Un cruel et terrifiant démenti à la propagande de Sofia Amara

RETOUR SUR LES BOBARDS DES « GRANDS REPORTERS DE GUERRE »

Blog de Silvia Cattori
La « grande reporter » Sofia Amara (*), est une piètre journaliste qui sait pratiquer à merveille la manipulation, faire cadrer l’information à la ligne éditoriale. Elle s’est rendue célèbre par ses reportages à la gloire d’une opposition militarisée au régime syrien, qu’elle s’est attachée à présenter systématiquement sous les couleurs les plus avenantes.
15 MAI 2013

Or, il apparaît aujourd’hui que l’« adorable » et « charmant » rebelle qui avait si bien servi sa propagande anti-Assad, n’est autre que le monstre qui vient d’être filmé en train d’arracher le cœur d’un Syrien. [1].

Alors Sofia Amara cherche bien évidemment à tirer son épingle du jeu en affirmant au sujet du monstre qu’elle avait pourtant adoré : « Quand je l’ai rencontré dans le quartier de Baba Amr, à Homs, entre le 16 et le 24 décembre 2011, alors que je tournais un reportage pour Arte intitulé Syrie : Au cœur de l’armée libre (…) c’était quelqu’un de charmant, d’avenant, d’adorable ». Il aurait entre temps selon Sofia Amara perdu son humanité !

Cela n’est que manipulation. Les nombreux témoignages, que nous et d’autres journalistes avons recueillis, sont là pour attester que les « adorables rebelles » de Sofia Amara ont bel et bien commencé à kidnapper, égorger, couper des Alaouites en morceaux, dès mai 2011.

Sofia Amara ne pouvait pas l’ignorer. Comme elle ne pouvait pas ignorer les aveux du « rebelle », rapportés en mars 2012 par la correspondante du Spiegel à Beyrouth, Ulrike Putz. Celui-ci avait raconté avec précision comment à Baba Amr la « brigade d’interrogatoire » de l’ASL égorgeait les hommes qu’elle capturait.

Mais l’objectif de Sofia Amara n’a jamais été de rapporter honnêtement ce qui se passait véritablement en Syrie. Aller dans le sens du courant, ici démoniser Assad, est tellement plus gratifiant pour ce genre de journaliste dépourvu de toute éthique ! Pour preuve. Son premier reportage « Syrie, dans l’enfer de la répression », acheté par Arte, diffusé le 11 octobre 2011 -repris par quantité de chaînes télévisées- salué par Amnesty International, lui a valu le prix de la vidéo au festival du scoop à Lille en décembre 2011 [2].

Nous diffusons à nouveau ici le contre-documentaire réalisé en novembre 2011 par le site Karabalaqsa [3]. Il décortique les manipulations de Sofia Amara. [Silvia Cattori]


Syrie : Le reportage de Sofia Amara mis en question
Par Karabalaqsa, le 30 novembre 2011

Des médias occidentaux et arabes (notamment Al-Jazeera et Al-Arabia téléguidées respectivement par le Qatar et l’Arabie Saoudite) nous ont décrit sans discontinuer l’enfer d’une sanglante répression en Syrie : manifestants pacifiques froidement assassinés, enlèvements, tortures, mutilations de cadavres… dont les autorités syriennes, selon eux, se seraient rendu coupables. Le but de ces accusations serait-il de préