parti des communistes italiens; 22. Parti communiste libanais; 23. Parti communiste luxembourgeois; 24. Parti communiste de Malte; 25. Parti communiste du Mexique; 26. Parti communiste Palestinien; 27. Parti communiste Péruvien; 28. Parti communiste de Pologne; 29. Parti communiste Portugais; 30. Parti communiste Britannique; 31. Parti communiste de Bohême-Moravie; 32. Parti communiste de la Fédération de Russie; 33. Parti communiste ouvrier Russie – Parti des communistes révolutionnaire; 34. Parti communiste Syrien (unifié); 35. Parti communiste d’Ukraine

Auxquels se sont ajoutés:

36. AKEL de Chypre; 37. Parti de la refondation communiste; 38. Parti communiste des ouvriers hongrois. 39. Union du peuple galicien; 40. Parti communiste de Transnistrie.

21.5.2012

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[Source: solidarite-internationale-pcf.over-blog.net]

Divergences de traduction

Nous tenons à signaler quelques divergences par rapport à l’original en portugais:

1. Sixième paragraphe: Plutôt dire «à divers endroits» et non pas «partout dans le monde»;

2. Plutôt «infligeant des revers», en non pas «mettant en échec la stratégie de domination impérialiste»;

3. Plutôt …exiger le retrait immédiat de «toutes les troupes étrangères» et non pas de «tous les peuples étrangers»;

4. Les signataires soutiennent chaque «peuple de», à la place de «chaque pays à décider de retirer son pays….».

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Syrie

Amnesty International et Human Rights Watch, mercenaires de l’Empire

Sous la présidence d’Obama, l’impérialisme étasunien a endossé les habits de protecteur des peuples de la planète grâce à une rhétorique humanitaire bien ficelée qui sert aujourd’hui à enrober chaque agression, chaque violation de la loi internationale, chaque guerre de pillage et/ou de conquête.

Les anciens colonisateurs européens et leurs cousins d’Amérique, naguère enrichis par le génocide des Indiens et l’esclavage africain, veulent nous faire croire qu’ils protègent aujourd’hui les peuples qu’ils massacraient hier. Mais si la liberté, voire la vie, des peuples de couleurs ou non-chrétiens, n’avaient jusqu’ici que peu d’intérêt pour les défenseurs des valeurs démocratiques, force est de constater que, dans la configuration géopolitique actuelle, les droits de l’homme sont devenus le mot d’ordre de l’Empire. Et les soi-disant organisations occidentales spécialisées dans la défense des droits humains occupent une place stratégique de premier plan.

Parmi ces organisations, Amnesty International et Human Rights Watch. Elles dépensent ainsi toutes les deux une grande partie de leur énergie à soutenir les États-Unis et leurs affidés, pourtant bien connus pour piétiner allégrement la souveraineté des pays les plus faibles comme s’ils incarnaient à eux seuls le droit international.

Á la mi-mai, des milliers de manifestants pacifistes ont protesté contre le sommet de l’OTAN à Chicago. Dans le même temps, Amnesty International organisait un contre-sommet dont les rangs étaient formés de militants favorables à l’intervention de l’Oncle Sam en Afghanistan. La tristement célèbre Madeleine Albright, qui estimait il n’y a encore pas si longtemps que la guerre en Irak et l’embargo, pourtant responsable de la mort de milliers d’enfants, se justifiaient, s’est naturellement joint à ce macabre cortège. L’ancienne secrétaire d’État (sous l’ère Bush, excusez du peu) et l’ONG ont depuis estimé que la présence étasunienne en Afghanistan devait se prolonger autant que nécessaire pour le bien des femmes afghanes. Un exemple parmi d’autre de la collusion entre les uns et les autres…

Et une position d’autant plus incompréhensible que les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars dans unejoint-venture avec le Pakistan et l’Arabie saoudite pour aider les islamistes à renverser le président Mohammed Nadjibullah qui, soutenu par l’Union soviétique et animé par des idées progressistes, avait pourtant plaidé la cause des femmes afghanes.

Aujourd’hui, Amnesty International et Human Rights Watch accusent de concert la Chine et la Russie d’être des ennemies des droits humains en Syrie parce que ces pays ont tous deux refusé de jouer la carte de l’intervention militaire dont on connaît désormais les conséquences en Libye.

Lorsqu’Amnesty International et Human Rights Watch font activement campagne en faveur d’une guerre, il est curieux de constater que cette dernière colle systématiquement aux plans de l’Empire. Ces deux organisations humanitaires ont fourni une grande partie des munitions durant la guerre aux rebelles libyens tout en se faisant caisse de résonnance de la propagande étasunienne en faisant croire au monde entier qu’un massacre imminent allait se perpétrer à Benghazi.

Ces deux associations pratiquent en réalité l’imposture à l’échelle planétaire, feignant d’un côté de s’occuper des droits humains et soutenant de l’autre les États-Unis et leurs affidés dans leurs guerres impérialistes tout en se drapant des oripeaux du droit international.

Amnesty International et Human Rights Watch sont bel et bien de parfaits mercenaires de l’Empire.

Capitaine Martin

5/7/2012
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[www.resistance-politique.fr/]

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Syrie

Refondation énergétique du Moyen-Orient

La plaque tectonique syrienne


«Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.»

Jean-Paul Sartre (Extrait du livre Le Diable et le Bon Dieu)

Un conflit qui dure depuis seize mois et qui aurait fait des milliers de morts selon une comptabilité tenue soigneusement par les médias des pays occidentaux qui attribuent insidieusement les morts uniquement au régime de Damas et non aussi aux insurgés armés lourdement par les Occidentaux avec l’argent des roitelets du Golfe. Les chrétiens ont peur de servir de variables d’ajustement d’un conflit qui les dépasse. Ce conflit, un siècle après les accords de Sykes-Picot, met en jeu les mêmes acteurs avec en plus, les États-Unis, la Russie et la Chine et…Israël. Les dépouilles sont toujours les mêmes, les dirigeants arabes faibles, lâches qui continuent à s’étriper pour le plus grand bien de l’Empire et de ses vassaux. Avec cette fois-ci, un coup d’arrêt à la tentation d’Empire, de la part de puissances asiatiques qui s’affirment.

Que se passe t-il réellement, et pourquoi Assad ne tombe pas malgré les communiqués triomphalistes présentant des personnalités qui ont lâché le pouvoir, le général Tlass, l’ambassadeur de Syrie en Irak qui s’enfuit au Qatar… Un autre round de négociations sur le règlement pacifique en Syrie s’est tenu dernièrement à Moscou. Cette fois, le ministère des Affaires étrangères de Russie a invité le président du Conseil national syrien (CNS) Abdel Basset Sayda. Mais il n’y a pas eu de rapprochement de positions. D’autre part, l’émissaire international Kofi Annan, qui poursuit sa tournée en Iran, a rencontré Bachar el-Assad en Syrie pour tenter de trouver une issue au conflit dans le pays. Il a annoncé lundi 9 juillet 2012 être tombé d’accord avec le président Bachar el-Assad sur une «approche» qu’il soumettra aux rebelles syriens.

La diabolisation des médias occidentaux

Et si la version matraquée tous les jours par les médias français n’était pas la bonne? C’est en tout cas l’avis du politologue Gérard Chalian, sur le plateau de «C dans l’air» du 14 juin 2012, sur France 5: ce qu’il dit c’est que ce n’est pas uniquement un méchant contre des gentils et que la volonté d’intervention et les hésitations des Occidentaux ne sont pas forcément liées à des sentiments purement humanistes. Il dit qu’une intervention impliquerait beaucoup de conséquences géopolitiques. Pour lui, ce qui se passe en Syrie est avant tout une affaire politique et non humanitaire. C’est en fait, l’exacerbation du conflit artificiel sunnite/chiite avec d’un côté pour les sunnites l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Union européenne, les États-Unis et Israël et de l’autre, les chiites, c’est-à-dire les Alaouites aidés par l’Iran. Le but de la manipulation est de casser l’Iran et de réduire le Hezbollah.

Nous verrons qu’il existe aussi l’argument énergétique. Le témoignage d’une Française, épouse d’un Franco-Syrien, qui a séjourné en Syrie du 19 mai au 12 juin 2012, est édifiant: «Alors que ce pays offrait une totale sécurité, les «Amis de la Syrie» y ont semé la violence. À Alep, des bandes armées ont fait leur apparition dans le 2ème semestre 2011: enlèvements, demandes de rançons… Une mafia très lucrative. Nous avons eu connaissance de nombreux récits d’enlèvements à toute heure et à tout endroit à Alep à un rythme quasi quotidien. Les enfants ont pris l’habitude de téléphoner à leurs parents dès leur arrivée et départ de l’école. Les militaires et policiers sont les cibles privilégiées pour ceux qui sont payés pour tuer. Ainsi, un commandant de 35 ans a été abattu de 2 balles dans la tête un matin à 8h 30 alors qu’il achetait du pain. Les commerçants ferment sur ordre d’hommes armés qui menacent de brûler leur boutique. Ainsi, le 2 juin, à la Médine (anciens souks) tout était fermé. Les médias français parlent alors de grève générale anti-régime. Lors de manifestations pro Bachar, des hommes armés s’infiltrent et se mettent à tirer dès que la foule est dense. Ceci est filmé et envoyé aux chaînes de télévision. Le pouvoir conseille de ne pas faire de manifestations de soutien pour éviter ces tueries. La population, qui est confrontée aux enlèvements, bombes, asphyxie des commerces, connaît des difficultés d’approvisionnement en fuel, essence et gaz. Il n’y a pas pénurie en Syrie, mais les véhicules de transport sont attaqués et brûlés sur les routes.» (1)

«Pour ceux qui à l’étranger souhaitent apporter leur aide, il est impossible de virer de l’argent et impossible d’en retirer sur place (d’un compte en France par exemple). À Damas, tout semble comme avant, vie diurne et nocturne, malgré la menace des bombes. Cependant, beaucoup d’hôtels ont fermé, le tourisme est inexistant. À Homs, un seul quartier reste occupé par les rebelles. Les habitants se sont réfugiés dans les villages alentour chez la famille ou des amis. Sur les grands axes routiers, l’ASL effectue des contrôles et abat sur le champ un militaire présent. (…) Il n’y a pas de guerre civile en Syrie, les communautés continuent de vivre en harmonie. Il y a des actes de barbarie et de violence de la part de mercenaires et de l’ASL contre des minorités pour provoquer une guerre civile. (…) Monsieur Sarkozy a en son temps exprimé au patriarche maronite venu le rencontrer que les chrétiens d’Orient devaient laisser leur pays aux musulmans et que leur avenir était en Europe. L’Occident applique en Syrie le même scénario qu’en Irak et en Libye. (…) L’opposition en Syrie participe de façon légale au changement. Les gens sont écœurés par le manque d’objectivité des médias français. La seule source, l’Osdh, basée à Londres, est animée par un Frère musulman, payé par les services secrets britanniques.»(1)

L’argument énergétique

Le professeur Imad Fawzi Shueibi analyse les causes et les conséquences de la récente position de la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le soutien de Moscou à Damas n’est pas une posture héritée de la Guerre froide, mais le résultat d’une analyse en profondeur de l’évolution des rapports de force mondiaux. La crise actuelle va cristalliser une nouvelle configuration internationale, qui d’un modèle unipolaire issu de la chute de l’Union Soviétique, va évoluer progressivement vers un autre type de système qui reste à définir. Inévitablement, cette transition va plonger le monde dans une période de turbulences géopolitiques. L’attaque médiatique et militaire à l’encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l’énergie, ainsi que l’explique le professeur Imad Shuebi: la Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient[…].

C’est ainsi que Imad Fawzi Shueibi analyse la situation actuelle:(2)

«Avec la chute de l’Union soviétique, les Russes ont réalisé que la course à l’armement les avait épuisés, surtout en l’absence des approvisionnements d’énergie nécessaires à tout pays industrialisé. Au contraire, les é-U avaient pu se développer et décider de la politique internationale sans trop de difficultés grâce à leur présence dans les zones pétrolières depuis des décennies. C’est la raison pour laquelle les Russes décidèrent à leur tour de se positionner sur les sources d’énergie, aussi bien pétrole que gaz. (…) Moscou misa sur le gaz, sa production, son transport et sa commercialisation à grande échelle. Le coup d’envoi fut donné en 1995, lorsque Vladimir Poutine mis en place la stratégie de Gazprom. (…) Il est certain que les projets Nord Stream et South Stream témoigneront devant l’Histoire du mérite et des efforts de Vladimir Poutine pour ramener la Russie dans l’arène internationale et peser sur l’économie européenne puisqu’elle dépendra, durant des décennies à venir, du gaz comme alternative ou complément du pétrole, avec cependant, une nette priorité pour le gaz. À partir de là, il devenait urgent pour Washington de créer le projet concurrent Nabucco, pour rivaliser avec les projets russes et espérer jouer un rôle dans ce qui va déterminer la stratégie et la politique pour les cent prochaines années. Le fait est que le gaz sera la principale source d’énergie du XXIe siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole, et comme source d’énergie propre.(…) Moscou s’est hâté de travailler sur deux axes stratégiques: le premier est la mise en place d’un projet sino-russe à long terme s’appuyant sur la croissance économique du Bloc de Shanghai; le deuxième visant à contrôler les ressources de gaz. C’est ainsi que furent jetées les bases des projets South Stream et Nord Stream, faisant face au projet états-unien Nabucco, soutenu par l’Union européenne, qui visait le gaz de la mer Noire et de l’Azerbaïdjan. S’ensuivit entre ces deux initiatives une course stratégique pour le contrôle de l’Europe et des ressources en gaz.

Le projet Nord Stream relie directement la Russie à l’Allemagne en passant à travers la mer Baltique jusqu’à Weinberg et Sassnitz, sans passer par la Biélorussie. Le projet South Stream commence en Russie, passe à travers la mer Noire jusqu’à la Bulgarie et se divise entre la Grèce et le sud de l’Italie d’une part, et la Hongrie et l’Autriche d’autre part.»(2)

«Pour les États-Unis, poursuit le professeur Imad, le projet Nabucco part d’Asie centrale et des environs de la mer Noire, passe par la Turquie et devait à l’origine passer en Grèce, mais cette idée avait été abandonnée sous la pression turque. Ce projet, écrit le professeur Imad, bat de l’aile. À partir de là, écrit-il, la bataille du gaz a tourné en faveur du projet russe. En juillet 2011, l’Iran a signé divers accords concernant le transport de son gaz via l’Irak et la Syrie. Par conséquent, c’est désormais la Syrie qui devient le principal centre de stockage et de production, en liaison avec les réserves du Liban. C’est alors un tout nouvel espace géographique, stratégique et énergétique qui s’ouvre, comprenant l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. Les entraves que ce projet subit depuis plus d’un an donnent un aperçu du niveau d’intensité de la lutte qui se joue pour le contrôle de la Syrie et du Liban. Elles éclairent du même coup le rôle joué par la France, qui considère la Méditerranée orientale comme sa zone d’influence historique, devant éternellement servir ses intérêts, et où il lui faut rattraper son absence depuis la Seconde Guerre mondiale. En d’autres termes, la France veut jouer un rôle dans le monde du gaz où elle a acquis en quelque sorte une «assurance maladie» en Libye et veut désormais une «assurance-vie» à travers la Syrie et le Liban. (…) L’empressement de la coalition OTAN-états-Unis-France à mettre fin aux obstacles qui s’élevaient contre ses intérêts gaziers au Proche-Orient, en particulier en Syrie et au Liban, réside dans le fait qu’il est nécessaire de s’assurer la stabilité et la bienveillance de l’environnement lorsqu’il est question d’infrastructures et d’investissement gaziers. La réponse syrienne fût de signer un contrat pour transférer vers son territoire le gaz iranien en passant par l’Irak. Ainsi, c’est bien sur le gaz syrien et libanais que se focalise la bataille[…].»(2)

«De plus, poursuit le professeur Imad, la coopération sino-russe dans le domaine énergétique est le moteur du partenariat stratégique entre les deux géants. Il s’agit, selon les experts, de la «base» de leur double veto réitéré en faveur de la Syrie. Parallèlement, Moscou affiche sa souplesse concernant le prix du gaz, sous réserve d’être autorisé à accéder au très profitable marché intérieur chinois. (…) En conséquence, les préoccupations des deux pays se croisent au moment où Washington relance sa stratégie en Asie centrale, c’est-à-dire, sur la Route de la soie. (…) Cet aperçu des mécanismes de la lutte internationale actuelle permet de se faire une idée du processus de formation du nouvel ordre international, fondé sur la lutte pour la suprématie militaire et dont la clé de voûte est l’énergie, et en premier lieu le gaz. La «révolution syrienne» est un paravent médiatique masquant l’intervention militaire occidentale à la conquête du gaz. Quand Israël a entrepris l’extraction de pétrole et de gaz à partir de 2009, il était clair que le Bassin méditerranéen était entré dans le jeu et que, soit la Syrie serait attaquée, soit toute la région pourrait bénéficier de la paix, puisque le XXIe siècle est supposé être celui de l’énergie propre. Selon le Washington Institute for Near-East Policy (WINEP, le think tank de l’AIPAC), le Bassin méditerranéen renferme les plus grandes réserves de gaz et c’est en Syrie qu’il y aurait les plus importantes. La révélation du secret du gaz syrien fait prendre conscience de l’énormité de l’enjeu à son sujet. Qui contrôle la Syrie pourrait contrôler le Proche-Orient.»(2)

L’argument religieux: sunnite versus chiite

Un autre argument de basse intensité est le conflit artificiel sunnite-chiite. Le conflit en Syrie est devenu, écrit Bernard Haykel spécialiste du Moyen-Orient à l’université Princeton, une guerre par procuration entre Riyadh et Téhéran. Pendant de longues années, le salafisme a été le vecteur d’influence de l’Arabie Saoudite. Mais cette doctrine a créé des monstres, notamment Al-Qaîda, qui se sont retournés contre le régime des Al Saoud. Aujourd’hui, l’anti-chiisme et le discours contre l’Iran sont utilisés par la monarchie pour que les Saoudiens, à 90% sunnites, fassent bloc derrière le régime. Cela pourrait devenir aussi la nouvelle base des relations avec les États-Unis. Il a montré comment le régime saoudien tente de tirer son épingle du jeu dans le grand chambardement du printemps arabe.»(3)

«Mais c’est la Syrie qui est au centre de l’attention de l’Arabie Saoudite. Le roi s’est prononcé contre le régime de Bachar Al Assad. Il a rappelé son ambassadeur à Damas. Les Saoudiens estiment que l’Iran est aujourd’hui une menace réelle pour leur pays. Ils jugent que si Bachar Al Assad est renversé, ce sera un revers important pour l’influence de l’Iran dans la région. Il y a donc un flot d’argent saoudien qui vise à radicaliser les sunnites syriens, comme en 2006-2007 au Liban quand il s’agissait de radicaliser les sunnites locaux contre le Hezbollah. Riyadh ne considère plus qu’un changement dans la région est mauvais. «Enfin, elle tente de promouvoir cette approche à Washington.» L’Arabie Saoudite est sous protection militaire des États-Unis», conclut Bernard Haykel.» «Ces deux pays entretiennent aussi des relations commerciales fortes, dominées par les hydrocarbures et les ventes d’armes.» (3)

Le résultat de cette anomie

Quels sont les perdants et quels sont les gagnants? Le grand perdant est d’abord et avant tout le peuple syrien qui paie le prix fort d’une guerre qui le dépasse. Il devient clair que la clé de la réussite économique et de la domination politique réside principalement dans le contrôle de l’énergie du XXIe siècle: le gaz. C’est parce qu’elle se trouve au cœur de la plus colossale réserve de gaz de la planète que la Syrie est sur une plaque tectonique énergétique. Une nouvelle ère commence, celle des guerres de l’énergie. Le grand gagnant dans tous les cas est Israël qui réussit – sans y participer – à affaiblir ses adversaires, l’Iran, les pays arabes qui ne comptent plus et le Hezbollah. On l’aura compris, la paix en Syrie n’est pas pour demain. Hélas!

Le 16 juillet 2012

Chems Eddine Chitour

Notes

1.www.afrique-asie.fr/

2.Imad Fawzi Shueibi http://www.voltairenet.org/La-Syrie-centre-de-la-guerre-du 8 mai 2012

3. Bernard Haykel: Le conflit en Syrie est devenu une guerre par procuration entre Riyadh et Téhéran. Conférence École des Hautes études en sciences sociales, Paris, mardi 22 mai 2012

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Syrie —Russie

Les navires de guerre russes ont le droit d’accoster
dans le port syrien: ministère [russe] de la Défense

Les navires de guerre russes n’ont aucun plan d’accoster au port de Tartous, mais ils n’excluent pas une telle possibilité, a déclaré vendredi le ministère russe de la Défense.

«Dans le cas où la durée de la mission de la flottille serait prolongée, le commandement du groupe est pleinement autorisé à se réapprovisionner en utilisant la base de soutien matériel et technique de Tartous, qui est conçue à cet effet», a indiqué le ministère dans un communiqué.

«Le commandement prévoira le réapprovisionnement des stocks du navire soit par des navires de soutien soit par le biais de la base de soutien à Tartous », a indiqué le ministère.

La Russie avait auparavant démenti tout projet de passer par Tartous.

Actuellement une dizaine de navires de guerre russes, dont de grands bâtiments de débarquement et des navires auxiliaires sont déployés en mer Méditerranée pour des missions d’entraînement au combat.

Selon le ministère, trois navires russes supplémentaires devraient rejoindre ce groupe dans les prochains jours.

Le commandant de la marine russe Viktor Tchirkov a déclaré la semaine dernière que la Russie conserverait sa base de soutien militaire à Tartous, mais il a par la suite précisé que Moscou évacuerait son personnel du port de Tartous «si nécessaire».

Depuis décembre dernier, la Russie a envoyé plusieurs navires de guerre vers les eaux au large de la Syrie, y compris son porte-avion principal baptisé Amiral Kouznetsov, malgré les inquiétudes des pays occidentaux sur l’éventualité de liens entre ces déploiements et la situation en Syrie.

En janvier, le destroyer russe Amiral Tchabanenko et deux navires d’escorte ont fait escale à Tartous. Moscou a déclaré que cette manœuvre était prévue de longue date et n’avait aucun lien avec la situation en Syrie.

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Source: Xinhua

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Journaliste britannique:
aucun des insurgés en Syrie n’étaient syrien,
mais des extrémistes étrangers

Un photographe britannique capturé par des insurgés en Syrie a déclaré que ses ravisseurs étaient des extrémistes étrangers, dont plusieurs britanniques «sans qu’il y ait un Syrien en vue».

Le 19 Juillet, un photographe pigiste, John Cantile, et son collègue néerlandais Jeroen Oerlemans, ont été enlevés dans le nord de la Syrie puis libérés une semaine plus tard.

Cantile a déclaré qu’il était détenu dans un camp par 30 extrémistes étrangers dont certains venaient de Grande-Bretagne et du Pakistan.

Il a également révélé que certains parmi ses ravisseurs étaient «des hommes jeunes avec des accents du sud de Londres».

«Ils visaient un journaliste avec leurs kalachnikovs, Londonien contre Londonien, dans un paysage rocheux ressemblant aux Highlands d’écosse», a déclaré Cantile.

Le photographe britannique a également révélé que certains des insurgés ne pouvaient même pas parler l’arabe. Parmi environ une douzaine de ses ravisseurs qui parlaient l’anglais, neuf avaient un accent londonien.

«Pas un Syrien en vue. Ce n’était pas à cela que je m’attendais», ajouta Cantile.

«Deux d’entre eux étaient tellement anglicisés qu’ils ne savaient pas parler l’arabe», a-t-il conclu.

Plus tôt, la semaine dernière, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, avait promis d’intensifier l’aide aux rebelles armés en Syrie alors qu’il avait déjà insisté pour que la Grande-Bretagne agisse en dehors du cadre du Conseil sécurité de l’ONU.

6 août, 2012

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[Breaking News]

[Traduction Alexandre MOUMBARIS
[Correction Marie-José MOUMBARIS]

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Syrie – Russie

Syrie ou le message d’un missile russe…

par Dr Amin Hoteit

Il est désormais certain que la dite «crise syrienne», qui dès le départ nous a paru être une guerre mondiale contre la Syrie, est devenue un problème universel autour duquel le monde s’est divisé en deux camps: le camp occidental qui a planifié, commandité, et dirigé l’agression par des mercenaires arabes ou régionaux, du moins jusqu’ici; et le camp adverse qui s’est coalisé par la force de ses propres objectifs stratégiques.

Ce dernier a formé un groupe international qui considère que la réussite des projets de l’Occident en Syrie signifierait la chute de toute la région sous l’emprise d’un néo-colonialisme qui anéantirait toute velléité de liberté et d’indépendance. Le conflit est donc clair entre un agresseur aux ordres des é-U et un défenseur qui s’organise par une distribution coordonnée des rôles à chacun des membres de son organisation stratégique, en fonction de leur capacité et de leur efficacité à repousser l’agression.

1. Plus le temps passe et plus les constantes de cette confrontation deviennent évidentes. Au terme d’un peu plus de quinze mois, elles peuvent être résumées comme suit:

1.1. Les capacités de défense des défenseurs sont supérieures aux capacités d’attaque des agresseurs. En effet, compte tenu du potentiel de chacun des deux camps, le succès du camp agresseur pour atteindre ses objectifs en Syrie et redessiner la région de telle sorte qu’elle puisse se conformer aux intérêts des États-Unis et du sionisme, est devenu impossible. Par conséquent, entendre le camp des agresseurs répéter à l’envi: «Le président syrien doit s’en aller»…«Il faut qu’il cède le pouvoir à un gouvernement civil de transition»… «Il faut une transition pacifique du pouvoir»… ne témoigne que du ridicule et de l’ironie de la situation; parce qu’il se comporte en vainqueur alors qu’il est vaincu et que, jusqu’à présent, son agression ne lui a rapporté que ses propres crimes qui ont coûté la vie à des Syriens innocents…à moins qu’il ne considère la criminalité comme une victoire!

1.2. La désintégration et l’affaissement du système des agresseurs alors que la cohésion du système des défenseurs parait de plus en plus solide, chacun de ses membres estimant que la question syrienne le concerne directement; ce qui explique leurs prises de position de plus en plus fermes contre toute atteinte ou intervention étrangère en Syrie et sous n’importe quel prétexte qui nécessiterait l’usage de la force, notamment par adoption d’une résolution en vertu du Chapitre VII. Les É-U sont, peut-être, sur le point de comprendre cet état des choses, surtout depuis la dernière prise de position russe. Seuls les «ourbans du pétrole» restent sourds devant l’évidence et refusent de comprendre. C’est pourquoi, avec le Secrétaire général [malencontreuse-ment dénommé «Al-Arabi»] de la Ligue pétrolière prétendument concernée par la «Cause arabe», ils persistent à tenter et à exiger que la «question syrienne» soit soumise au fameux Chapitre VII. Mais, en l’occurrence, leurs appels ne seront pas entendus à travers la porte définitivement scellée du Conseil de sécurité.

1.3. En plus de ce qui précède, il est important de constater que chacun de ces deux camps rassemble et exhibe ses forces dans le but de précipiter l’heure décisive et d’y mettre fin de manière à ce qu’elle lui soit favorable. En effet:

1.3.1. Le camp des agresseurs, comme nous l’avons précédemment écrit1, a organisé des manœuvres militaires de grande envergure en Jordanie sous la dénomination «le lion en alerte», après avoir recruté l’ensemble des forces qui pourraient jouer un rôle lors de sa future intervention militaire en Syrie. Il a très généreusement inondé sa prétendue «opposition syrienne» d’armes de toutes sortes, et de toutes technologies, pour assurer aux terroristes mercenaires qui lui sont inféodés les moyens de commettre leurs méfaits. Il a chargé les observateurs internationaux de recueillir les renseignements utiles et de mener l’enquête qui favoriserait son intervention militaire à venir. Il a décidé d’étrangler les médias syriens pour créer les conditions favorables à son opération militaire, qu’il suggère très proche avec ou sans résolution du Conseil de sécurité. Pour finir, voici que des manœuvres israéliennes se mettent en branle pour, dit-on, passer le message d’une attaque sur les bastions du Hezbollah!

1.3.2. Le camp des défenseurs, après avoir résisté en absorbant les chocs depuis le début de l’agression et après avoir laissé le temps à la Syrie pour qu’elle puisse réaliser ses réformes, se met lui aussi à rassembler et à exhiber ses forces pour renforcer sa défense et confirmer ses acquis. Ainsi, et suite au succès des élections législatives syriennes, est venue la décision ferme et définitive de combattre le terrorisme sans relâche; suivi du «test surprise» correspondant au tir de missiles balistiques intercontinentaux russes2, lequel a semé la confusion dans le camp adverse qui a bien compris le sérieux du nouveau message militaire signifiant que les décisions politiques déclarées par Moscou, à l’intérieur et à l’extérieur du Conseil de sécurité, reposent sur une puissance militaire réelle et prête à intervenir en cas d’agression. Un projet de manœuvres militaires communes à quelques pays membres de cette organisation défensive n’a pas tardé à être envisagé. Quant au plan d’étranglement des médias syriens, il a échoué avant même sa mise à exécution par la prise de mesures adaptées aux circonstances et capables de protéger le droit de la Syrie à faire entendre sa vérité.

2. Dans ces conditions, la question qui se pose concerne le devenir de cette crise mondiale révélée par la soi-disant crise syrienne: le monde est-il à la veille d’une confrontation militaire globale, ou bien, est ce que ces démonstrations de force ne sont là que pour servir d’atouts lors de futures négociations? Or, en matière de guerres, il est raisonnablement impossible de lancer une attaque avant de s’assurer de deux éléments: le premier correspond à la possibilité de réaliser l’exploit escompté tout en amenant l’adversaire à l’effondrement ou à une sorte de dépression ou d’égarement; le second correspond à la capacité à transformer une victoire militaire en victoire politique qui puisse permettre d’ancrer, de conserver et d’exploiter la victoire. Dans certains cas, un troisième élément est à prendre en compte et correspond à ce que l’attaquant peut supporter comme pertes potentielles suite à la confrontation. Si nous appliquons ces règles immuables au camp des agresseurs, nous constatons que:

2.1. Dans le domaine de la guerre conventionnelle, les forces militaires essentielles à ce camp [l’OTAN] sortent de deux décennies décevantes qui ont épuisé leur économie au point qu’elles ne peuvent envisager une nouvelle guerre, alors que le camp adverse a des capacités militaires défensives qu’il leur serait extrêmement difficile de vaincre; ce qui nous amène à laisser tomber l’éventualité d’une intervention militaire justifiée ou non par une résolution du Conseil de sécurité.

2.2. Dans le domaine de la guérilla et des opérations terroristes en cours, alimentées et dirigées par le camp des agresseurs qui poussent à l’escalade des violences et à leur généralisation à tout le territoire syrien et notamment aux grandes villes [Damas et Alep], le battage médiatique et les possibilités des agresseurs sont en deçà du seuil nécessaire à la réalisation de leur projet. En revanche, il est désormais très clair que la prochaine étape de la lutte contre ce terrorisme sera différente des précédentes, notamment parce que depuis la formation du nouveau gouvernement issu d’élections parlementaires libres il ne sera plus question d’opposer des lignes rouges infranchissables aux forces militaires syriennes et de les empêcher de faire ce qui doit être fait. Il ne sera plus possible au terrorisme médiatique et aux politiques du camp des agresseurs, qui sont derrière les massacres, de continuer leurs frauduleuses campagnes accusant l’État syrien de leurs propres crimes. Il ne sera plus acceptable que la mission des observateurs internationaux serve à intensifier les opérations criminelles, mission désormais sujette à caution vu ses manquements volontaires ou involontaires à dire la vérité!

2.3. Quant au reste, il nous suffit de rappeler l’impossibilité pour Israël de mettre en place une organisation défensive qui protégerait son front intérieur. Il brûle d’impatience pour attaquer l’Iran en plus de toutes les menaces qu’il ne cesse d’alimenter contre son programme nucléaire. Ce simple rappel suffit pour comprendre que le camp des agresseurs est incapable de supporter la réaction possible à son agression.

3. Par conséquent, nous pouvons déduire que la guerre militaire contre la Syrie est très peu probable; que la guerre terroriste ne permettra pas à l’agresseur d’atteindre ses objectifs mais, qu’au contraire, elle lui imposera des pertes qui l’useront même si cela doit prendre un certain temps. À ce stade, nous pouvons revenir à la question posée plus haut: pourquoi un tel rassemblement des forces?

À notre avis la réponse réside dans le fait que le camp agresseur, qui a constaté son échec, sait que la seule issue qui lui reste passe par une solution négociée et pacifique, mais il sait aussi que celui qui s’installe à la table des négociations ne reçoit qu’une part proportionnelle à ce qu’il a acquis sur le terrain et aux cartes qu’il tient dans sa main; ce qui explique qu’il tente d’en rassembler un maximum pour que sa défaite devienne tolérable, maintenant que sa victoire en Syrie est entrée dans le domaine de la fiction et que la Russie a lancé ses invitations aux négociations selon un code compréhensible par toute personne qui connait le protocole: un missile qui lève les doutes, dissipe les délires, et ouvre la voie à la paix! Ainsi, le Président Bachar Al-Assad aura offert à son père l’équilibre stratégique pour lequel il a toujours œuvré et dont il a toujours rêvé, en commémoration du dixième anniversaire de sa mort.

11/06/2012

[Source, en arabe:www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/amine-hoteit-hh-3403.htm,
Traduction Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca]

Notes

1 Syrie: Manœuvres militaires en Jordanie…simple message ou signes avant-coureurs d’une opération militaire conjointe de 19 pays
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31016
2 Missile balistique nucléaire intercontinentale Russe, 
http://www.youtube.com/watch?v=z_DSoDapBSk

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Syrie

Nouvelle association Staline

Critique de la déclaration commune
des Partis maoïstes de France et d’Italie: 
La lutte entre les anciens et les nouveaux impérialistes en Syrie»

La guerre d’agression non-déclarée des impérialistes occidentaux contre la Syrie, s’inscrit dans le cadre des contradictions antagoniques inter-impérialistes, elle vise dans ce cas avant tout à asservir la Syrie puis s’attaquer à l’Iran et d’encercler la Russie et la Chine.

Les rapports des «anciens» et des «nouveaux» impérialistes vis-à-vis de la Syrie, contrairement à ce que soutient la déclaration, ne sont pas identiques. Les impérialistes dits «nouveaux» ce différencient des «anciens», parce qu’ils assistent la Syrie – même si ce n’était qu’au Conseil de Sécurité – à défendre son territoire et sa souveraineté. Donc quels que soient leurs objectifs futurs, dans la conjoncture présente ils agissent en protecteurs de la Syrie. C’est une distinction capitale que la déclaration, trop complaisante face aux affirmations des media bourgeois, omet de constater.

La préparation par les impérialistes occidentaux et leurs vassaux féodaux arabes, de la «révolte syrienne», d’abord médiatique et puis armée, similaire à celles de la Yougoslavie, de l’Irak et de la Libye, avait été signalée et dénoncée plusieurs semaines ou mois avant son déclanchement. Elle avait précédé et non pas suivi les «révoltes populaires». Par conséquent l’insistance de la déclaration sur le terme «révoltes populaires» pour décrire les agressions et les ingérences impérialistes, est intellectuellement offensante et travestit la réalité.

Dans le cinquième paragraphe, la déclaration, s’aligne, une fois de plus, sur les impérialistes alors qu’ils fomentent une «ingérence humanitaire» contre le pouvoir en place que la déclaration décrit comme des «tyrans et des massacreurs». Celle dernière traite négativement toute aide que pourrait fournir un pays impérialiste à un pays victime et adopte à chaque fois une position neutre devant les agressions des impérialistes occidentaux. La position des Partis maoïstes de France et d’Italie est curieuse lorsqu’ils disent: «…nous ne pouvons soutenir les guerres menées par les impérialistes contre les peuples», c’est-à-dire qu’ils préconisent des positions d’attente, de laisser faire, alors qu’ils devraient, qu’il est impératif non seulement de ne pas les soutenir mais de lescondamner et aussi de s’y opposer!!! C’est encore une fois une position neutre, attentiste, opportuniste qui conforte les positions des agresseurs impérialistes!!! Plus loin il est dit «ni ne devons soutenir notre bourgeoisie impérialiste contre un autre pays impérialiste». Pourquoi pas? quand il est nécessaire, comme l’URSS lors de la Seconde Guerre mondiale, de s’allier avec un camp impérialiste contre un autre.

Puis ce dernier paragraphe insidieux et ridicule:

«Il est donc nécessaire de s’opposer au régime soutenu par les puissances impérialistes montantes ainsi qu’à toute intervention de l’OTAN qui n’a pour objectif que d’assoir la mainmise des impérialistes occidentaux au Proche-Orient»

Alors que Hannibal ad portas! (Hannibal est aux portes) ils considèrent nécessaire d’agir comme des cinquièmes colonnes, contre les forces armées de leur patrie. Est-il du tout crédible que la «révolte populaire» sur laquelle ils comptent, soit capable, après la défaite du régime au pouvoir, de combattre et d’expulser l’envahisseur!!!

Loin de vouloir être plus maoïste que les maoïstes, les positions des Partis maoïstes de France et d’Italie, semblent bien diverger de celle de Mao Zedong qui en 1937 s’était allié avec le Kuonmintang et ce grand ami de l’occident, Tchang Kaï-Chek contre l’envahisseur japonais.

Il est consternant de voir les Partis maoïstes de France et d’Italie adopter des positions similaires sinon pires que celles de certains partis, réformistes, trotskistes ou même dits «pro-albanais», qui avec des «analyses» et des intentions impeccablement «révolutionnaires», s’arrangent constamment pour se ranger sur les positions des impérialistes occidentaux et leurs auxiliaires féodaux arabes, contre «des dictateurs» devenus les cibles du moment, comme Milosevic, Kadhafi, Bachar al Assad. Cela a pour effet de désamorcer non seulement l’indignation de l’opinion publique mais aussi de démobiliser les communistes. Voir des partis communistes s’aligner «indignement» sur les mêmes positions que les criminels de guerre, tortionnaires et massacreurs que sont les impérialistes occidentaux, conduit à conclure que ce syndrome est trop fréquent pour qu’il soit fortuit, innocent ou le résultat d’une erreur de logique, d’un manque d’information, de naïveté,…. Serait-ce la conséquence d’un affaiblissement de conviction, de manque de courage, de fuite ou de soumission timorée devant l’offensive médiatique de l’impérialisme….ou doit-on aller encore plus loin?

Conclusion

Le problème se poserait ainsi: La contradiction antagonique entre la bourgeoisie et le prolétariat est très importante mais elle n’est pas la seule, il y en a d’autres, plus ou moins importantes et qui peuvent «s’entremêler».

En ce qui concerne la Syrie, comme c’était le cas pour l’Iraq et la Lybie, il faut prendre en considération de quelle manière ses habitants, dont le prolétariat, les classes populaires…, sont affectés, par le changement de leur régime politique en colonie, la transformation de citoyens en colonisés, avec toutes les conséquences, économiques, sociales, culturelles…. la perte de dignité qu’accompagnent cette forme de domination et qui implique forcement une importante aggravation de l’exploitation des travailleurs, le pillage, la répression…

Suite aux récents événements nous pouvons poser quelques questions:

– Où en sont les Irakiens après l’instauration de la «démocratie étasunienne»; vivent-ils mieux qu’au temps du régime Baath?

– Où en sont les Libyens après l’intervention «humanitaire» otanienne; vivent-ils mieux qu’au temps de la Jamahiriya?

– Où en sont les Kosovars et les l’ex-Yougoslaves après l’intervention occidentale; vivent-ils mieux maintenant qu’à l’époque de Milosevic?

Face à ces guerres d’agression, pour éviter l’asservissement, ces peuples avaient tout intérêt à se battre en tant que citoyens, en tant que communistes, en tant qu’hommes et femmes, contre la barbarie et les catastrophes qui les accompagnaient, même avec l’assistance d’autres impérialistes, à tout faire pour conserver l’indépendance nationale.

Les communistes, avant d’être des travailleurs, avant d’être citoyens, avant qu’ils fassent partie de la classe ouvrière ou qu’ils aient adopté une position politique ouvrière, sont des femmes et des hommes motivés par des sentiments de solidarité et de sympathie envers l’humanité.

pour le Bureau de l’Association,
Alexandre MOUMBARIS

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Syrie

Déclaration commune des Partis maoïstes de France et d’Italie

La lutte entre les anciens
et les nouveaux impérialistes en Syrie

En cette période de crise mondiale, les contradictions entre les pays impérialistes occidentaux et les puissances impérialistes montantes comme la Russie et la Chine s’exacerbent. Il s’agit pour chaque partie de consolider des positions stratégiques, d’en conquérir de nouvelles, de conserver ou arracher par tous les moyens de nouveaux contrats commerciaux dont les plus juteux sont l’exploitation des ressources naturelles et des terres agricoles au détriment des producteurs, et les ventes d’armes.

Dans les pays dominés par l’impérialisme, certains «chiens de garde» d’aujourd’hui se sont imposés d’une façon légitime en dirigeant la lutte de libération nationale dans leur pays. Ils ont ensuite passé des accords avec les impérialistes et se sont érigés en dictateur contre leur peuple, en éliminant toute opposition, en particulier l’opposition communiste ou progressiste. D’autres ont renversés leurs rivaux soutenus par un ou plusieurs impérialistes, aidés en sous-main par des impérialistes rivaux. Il en a été ainsi dans quasiment toutes les anciennes colonies ou les territoires sous-mandats, comme la Syrie.

Dans ce pays, devant la montée de la contestation populaire contre la misère et la dictature, les impérialistes occidentaux manœuvrent en s’abritant sous le drapeau de la démocratie bourgeoise pour maintenir leur politique impérialiste et faire dévier le mécontentement et les révoltes populaires. Les impérialistes s’appuient notamment sur les classes dirigeantes ayant pris la tête du mouvement de masse opposé à l’ancien dictateur – qui se défendra jusqu’au bout en massacrant le peuple. Les manœuvres des impérialistes consistent à s’appuyer sur une clique contre une autre pour garantir la continuité de leurs intérêts tout en contenant et en éteignant les révoltes afin qu’elles ne se transforment pas en Révolution.

Les impérialistes veulent gagner, conserver et étendre le contrôle stratégique et économique des pays en révolte et souhaitent reprendre la main par l’instauration d’une nouvelle équipe qui leur soit favorable (les nouveaux «chiens de garde»). C’est pourquoi ils préconisent l’intervention humanitaire, aidés par les nouveaux philosophes réactionnaires du type BHL, au nom du «droit d’ingérence humanitaire» comme ils l’ont fait au cours du démantèlement programmé de l’ex-Yougoslavie et plus récemment en Lybie, quitte à favoriser des cliques réactionnaires qu’ils combattront plus tard.

Nous devons dénoncer les tyrans et les massacreurs, mais on ne peut pas s’appuyer sur un impérialisme contre un autre, soutenir les manœuvres des uns et des autres, pas plus que nous ne pouvons soutenir les guerres menées par les impérialistes contre les peuples, ni ne devons soutenir notre bourgeoisie impérialiste contre un autre pays impérialiste (ou vice-versa). Nous devons profiter de l’affaiblissement de nos bourgeoisies respectives pour développer les forces révolutionnaires dans l’objectif de la révolution prolétarienne, comme ce fut le cas en Russie en 1917.

Les masses populaires ont raison de se révolter contre la misère et les oppresseurs, mais sans Parti révolutionnaire, il est impossible de chasser l’impérialisme et les classes dirigeantes qui partagent le gâteau avec eux sur le dos du peuple travailleur.

Pour transformer la révolte et franchir toutes les étapes du processus révolutionnaire jusqu’à la victoire, un Parti révolutionnaire maoïste est nécessaire, dont la stratégie est la prise du pouvoir pour en finir avec l’exploitation impérialiste et capitaliste. Le Parti n’est pas suffisant, il faut aussi un front uni regroupant toutes les couches populaires, quelque soit leurs religions ou philosophies, leurs coutumes et leur histoire, contre les forces de la réaction et de l’impérialisme, ainsi qu’une armée populaire de libération. Ce sont les trois instruments indispensables à toute révolution.

Quoiqu’il se passe en Syrie, les révolutionnaires, les progressistes, les démocrates doivent soutenir la révolte du peuple et l’aider à s’organiser de manière autonome de l’une ou l’autre clique pro-impérialiste dans l’objectif de la révolution de nouvelle démocratie anti-impérialiste et antisioniste [que vient faire ici l’antisionisme ??? – NdlR]en direction du socialisme et du communisme.

Il est donc nécessaire de s’opposer au régime soutenu par les puissances impérialistes montantes ainsi qu’à toute intervention de l’OTAN qui n’a pour objectif que d’assoir la mainmise des impérialistes occidentaux au Proche-Orient.

Vive la lutte du peuple syrien pour son émancipation !

A bas les cliques réactionnaires alliées aux anciens ou nouveaux impérialistes !

A bas l’intervention des impérialistes en Syrie !

Vive la guerre populaire des peuples du monde contre l’impérialisme et toutes les forces de la réaction !

PC maoïste de France
PC maoïste – Italie
8 juin 2012

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Syrie

Syrie: la Bataille d’Alep stratégiquement différente de celle de Damas, mais significativement identique!

par Docteur Amin Hoteit

Désormais, il est certain que la bataille d’Alep ne se conclura pas en faveur de «l’Axe agresseur de la Syrie» et ce, en dépit de tous les moyens réunis, de toutes les énergies mobilisées, et de tous les objectifs invoqués… Mais avant de passer en revue les principales raisons qui ont conduit à cette certitude, nous nous devons de rappeler l’extraordinaire violence de l’attaque menée contre ce pays!

En termes de moyens, nous savons que le «Haut commandement des agresseurs» a mobilisé plus de 12.000 combattants armés de diverses nationalités: des syriens certes, mais aussi des arabes musulmans venus de tous les horizons! Nous savons aussi qu’il leur a alloué ses «Experts de l’OTAN» chargés d’exercer leurs talents dans deux domaines à la fois: celui de la supervision directe des insurgés en tant que conseillers pour leurs opérations terroristes à l’intérieur des frontières syriennes, et celui de la centralisation de l’ensemble des plans d’attaque au niveau d’une «Salle des opérations» située non loin de la frontière syrienne, à Adana en Turquie, pour contrôler le cours des événements et, le moment venu, exploiter le succès ou parer à l’échec! De plus, ces «forces attaquantes» ont été dotées d’armes, de munitions, et de matériels ultrasophistiqués pour élever leur moral et leur niveau de combat, parallèlement à une intense guerre psychologique censée atteindre le peuple syrien, son armée, et son gouvernement.

Le plan d’attaque d’Alep a été minutieusement planifié et ses concepteurs étaient persuadés de son inévitable succès… en deux temps! En effet, ils espéraient qu’une fois que les attaquants auraient atteint le cœur de la ville, ils pourraient se répandre dans tous les quartiers et prendre d’assaut les bâtiments officiels dans un délai de 5 jours maximum. Pour cela, ils ont cru pouvoir compter sur les facteurs suivants:

1. La proximité d’Alep de la frontière turque ainsi que la présence d’un très grand nombre de combattants dépêchés dans sa proche campagne; censées assurer des voies d’approvisionnement indéfiniment ouvertes pour nourrir la bataille en combattants, armes, équipements…

2. La non disponibilité de l’Armée syrienne occupée ailleurs, notamment autour de la bataille de Damas ainsi qu’autour des séquelles de celles de Homs et de Darra, et qui ne serait donc pas en mesure de recruter en 5 jours seulement les forces armées nécessaires à une contre offensive efficace pour protéger Alep contre «l’Armée Libre du Terrorisme US» forte de ses milliers de mercenaires égarés ou criminels; pari tenu par le «Haut commandement des agresseurs» qui avait constaté que les unités de combat syriennes destinées à protéger le territoire syrien contre une agression israélienne n’avaient pas bougé malgré toutes les pressions exercées contre l’État syrien, qui a effectivement refusé de tomber dans le piège.

3. La volonté de vengeance et la peur de l’avenir des insurgés qui les pousseraient à un combat à mort, à vaincre ou mourir; un état d’esprit qui a vite gagné l’ensemble de tous ces combattants sur le terrain, de leurs donneurs d’ordre, et d’autres plus hauts placés encore!

Mais des différences entre la Bataille de Damas et la Bataille d’Alep existent, et expliquent pourquoi l’agresseur a pu échapper à la force de l’État dans le second cas, contrairement au premier. En effet, à Damas:

1. Les forces militaires étaient sur place et ont pu remédier à la situation dans un bref délai… Les prises de décision et la réponse à l’attaque ont été rapides au point qu’elles ont choqué et carrément démoralisé les combattants armés.

2. Les opérations de défense se sont déroulées dans une ambiance de rejet psychologique et moral de l’attentat terroriste qui a coûté la vie à quatre dirigeants de la cellule syrienne de gestion de crise.

3. La géographie des quartiers ciblés n’a pas permis aux terroristes de tirer parti des techniques de guérilla urbaine; ce qui a fait que l’armée a pu user de sa force militaire sans trop de risques et surtout sans faire subir de trop graves dommages aux civils innocents. Ceci explique pourquoi, à Alep, les gangs armés ont commencé par se rassembler dans les vieux quartiers historiques, densément peuplés, et y ont pris les citoyens comme boucliers humains… C’était là le meilleur moyen pour paralyser l’État et l’empêcher d’appliquer les techniques mises en œuvre à Damas…

Mais en dépit de la considérable mobilisation des agresseurs, et malgré toutes les leçons et bénéfices qu’ils ont tirés de la Bataille de Damas, il semble que les résultats de la Bataille d’Alep soient désormais réglés à l’avantage de l’état Syrien; ce qui ne nous dispense pas d’en considérer deux éléments non négligeables: la durée et le coût. En termes de durée, il est certain que l’État ne tombera pas dans le piège du «feu dévastateur» et n’appliquera pas une telle stratégie, certes rapide, mais qui provoquerait de lourdes pertes humaines et financières. Il a plutôt recours à une «stratégie de confinement et de grignotage progressif» des cellules terroristes, les unes après les autres, en cherchant à ne pas affecter les citoyens assiégés par le feu des terroristes. Quant au coût de la bataille, il ne peut être ignoré, ni en nombre de soldats et de civils susceptibles de tomber encore, ni en pertes financières dans un tel environnement où le cycle économique est nécessairement perturbé.

Cependant, comme nous l’avons dit, les résultats de la Bataille d’Alep sont désormais en faveur de l’État Syrien. Ceci sur la base d’observations faites sur le terrain et sur de nouveaux éléments spécifiques que nous pouvons résumer comme suit:

1. L’efficacité des forces stationnées dans Alep et ses environs, à absorber le premier temps de l’attaque et à confiner les attaquants dans un espace ne dépassant un sixième de la surface totale (5 districts sur 29), avant l’arrivée des renforts nécessaires pour la bataille décisive.

2. La capacité des autorités syriennes à mobiliser et à renforcer les forces stationnées à Alep par des unités de combat suffisamment souples pour appliquer la «stratégie de grignotage progressif», associées à des unités de défense contre le tir nourri des agresseurs.

3. La participation des habitants, sous une forme ou une autre, à l’opération défensive de la ville; ce qui a bien démontré que l’attaquant était le véritable agresseur venu pour occuper la région… et là… la réaction de la population a été fabuleuse, privant à jamais les terroristes de l’environnement accueillant tant espéré, malgré toutes les séductions et intimidations qui les ont précédés. Bien sûr, nous n’ignorons pas l’existence de groupes qui ont collaboré avec ces soi-disant insurgés armés, mais leur impact est resté limité en nombre, en force et en efficacité.

4. Le déséquilibre manifeste entre les forces terroristes attaquantes, et les forces militaires défensives; un constat qui a conduit les dirigeants de l’axe d’agression à craindre puis à prévenir d’un «massacre» qui pourrait anéantir leurs attaquants dans un combat inégal avec les forces de l’ordre décidées, coûte que coûte, à les refouler hors d’Alep!

Tels sont les faits qui ont marqué la Bataille d’Alep et ses conséquences. Tout autant que leurs donneurs d’ordre, les terroristes sont donc désormais parfaitement conscients de leur incapacité à occuper Alep et à y installer leur pouvoir. C’est pourquoi ils ont adopté une nouvelle approche, celle qui leur ferait gagner du temps et surtout leur éviterait un effondrement trop rapide; alors qu’il est évident que le gouvernement syrien a la capacité suffisante et la ferme volonté de purger la ville du terrorisme… Ce n’est qu’une question de temps… L’adoption de stratégies différentes pour Damas et Alep témoigne du professionnalisme et des précautions adoptées par les autorités syriennes pour lesquelles vitesse n’est pas précipitation, et patience n’est pas négligence!

03/08/2012

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[Source: Mondialisation.ca]
[Traduction Mouna 
Alno-Nakhal]

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Un général de l’armée turque arrêté à Alep

Téhéran (FNA) – L’armée syrienne a annoncé qu’elle avait récemment arrêté un général turc qui commandait les terroristes qui tentent de prendre le contrôle d’Alep.

Selon une source syrienne bien informée, le général turc a été arrêté à Alep au cours d’affrontements entre l’armée syrienne et les terroristes.

Selon des rapports de la presse, le général turc a été transféré à Damas pour y être davantage interrogé.

Plus tôt, les médias turcs avaient également signalé que la Syrie avait arrêté, dans différentes parties du pays, une quarantaine d’officiers de l’armée turque, et que tous les efforts pour les libérer avaient échoué.

La Turquie avec les États-Unis, l’Arabie saoudite et le Qatar soutiennent les terroristes et les groupes rebelles en Syrie pour tenter de faire tomber le gouvernement syrien du président Assad, et ont pratiquement fait échouer l’initiative de paix des Nations Unies.

La Syrie a connu des troubles depuis Mars 2011 avec les attaques organisées par des bandes bien armées contre les forces de police et les gardes-frontières syriens à travers le pays.

Des centaines de personnes, y compris des membres des forces de sécurité, ont été tués, alors que certains rassemblements de protestation pacifiques ont été transformés en affrontements armés.

Le gouvernement accuse des hors la loi, des saboteurs et des groupes terroristes armés pour ces décès, soulignant que les troubles avaient été orchestrés de l’étranger.

En Octobre 2011, le calme avait finalement été restauré dans l’état arabe après que le président Assad ait lancé une initiative de réforme dans le pays, mais Israël, les États-Unis et ses alliés arabes cherchent par tous les moyens d’entrainer le pays dans le chaos. Tel-Aviv, Washington et certaines capitales arabes ont organisé différentes conspirations dans l’espoir que s’accroissent les troubles en Syrie.

Dimanche 5 août 2012

Agence de presse Fars

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[Traduction Alexandre MPOUMBARIS]
[Correction Marie-José MOUMBARIS]

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États-Unis

Effondrement en vue

par Paul Craig ROBERTS

Le 5 juin 2012, «Information Clearing House» – Depuis le début de la crise financière et l’assouplissement quantitatif 1 la question se posait déjà à nous: Comment la Réserve fédérale (Fed) peut-elle maintenir des taux d’intérêt à zéro pour les banques et des taux négatifs pour les épargnants et les détenteurs d’obligations, alors que le gouvernement des États-Unis ajoute tous les ans $1.500 milliards à la dette publique par le biais des déficits budgétaires? Il n’y a pas si longtemps la Fed avait annoncé qu’elle poursuivrait cette politique pour encore deux ou trois ans. En effet la Fed est coincée dans cette politique. Sans les taux d’intérêt artificiellement bas, le service de la dette publique aurait été si important que des questions se soulèveraient à propos de la notation du Trésor (étasunien) et de la viabilité du dollar, ce qui aurait un effet désastreux pour les swaps de taux d’intérêt (IRSwaps)2 qui s’élèvent à des milliers de milliards de dollars, ainsi que d’autres produits dérivés.

Autrement dit, la dérégulation financière qui a conduit Wall Street aux jeux du hasard, la décision du gouvernement des États-Unis de renflouer les banques pour qu’elles ne sombrent pas, et la politique hasardeuse de taux d’intérêt zéro de la Réserve fédérale ont mis dans une position intenable et dangereuse l’avenir des États-Unis et sa monnaie. Il ne sera pas possible de continuer à inonder les marchés avec des émissions de $1.500 milliards tous les ans, alors que le taux d’intérêt des obligations est inférieur à celui de l’inflation. Tous ceux qui achètent des obligations du Trésor étasunien achètent un actif en dépréciation. De plus, le risque sur le capital quand on investi dans des obligations du Trésor est très grand. Le faible taux d’intérêt signifie que le prix payé pour l’achat d’obligations est trop élevé. Une augmentation des taux d’intérêt, qui adviendra obligatoirement tôt ou tard, causera l’effondrement du prix des obligations et infligera des pertes de capitaux aux détenteurs d’obligations, tant aux États-Unis qu’à l’étranger.

La question est: Cela arrivera-t-il, plus tôt ou plus tard? Le but de cet article est d’examiner cette question.

Nous allons commencer par répondre à la question: Comment se fait-il qu’une position si intenable puisse durer si longtemps?

Un certain nombre de facteurs contribuent à la stabilité du dollar et du marché des obligations. Un facteur très important est la situation en Europe. Là aussi il y a des problèmes réels, et la presse financière tient à nous focaliser sur la Grèce, l’Europe et l’euro. Est-ce que la Grèce sera exclue de l’Europe? Le problème de la dette souveraine s’étendra-t-il à l’Espagne, l’Italie et essentiellement partout sauf à l’Allemagne et aux Pays Bas? Est-ce la fin de l’Union européenne et de l’euro? Ce sont ces questions très dramatiques qui retiennent l’attention pour ainsi voiler la situation des États-Unis qui est probablement, pire.

Le marché des obligations du Trésor étatsunien est aussi aidé par la peur des investisseurs individuels du marché des titres transformé en casino de jeux par les opérations de haute fréquence.

Les opérations de haute fréquence sont une forme d’opération électronique dont les décisions sont prises par des modèles mathématiques. Les sociétés d’investissement se font concurrence sur la base de la vitesse, capturant des bénéfices sur une fraction de centime et gardant des positions pour seulement quelques secondes. Ce ne sont pas des investisseurs à long terme. Satisfait de leurs gains journaliers, ils couvrent toutes leurs positions à la fin de la journée.

Les opérations de haute fréquence comptent pour 70-80% de toutes les opérations sur titres. La conséquence est désolante pour les investisseurs traditionnels qui quittent le marché des titres. Ils finissent par se rabattre surles obligations du Trésor parce qu’ils sont incertains de la solvabilité des banques qui paient quasiment rien pour leurs dépôts alors que les obligations du Trésor sur dix ans rapportent 2% de leur valeur nominale, ce qui veut dire, sur la base du taux officiel des prix à la consommation, qu’ils perdent 1% de leur capital chaque année. Toutefois, en utilisant la formule correcte de l’inflation de John Williams (shadowstats.com), ils perdent beaucoup plus. Cela étant dit c’est 2 points de moins que s’ils laissaient leurs capitaux en banque, mais contrairement à celle-ci la Réserve fédérale peut faire imprimer de la monnaie pour payer leurs obligations. Par conséquent, investir en obligations rapporte au moins leur valeur nominale même si leur valeur réelle est bien inférieure. [Pour l’explication des opérations à haute fréquence voir: en.wikipedia.org/wiki/High_fre quency_trading].

Les médias «pressetitués» financiers nous disent que les fonds provenant du désengagement de la dette souveraine européenne, de l’euro condamné et du persistant désastre immobilier, s’investissent dans des obligations du Trésor étasunien, financent le déficit annuel de $1.500 milliards de Washington. Des investisseurs sous influence de la presse financière pourraient bien réagir ainsi. Une autre explication pour la stabilité de cette politique intenable de la Fed est la collusion entre la Fed, Washington et Wall Street. Examinons cela au fur et à mesure que nous progressons.

Contrairement au Japon, dont la dette publique est la plus importante de tous, mais qui appartient à ses citoyens, les étasuniens ne possèdent pas la leur. Une grande partie de la dette étasunienne appartient à l’étranger, particulièrement à la Chine, au Japon et aux pays de l’OPEP. Cela met l’économie des États-Unis entre des mains étrangères. Si par exemple la Chine se voyait indûment provoquée par Washington, elle pourrait déverser jusqu’à $2.000 milliards en actifs sur les marchés mondiaux. Toutes sortes de prix s’effondreraient, et laFed aurait l’urgent besoin de créer des dollars pour racheter les instruments financiers largués par la Chine.

Les dollars imprimés pour l’achat de ces actifs en dollars augmenteraient leur offre sur le marché de devises et en feraient chuter la parité du dollar. La Fed, en manque de devises étrangères pour racheter ces dollars devra faire appel à des swaps avec l’Europe (déjà perturbée par ses dettes souveraines) pour des euros; avec la Russie (assiégée par le système de missiles étasunien) pour des roubles; avec le Japon (pays submergé dans ses engagements envers les États-Unis) pour des yens, de manière à acheter des dollars avec des euros, des roubles et des yens.

Ces swaps de devises resteraient sur les registres de comptabilité de manière permanente et vouloir répéter ces opérations deviendrait problématique. En d’autres termes, même si le gouvernement étasunien met la pression sur ses alliés et ses pantins pour swapper leurs devises plus fortes contre des dollars étasuniens en dépréciation, ce n’est pas un processus à répétition. Les pays composant l’Empire étasunien, pas plus que les pays de la BRICS, ne veulent garder des dollars.

Cependant, pour la Chine par exemple, larguer tout d’un coup ses actifs en dollars lui serait couteux compte tenu qu’ils se déprécieraient au fur et à mesure que l’offre s’accentuerait. À moins que la Chine ne subisse une attaque militaire étasunienne et qu’elle ait besoin d’affaiblir son adversaire, tel un acteur économique rationnel elle préférera sortir du dollar graduellement. Ni le Japon, ni l’Europe, ni l’OPEP ne souhaitent détruire leurs propres avoirs en dollars – résultat de déficits accumulés de leurs échanges avec les États-Unis – en les larguant. Mais les indications vont dans le sens qu’ils veulent tous s’en débarrasser.

Contrairement à la presse financière étasunienne, les étrangers détenteurs d’actifs en dollars examinent le budget annuel des États-Unis, ainsi que son déficit du commerce extérieur, regardent l’économie étasunienne en train de sombrer, constatent les dettes de jeu impayées de Wall Street, voient les plans de guerre de«l’hégémon»3 délirant et concluent: «Je dois très délicatement sortir de ce merdier».

Les banques étasuniennes ont un fort intérêt à préserver le statu quo. Elles sont détentrices d’obligations du Trésor étasunien et potentiellement d’avantage. Elles empruntent auprès de la Réserve fédérale à taux d’intérêt zéro et achètent des obligations du Trésor à échéance de dix ans au taux de 2%, acquérant ainsi un profit nominal de 2% pour couvrir les pertes sur leurs produits dérivés. Les banques peuvent emprunter des dollars à laFed gratuitement et les utiliser, par le système multiplicateur de levier, pour l’achat des produits dérivés. Comme le dit Nomi Prins, les banques étasuniennes ne veulent pas opérer contre elles-mêmes et leur fourniture gratuite de financement en vendant leurs actifs en obligations. De plus, dans l’éventualité d’une fuite du dollar, la Fed augmentera la demande étrangère de dollars en demandant aux banques étrangères qui veulent opérer aux États-Unis d’augmenter leurs fonds propres, qui sont basés sur le dollar.

Je pourrais continuer, mais je crois que cela est suffisant pour montrer que même les acteurs dans ce processus, qui seraient en mesure de l’arrêter, ont un grand intérêt à ne pas faire de vagues et préfèrent tranquillement et subrepticement se dessaisir de leurs dollars avant que la crise ne les rattrape. Il n’est pas possible de continuer indéfiniment ainsi. Le dessaisissement graduel du dollar cause des petits mais continuels déclins des valeurs en dollars ce qui finira par une bousculade à la sortie. Les étasuniens ne sont pas les seuls gens à entretenir des illusions.

Le processus-même de quitter le dollar peut causer l’effondrement de la maison de l’oncle Sam. Le BRICS: le Brésil (la plus grande économie d’Amérique du sud), la Russie nucléaire (avec une économie indépendante énergétique de laquelle l’Europe occidentale — les pantins otaniens de Washington — dépend pour ses besoins énergétiques), l’Inde nucléaire (un des deux géants économiques émergents d’Asie), la Chine nucléaire (le plus important créancier des États-Unis, hormis la Fed, fournisseur de produits manufacturés et de technologie avancée, et nouvel épouvantail pour la prochaine profitable guerre-froide du complexe militaro-sécuritaire) et l’Afrique du Sud (la plus importante économie d’Afrique) sont dans le processus de former une nouvelle banque. Cette nouvelle banque permettra aux cinq puissantes économies de commercer sans utiliser le dollar étasunien.

De surcroît, le Japon, un régime fantoche des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale, est sur le point de s’accorder avec la Chine, afin que le yen japonais et le yuan chinois soient directement échangeables. Le commerce entre les deux pays asiatiques s’effectuera dans leurs propres devises sans passer par le dollar. N’ayant pas à payer les commissions de change pour transformer des yens ou des yuans en dollars et inversement, diminuera le coût des transactions entre les deux pays.

L’explication officielle pour les nouvelles relations directes évitant le dollar étasunien n’est que de la parlotte diplomatique. Les Japonais espèrent, comme les Chinois, sortir de la spirale d’accumulation de dollars et d’avoir à conserver leurs excédents commerciaux en obligations du Trésor étasunien. Le gouvernement fantoche japonais espère que «l’hégémon» de Washington ne leur demandera pas de mettre fin à cet accord avec la Chine.

Maintenant nous sommes arrivés aux choses sérieuses. Le petit pourcentage d’étasuniens informés, sont déconcertés par la manière dont les «banksters» ont évité d’être poursuivis pour leurs crimes. La réponse pourrait être que les banques «trop grosses pour sombrer» sont des adjointes de Washington et de la Réserve fédérale dans le maintien de la stabilité du dollar et du marché des obligations du Trésor, par rapport à l’intenable politique de la Fed.

Voyons tout d’abord comment les grandes banques peuvent maintenir les taux d’intérêt des obligations plus bas que le taux de l’inflation, malgré l’augmentation constante de la dette étasunienne en termes de PNB – préservant ainsi la capacité du Trésor à les servir.

Les banques en péril, trop grosses pour couler, ont un immense intérêt à maintenir les taux bas et d’assurer le succès de la politique de la Fed. JPMorgan Chase et d’autres banques géantes peuvent faire baisser les taux d’intérêts du Trésor et de ce fait faire monter les prix des obligations, produisant un ralliement en vendant des swaps de taux d’intérêt.

Une société financière qui vend des IRSwaps vend un accord de payer un intérêt à taux variable contre un taux fixe. L’acheteur achète un accord qui lui demande de payer un taux d’intérêt fixe contre un taux variable.

La raison pour que le vendeur adopte la position courte du IRSwap, c’est-à-dire de payer un taux variable contre un taux fixe, est qu’il pense que les taux d’intérêt baisseront. Les ventes à découvert peuvent faire baisser les taux, ce qui a pour conséquence de faire monter le prix des obligations du Trésor. Quand cela arrive […] il y a un ralliement du marché des obligations du Trésor que les médias financiers «pressetitués» attribuent à la «fuite vers le havre de sûreté du dollar et des obligations du Trésor étasunien». En fait des preuves circonstanciées montrent que des swaps sont vendus par Wall Street chaque fois que la Réserve fédérale a besoin de prévenir la hausse des taux d’intérêt pour protéger sa politique autrement intenable. Les ventes de swaps créent l’impression d’une fuite vers le dollar sans que celle-ci ait lieu. Comme les IRSwaps ne requièrent pas d’échange ni d’un principal ni d’un avoir réel et ne sont que des paris sur les mouvements des taux d’intérêt, il n’y a pas de limite à leur volume.

Cette collusion apparente suggère à certains observateurs que la raison pour laquelle les «banksters» de Wall Street n’ont pas été poursuivis pour leur crimes est qu’ils sont une partie essentielle de la politique de la Réserve fédérale de préserver le dollar étasunien comme devise mondiale. Il est possible que la collusion entre la Réserve fédérale et les banques soit organisée, mais ce n’est pas obligé. Les banques sont bénéficiaires des taux d’intérêt zéro de la Fed. C’est dans leur intérêt de la soutenir. La collusion organisée n’est pas requise.

Tournons-nous maintenant vers le marché de l’or et de l’argent. Se basant sur une analyse experte, Gerard Celente et d’autres voyants doués prédirent que le prix de l’or allait atteindre, à la fin de l’année dernière, $2.000 l’once. Les cours de l’or et de l’argent en 2011 ont poursuivi leur ascension décennale sans que l’or ne dépasse les $1.900. En 2012 l’once d’or a perdu $350 par rapport à son plus haut niveau 2011.

Par rapport à l’analyse que j’ai présentée, quelle est l’explication pour cette chute des prix des métaux précieux? La réponse est la «vente à découvert». Il y a des connaisseurs dans le secteur financier qui croient que la Réserve fédérale (et peut-être aussi la Banque centrale européenne) fait des ventes à découvert d’or et d’argent par le biais des banques d’investissement, garantissant toute perte par un simple clic d’ordinateur. Les banques centrales peuvent créer de l’argent ex-nihilo.

Des initiés m’informent que ce n’est qu’un infime pourcentage des acheteurs de ventes à découvert qui réclame la livraison des métaux se contentant d’un arrangement financier. Il n’y a pas de limite au volume des ventes à découvert d’or et d’argent.

Certains qui ont pendant des années suivi le processus pensent que la vente à découvert dirigée par le gouvernement existe depuis longtemps. Même sans la participation du gouvernement, les banques peuvent contrôler le volume des transactions «papier» de l’or et profiter des variations qu’elles provoquent. Récemment les ventes à découvert ont été si agressives qu’elles ont, non seulement ralenti la hausse des prix de l’or et de l’argent, mais qu’elles les ont fait baisser. Cette agressivité est-elle un signe que ce système truqué est sur le point de se désagréger? En d’autres termes «notre gouvernement», sensé nous représenter plutôt que les puissants intérêts privés, dont les contributions à coups de millions de dollars aux campagnes électorales sont maintenant légitimés par la Cour suprême républicaine, fait de son mieux pour nous priver, nous, les simples citoyens, esclaves, serfs contractuels et «extrémistes indigènes» de notre capacité à nous protéger nous-mêmes ainsi que notre patrimoine restant, de la politique de débauche monétaire de la Réserve fédérale. La vente à découvert-nu empêche le prix de l’or et de l’argent physiques d’augmenter face à la hausse de la demande.

Jeff Nielson explique d’une autre manière la façon dont les banques peuvent vendre, sans en avoir, des métaux précieux [voir http://www.gold-eagle.com/editorials_08/nielson 1024 11 .html]. Nielson dit que JP Morgan est le dépositaire du plus important fonds d’argent à long terme tout en étant le plus important vendeur d’argent à court terme. À chaque fois que le fonds d’argent à long terme augmente, JP Morgan vend à découvert un montant équivalent. La vente à découvert freine la hausse du prix causé par la hausse de la demande pour l’argent physique. Nilson informe aussi que les prix des métaux précieux peuvent être réprimés par la hausse de la marge de dépôt exigé de ceux qui les achètent avec l’effet de levier. Il faut en conclure que les prix des métaux précieux peuvent être manipulés autant que les obligations du Trésor et les taux d’intérêt.

Combien de temps les manipulations pourraient-elles continuer? Combien de temps avant que la merde heurte le ventilateur?

Si nous en connaissions la date précise nous deviendrions des méga-millionnaires.

Voici quelques uns des catalyseurs qui attendent pour mettre le feu à la conflagration qui incendiera le marché des obligations du Trésor et le dollar étasunien:

Une guerre, exigée par le gouvernement israélien, commençant par la Syrie qui romprait le flux du pétrole et la stabilité des économies occidentales, entrainerait les États-Unis et ses faibles pantins de l’OTAN dans un conflit armé avec la Russie et la Chine. La hausse du prix du pétrole dégraderait davantage les économies des États-Unis et de l’Union européenne, mais Wall Street ferait de l’argent sur les échanges.

Une statistique économique défavorable qui éveille les investisseurs sur la vraie situation de l’économie étasunienne, une statistique que les media «pressetitués» ne peuvent conjurer.

Une vexation à la Chine, dont le gouvernement déciderait que rabaisser le statut des États-Unis à celui du Tiers-Monde vaudrait bien $1.000 milliards de dollars.

Davantage d’erreurs sur les produits dérivés, tel que récemment celles de JPMorgan Chase, ébranlerait à nouveau le système financier étatsunien et nous rappellerait que rien n’a changé.

La liste est longue. Il y a une limite sur le nombre d’erreurs stupides et des politiques financières corrompues que le reste du monde est prêt à accepter des US. Quand cette limite sera atteinte, ce sera fini pour «la seule superpuissance du monde» ainsi que pour les détenteurs de produits libellés en dollars.

La dérégulation financière a transformé le système financier – qui servait dans le passé aux sociétés et aux consommateurs – en casino de jeux où les mises sont à découvert. Ces paris sans mises, conjointement avec la politique d’intérêt zéro de la Fed, ont exposé le niveau de vie et le patrimoine des étasuniens à un grave déclin. Des retraités vivant de leur épargne, de leurs investissements, de leurs retraites individuelles (IRAs) ainsi que de leurs plans d’épargne (401{k}s), ne peuvent rien gagner sur leur capital et sont forcés de le consommer, privant ainsi leurs ayants droit de leur héritage. Le capital accumulé est consommé.

En raison de la délocalisation, les États-Unis sont devenus un pays dépendant des importations de produits manufacturés: vêtements et chaussures, fabriqués à l’étranger… Quand la parité du dollar baisse, les prix à la consommation aux États-Unis montent et la consommation réelle dans le pays en prend un coup. Les étatsuniens consommeront moins et leur niveau de vie baissera de manière dramatique.

Les conséquences sérieuses des énormes erreurs faites à Washington, Wall Street et dans les bureaux des multinationales, sont compensées par la politique intenable de faible taux d’intérêt et d’une presse corrompue, alors que la dette ne cesse de monter rapidement. La Fed avait déjà traversée la même expérience lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle avait alors maintenu les taux d’intérêt bas de manière à aider le financement de la guerre par le Trésor en minimisant la charge des intérêts. La Fed a maintenu bas les taux d’intérêts en achetant des dettes. L’inflation d’après guerre a eu pour conséquence l’Accord de 1951 entre la Réserve fédérale et le Trésor, stipulant que la Réserve fédérale arrêterait de monétiser la dette et permettrait aux taux d’intérêt de monter.

Le président de la Réserve fédérale Bernanke parlant d’une «stratégie de sortie» avait dit que quand l’inflation menace il pouvait l’éviter en retirant de l’argent du système bancaire. Cependant, il ne peut le faire que par la vente d’obligations du Trésor, ce qui implique l’augmentation des taux d’intérêts. Une hausse des taux d’intérêt menacerait la structure des produits dérivés, provoquant des pertes pour les obligations, et augmenterait le coût du service des dettes tant privées que publiques. En d’autres termes, pour éviter l’inflation par la monétisation de la dette on introduirait des problèmes plus immédiats que celle-ci. Plutôt que de laisser s’effondrer le système, n’est-il pas plus probable que la Fed fasse absorber la dette massive par l’inflation?

Éventuellement l’inflation éroderait le pouvoir d’achat du dollar ainsi que son usage comme devise de réserve, alors conséquemment la solvabilité du dollar s’effriterait. Toutefois, la Fed, les politiciens, et les gangsters financiers préféraient une crise plus tard que plus tôt. Faire passer le bateau en perdition au quart suivant, serait préférable que de sombrer avec lui. Tant que des swaps de taux d’intérêt peuvent être utilisés pour remonter les prix des obligations du Trésor et que l’achat à découvert-nu peut être utilisé pour prévenir la montée du prix de l’argent et de l’or, la fausse image de havre qu’ont les États-Unis auprès des investisseurs pourra continuer à être perpétrée.

Toutefois les $230.000 milliards (187.200€ milliards) en paris sur des produits dérivés des banques étasuniennes pourraient produire leurs propres surprises. JPMorgan Chase a été obligé d’admettre que les pertes sur ses produits dérivés, dépassaient les $2 milliards. De combien au juste reste à savoir. Selon le Contrôleur de la Monnaie [www.occ.treas.gov/top ics/capital-markets/financial-markets/trading/derivatives/dq411.pdf], les cinq plus grandes banques détiennent 95.7% de tous les produits dérivés. Ces cinq banques qui détiennent $226.000 en paris dérivés font un usage intensif du système de levier. Par exemple, JPMorgan Chase en possède en fonds propres $1.800 milliards mais détient des paris de produits dérives de $70.000 milliards, c’est-à-dire $39 dollars de paris de produits dérivés pour chaque dollar en avoirs. Une telle banque n’a pas besoin de perdre beaucoup de paris avant qu’elle se ruine.

Les avoirs ne sont pas basés sur le capital à risque. Selon le rapport du Contrôleur de la Monnaie, du 31 décembre 2011, JPMorgan Chase détenait $70.200 milliards en produits dérivés et seulement $136 milliards de capital à risque. En d’autres termes les paris sur des produits dérivés de la banque sont 516 fois plus importants que le capital qui les couvre. Il est difficile d’imaginer qu’une Banque se mette dans une position plus hasardeuse et instable, mais Goldman Sachs c’est le bouquet. Les paris sur des produits dérivés de cette banque, $44.000 milliards, sont couverts par seulement $19 milliards de capital à risque, ce qui donne des paris 2.295 fois plus importants que le capital qui les couvre.

Les paris sur les taux d’intérêt représentent 81% des produits dérivés. Ce sont les produits dérivés qui soutiennent le cours des obligations du Trésor étasuniens, malgré les augmentations massives de la dette étasunienne et de sa monétisation.

Les produits dérivés étasuniens de $230.000 milliards, concentrés dans cinq banques, sont 15,3 fois plus grands que le PIB des États-Unis. Un système politique failli qui permet à des banques dérégulées de placer des paris sans couverture 15 fois plus grands que son économie, est un système qui va droit dans le mur. Au fur et à mesure qu’on se passe le mot sur ce fantastique manque de jugement dans les systèmes politique et financier étasunien, la catastrophe guette le moment pour devenir une réalité.

Tout le monde veut une solution, par conséquent j’en fournirai une aussi. Le gouvernement US devrait tout simplement annuler les $230.000 milliards de paris dérivés les déclarant nuls et non avenus. Comme il ne s’agit pas de vrais avoirs, mais simplement de paris sur des valeurs notionnelles, le seul effet de fermeture ou d’annulation de tous ces swaps (essentiellement des contrats de gré à gré) serait d’enlever $230.000 milliards de risque – dus au système de levier – du système financier. Les gangsters financiers qui tiennent à continuer de jouir des gains de jeu tout en bénéficiant de la garantie du public contre leurs pertes, hurleront et s’enflammeront à propos de la sacro-sainteté des contrats. Mais pour un gouvernement qui peut assassiner ses propres citoyens et les jeter dans des cachots sans plus s’en préoccuper, il peut abolir tous les contrats qu’il veut au nom de la sécurité nationale. Et très certainement, contrairement à la guerre contre le terrorisme, en purgeant le système financier des paris des produits dérivés, il améliorera grandement la sécurité nationale.

Paul Craig Roberts était Sous-secrétaire au Trésor pour la politique économique, rédacteur associé du Wall Street Journal, contributeur à Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate. Il a beaucoup de postes universitaires. Ses colonnes sur internet ont une renommée mondiale.

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http://www.paulcraigroberts.

[Traduction Alexandre MOUMBARIS
correction Marie-José MOUMBARIS]

1. Assouplissement quantitatif, en anglais «quantitative easing»), est une opération de la Réserve fédérale qui consiste, par exemple en l’achat d’obligations, de reprise ou de garantie d’actifs douteux de banque.

2. IRS, Interest Rate Swap: Si par exemple vous possédez des obligations à échéance 5 ans avec un coupon annuel (fixe par définition), et si en outre vous anticipez une hausse des taux d’intérêts d’ici l’échéance, vous pouvez passer un swap permettant d’échanger votre structure de flux à taux fixe contre une structure de flux à taux variable. À chaque tombée de coupon, pendant cinq ans, vous reversez votre taux fixe et recevez le taux variable qui équivaut à la période (calculé sur le même nominal, celui de l’obligation), et vous bénéficiez de la hausse des taux si vos anticipations sont exactes.[Source » Lexique AOF]

3. Hégémon: Du grec, Chef politique et militaire d’un état.

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France

Extrait d’un pamphlet du Parti communiste de 1950

«La cinquième colonne la voici!»

Guy MOLLET

Ce maire d’Arras, député du Pas-de-Calais, professeur d’anglais et Anglais de cœur, se présentait comme l’enfant terrible du Parti socialiste. C’était le héraut de la «démocratie socialiste révolutionnaire», celui qui ne manquait jamais d’affirmer ses divergences avec des «gérants loyaux du capitalisme» à la Léon Blum.

C’est avec ça, la parole de gauche, qu’il se propulsa au secrétariat général du Parti SFIΟ1 le 4 septembre 1946. Ne croyez pas que c’est à ce seul titre qu’il obtint la succession d’un Paul Faure qui finit, comme chacun sait, dans la plus sale collaboration.

Il collaborait lui aussi depuis longtemps avec les services secrets anglo-saxons. C’est à ce titre qu’il remplit à Arras les fonctions de responsable départemental de l’OCM (Organisation Civile et Militaire), organisation de résistance dirigée, financée, inspirée par l’Intelligence Service.

Il y travaillait aux côtés de Dordain, de Récy et autres gangsters mêlés au scandale de l’affaire des bons du trésor d’Arras.

Il faisait dans les «renseigne ments» avec ce M. Personne (Jacques Piette, membre influent de la SFIO) qui, après avoir été l’adjoint de Bichelonne à Vichy, assure la liaison entre le RPF2 et la SFIO. Ce M. Piette administre actuellement l’entreprise Lavalette-Bosch, où il mène la vie dure aux travailleurs; il est également à la tête du trust Francolor. Il cumule, entre autres titres celui de chef de cabinet de Guy Mollet.

La phrase de gauche était destinée à piper les voix des travailleurs socialistes qui en avaient assez de voir leurs dirigeants «collaborer» avec la pire réaction. Par ailleurs, le côté «renseignements» de Guy Mollet, sa collaboration avec l’Intelligence Service aux côtés des dévoués hommes de main du RPF, donnait toute garantie à ceux qui voulaient faire de ce petit homme «leur» dirigeant de la SFIO.

Son premier acte de secrétaire général du Parti Socialiste fut d’informer le Parti Communiste de la suppression du Comité d’entente. Il s’efforçait de démontrer ainsi qu’on pouvait compter sur lui pour poursuivre la politique de division de la classe ouvrière faite avant la guerre par Paul Faure.

Avec ses amis Jouhaux et Bouzanquet (ce dernier, comme par hasard, mêlé au scandale des chéquards — que de scandales chez les dirigeants socialistes de droite !…), il poussait à la scission syndicale réalisée sur ordre d’Irwing Brown, agent des services secrets américains chargé du travail dans les syndicats outre-Atlantique et en Europe marshalisée.

La politique du secrétaire général de la SFIO et de son parti a pu être jugée par de nombreux militants socialistes lors d’un récent congrès du Parti Socialiste dans les termes suivants:

«La politique de collaboration de classe sans cesse aggravée a débilité le parti socialiste, lui faisant perdre nombre d’adhérents et force sympathisants,

«Pourquoi cette collaboration de classe? Parce que les dirigeants du parti ont agi comme si le ‘‘socialisme français’’, mieux, le socialisme européen, ne pouvait momentanément vivre que dans le sillage du capitalisme américain pour encore progresser.»

Cette condamnation des dirigeants socialistes, prononcée par des membres du parti socialiste, est très dure. Encore faut-il ajouter qu’ils ne se prononçaient pas sur la préparation de 1a guerre antisoviétique à laquelle participent, au premier rang, les chefs socialistes de droite. Ils ne parlaient pas de ce que ceux-ci se sont refusés à constituer un gouvernement socialiste-communiste alors que la majorité de la première Assemblée constituante le permettait.

Ils ne notaient pas non plus que ce sont les ministres socialistes qui ont exclu du gouvernement les ministres communistes.

Cependant, après cette appréciation des militants socialistes de base, Guy Mollet comprit la nécessité d’une cure dite d’opposition. On vit alors les ministres socialistes, tout en regrettant leur portefeuille, affirmer leur «soutien oppositionnel».

Il ne pouvait en être-autrement puisque leurs collègues MRΡ3, radicaux, UDSR4 et gaullistes faisaient, sans eux, la même politique.

Et puis, ils savaient bien que cela ne durerait pas longtemps…

Pour faire la guerre, pour accroitre ses profits, pour organiser sa répression, pour faire avaler sa politique, la grande bourgeoisie a besoin des dirigeants socialistes.

Guy Mollet fut chargé d’une mission d’information.

II fit le lit de Pleven-le-gaulliste.

Cela lui valut un portefeuille de ministre d’État chargé du Conseil de l’Europe.

Après avoir bavardé pour la frime contre le réarmement allemand, M. Guy Mollet l’a naturellement approuvé avec la même manière hypocrite propre à tous ses collègues du gouvernement.

Les impérialistes anglo-saxons qui entretiennent en France leur 5e colonne savent bien que M. Guy Mollet ne leur causera jamais la moindre difficulté. Pour eux, M. Guy Mollet est un bon et fidèle serviteur.

Notes

1. SFIO: Section française de l’internationale ouvrière (socialiste)

2. RPF: Rassemblement pour le peuple français (gaulliste)

3. MRP: Mouvement républicains populaire (chrétien-démocrate).

4. UDSR Union démocratique et socialiste de la résistance (socialiste libéral non-marxiste. Parmi ses principales personnalités: François Mitterrand)

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Cuba

La nouvelle vie des opposants cubains en Espagne

par Salim Lamrani

En 2010 et 2011, tous les prisonniers dits «politiques» cubains ont été libérés suite à la médiation de l’Église catholique cubaine et du gouvernement espagnol. La majorité d’entre eux ont choisi de s’installer en Espagne avec leurs familles respectives et de commencer une nouvelle vie. Mais l’Eldorado européen tant rêvé n’est pas au rendez-vous dans une Péninsule ibérique frappée par une grave crise économique. Certains souhaitent même retourner à Cuba.

La médiation de l’Église catholique cubaine dirigée par le Cardinal Jaime Ortega, à la demande du Vatican, et du gouvernement espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero avec les autorités de La Havane a débouché en 2010 et 2011 sur la libération de 127 prisonniers, dont 52 étaient considérés comme «politiques» par Amnistie Internationale1. Selon cette organisation de défense des droits de l’homme, il n’y a actuellement aucun prisonnier de conscience à Cuba2. Ce point de vue est également partagé par l’Église Catholique cubaine3.

Certains secteurs avaient accusé le gouvernement cubain, l’Église catholique et le gouvernement Zapatero d’avoir obligé ces personnes à prendre le chemin de l’exil. Cette version avait été reprise par plusieurs médias occidentaux4. Le Parti Populaire espagnol (droite) a ainsi dénoncé «l’exil forcé» des opposants cubains5.

Pourtant, cette version résiste difficilement à l’analyse. En effet, sur les 127 personnes libérées dans le cadre de l’accord entre La Havane, le Vatican et Madrid, 12 d’entres elles ont choisi de rester à Cuba. Laura Pollán, alors porte-parole du groupe d’opposition «Les Dames en Blanc» et farouche détractrice du gouvernement cubain, avait été claire à ce sujet: «Personne n’a obligé aucun des prisonniers à quitter le pays. Quiconque affirme le contraire est un menteur». De la même manière, plusieurs dissidents ont affirmé qu’à aucun moment les autorités cubaines leur avaient demandé de quitter le pays comme condition préalable à leur libération6.

Fernando Ravsberg, correspondant de la BBC à La Havane, a également démenti cette allégation. Plusieurs opposants qui ont choisi de quitter le pays lui ont avoué qu’ils «auraient pu rester dans l’île s’ils l’avaient souhaité. Ils assurent qu’à aucun moment on ne leur a imposé la sortie du territoire comme condition à leur liberté7».

La douloureuse réalité espagnole

Loin de trouver une nation prospère, les dissidents cubains ont été frappés de plein fouet par la crise économique qui affecte l’Espagne. La plupart d’entre eux se trouve sans emploi, sans ressources et parfois même sans toit, restant à la charge des centres d’accueil de la Croix Rouge. Selon la presse ibérique, «un an après leur arrivée, les exilés ont peu à peu perdu les aides du Gouvernement et se retrouvent sans ressources, puisque l’immense majorité d’entre eux n’a pas trouvé d’emploi stable8».

Le nouveau gouvernement espagnol de droite a décidé de mettre fin à l’aide accordée aux dissidents cubains un an après leur arrivée et a refusé de la prolonger de douze mois supplémentaires comme cela était prévu au départ, pour des raisons économiques9. En effet, l’Espagne a dépensé une moyenne de 2.000€ par mois et par personne, soit plus de 18 millions d’euros pour subvenir aux besoins des 115 dissidents accompagnés de 647 membres de leur famille pendant un an. Le coût a été jugé trop élevé dans un pays qui compte près de 5 millions de chômeurs, c’est-à-dire environ 25% de la population active10.

Pourtant, le Parti Populaire (PP) n’avait pas hésité à les utiliser dans leur guerre politique contre La Havane en emmenant quatre d’entre eux à Bruxelles témoigner et défendre la nécessité de maintenir la Position commune de l’Union européenne vis-à-vis de Cuba – qui limite les relations politiques, diplomatiques et culturelles. Néanmoins, il s’est montré peu reconnaissant en supprimant les aides, laissant aux opposants cubains l’amère sensation d’avoir été instrumentalisés11. Dès leur arrivée en Espagne, ces derniers n’avaient eu de cesse d’affirmer leur soutien au PP, et de critiquer le PSOE de Zapatero qui a pourtant contribué à leur libération12.

Les dissidents cubains ont alors décidé d’avoir recours à une grève de la faim pour protester contre cette décision et exprimer leur «désarroi total». «C’est la seule alternative qu’il nous reste», a déclaré l’un d’eux, installé dans une tente face au Ministère espagnol des Affaires Étrangères à Madrid13.

Loin d’être entendus par les autorités espagnoles, les grévistes ont été «brutalement» délogés par la police qui leur a ordonné de lever le camp14. Dawuimis Santana a dénoncé la violence policière dont ils ont été victimes: «On nous a trainés au sol, on nous a frappés au visage, sur les bras et l’un de nous a le nez cassé». Quatre d’entre eux ont été arrêtés15. Les forces de l’ordre se montrent généralement sévères avec les manifestants de tout type, et exception n’a pas été faite avec les opposants cubains. Certains observateurs ont fait remarquer que le Parti Populaire, d’habitude si prompt à venir en aide aux dissidents cubains et à dénoncer «l’oppression» dont ils étaient victimes dans l’île, est cette fois resté discret au sujet des agissements de la police municipale de Madrid à leur encontre16.

José Manuel García Margallo, ministre espagnol des Affaires étrangères, a reconnu que le cas des Cubains n’était «pas simple» et que ces derniers se trouvaient «dans une situation difficile». Mais il a rejeté toute idée de prolonger les aides financières leur étant destinées, en raison de la crise économique qui frappe le pays. Tout au plus s’est-il engagé à accélérer le processus de validation des diplômes17.

Parfois, le désarroi auquel sont confrontés les opposants cubains en Espagne prend des tournures tragiques. Ainsi, Albert Santiago du Bouchet, installé aux Îles Canaries depuis sa libération, a mis fin à ses jours le 4 avril 2012, ne supportant plus d’être abandonné à lui-même par les autorités espagnoles qui avaient mis un terme à l’aide financière mensuelle accordée18. Le gouvernement espagnol a rejeté tout «lien direct» entre le suicide et la décision de mettre un terme au soutien financier. Néanmoins, sa famille ainsi que plusieurs membres de son entourage ont affirmé que sa situation économique précaire était la principale cause du drame19.

Un retour à Cuba?

Contre toute attente, plusieurs dissidents ont fait part de leur volonté de rentrer à Cuba, à défaut de pouvoir se rendre aux États-Unis, accusant l’Espagne d’abandon20. «Il vaut mieux être à Cuba qu’ici dans la rue», a déclaré Ismara Sánchez21. «Depuis le 31 mars, je suis à la rue», faute de pouvoir se payer un logement, s’est plainte Idalmis Núñez. «La situation est difficile: nous avons emmené nos familles loin de la maison et nous ne pouvons pas leur donner à manger. Pour la première fois de ma vie, j’ai un cas de conscience. J’ai peur», a admis un autre opposant22. «Les enfants n’ont plus de nourriture et n’ont plus de lait. Les enfants ne peuvent plus se rendre à l’école parce qu’ils n’ont pas l’argent pour le transport», a exprimé l’opposant Bermúdez23.

De la même manière, Orlando Fundaro et son épouse, ont dû faire face à des conditions de vie tellement difficiles qu’ils en ont regretté leur terre d’origine. Dans une interview à la BBC, Fundora a confessé l’inattendu: «Nous mangions mieux à Cuba24».

La décision de rentrer à Cuba n’est en réalité pas si surprenante que cela. Malgré les ressources limitées de la nation caribéenne, les difficultés et vicissitudes quotidiennes engendrées par l’état de siège économique que les États-Unis imposent à Cuba depuis 1960, lequel affecte toutes les catégories de la population et constitue le principal obstacle au développement de la nation, le gouvernement de La Havane a mis en place un système de protection sociale relativement performant qui subvient aux nécessités de base de la population. Ainsi, malgré tout, 85% des Cubains sont propriétaires de leur logement. De la même manière, ils bénéficient d’un accès gratuit à l’éducation, à la santé et aux activités culturelles. Le carnet de rationnement leur permet de disposer, chaque mois, en sus du salaire, d’une alimentation de base suffisante pour deux semaines. Ainsi, personne n’est abandonné à son sort à Cuba et les catégories les plus vulnérables sont prises en charge par l’état. C’est la raison pour laquelle, malgré les limites en termes de ressources, il n’y a pas à Cuba de sans domicile fixe, ni d’enfants désemparés dans les rues. D’ailleurs, à ce sujet, selon l’UNICEF, Cuba est le seul pays du Tiers-monde où n’existe pas la malnutrition infantile25.

Finalement, l’Europe s’est avérée ne pas être l’Eldorado promis aux opposants cubains. Ces derniers ont été confrontés de manière brutale à la réalité économique de la Péninsule ibérique et ont découvert que les plus vulnérables étaient rapidement abandonnés à leur sort. Ils ont également pu se rendre compte que leur Île n’était finalement pas l’antichambre de l’Enfer, malgré les problèmes quotidiens, et que le système de protection sociale faisait en sorte de protéger les plus faibles.

Notes

[1] Amnesty International, «Cuba, Annual Report 2012», 2012. http://www.amnesty.

org/en/region/cuba/report-2012 (site consulté le 2 juillet 2012).

[2] Ibid.

[3] Juan O. Tamayo, «Tensa cita de las Damas de Blanco con Iglesia cubana», El Nuevo Herald, 25 mai 2012.

[4] Axel Gyldén, «En exil forcé, un dissident cubain met fin à ses jours», L’Express,7 avril 2012.

[5] Público, «Aznar afirma que los presos cubanos sufren ‘un destierro’ en España», 28 juillet 2010.

[6] Fernando Ravsberg, «La conspiración católico-comunista», BBC, 23 juin 2011. http://www.bbc.co.uk/blogs/mundo/cartas_

desde_cuba/2011/06/la_conspiracion_

catolico-comun.html (site consulté le 14 juin 2012).

[7] Ibid.

[8] Carmen Pérez-Lanzac, «Exprisioneros políticos refugiados en España protestan tras quedarse sin ayudas», El País, 11 avril 2012.

[9] Carmen Pérez-Lanzac, «Entre 2010 y 2011 llegaron a España 767 cubanos : 115 presos y sus familiares», El País, 10 avril 2010.

[10] Joaquín Gil, « El Gobierno paga 2.000 euros al mes por cada uno de los 762 disidentes y familiares », El País, 13 juillet 2011.

[11] Jerónimo Andreu, « Exprisioneros políticos traídos a España por Exteriores hace un año pierden las ayudas públicas », El País, 9 avril 2012.

[12] EFE, «Opositores cubanos piden a España una actitud ‘más enérgica’ contra castrismo», 20 janvier 2012.

[13] EFE, «Diez ex presos cubanos deciden emprender una huelga de hambre en Madrid», 13 avril 2012.

[14] Ibid.

[15] Europa Press, «Denuncian la detención de cuatro expresos cubanos que protestaban en Madrid ante le Ministerio de Exteriores», 23 mai 2012.

[16] EFE, « El Partido Popular español exige a Cuba que deje de oprimir a la disidencia », 20 janvier 2012.

[17] Carmen Pérez-Lanzac, « Exprisioneros políticos refugiados en España protestan tras quedarse sin ayudas », El País, 11 avril 2012.

[18] El País, « Fallece un expreso político cubano llegado a España el año pasado », 6 avril 2012. .

[19] Europa Press, «España no ve ‘relación directa’ entre el suicidio de un disidente y el fin de la ayuda», 9 avril 2012.

[20] Juan O. Tamayo, « Ex presos políticos cubanos en España viven pesadilla », El Nuevo Herald, 17 avril 2012.

[21] Ríos Biot, «‘Es mejor estar en Cuba que aquí en la calle», El País, 13 avril 2012.

[22] Jerónimo Andreu, «Exprisioneros políticos traídos a España por Exteriores hace un año pierden las ayudas públicas», El País, 9 avril 2012.

[23] EFE, «Ex presos cubanos denuncian en Madrid su ‘total desamparo’», 10 avril 2012.

[24] Fernando Ravsberg, «La conspiración católico-comunista», BBC, op. cit.

[25] UNICEF, Progreso para la infancia. Un balance sobre la nutrición, 2011

 

Mondialisation.ca, Le 16 juillet 2012

Opera Mundi – 2012-07-13

Salim Lamrani est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Salim Lamrani publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31935

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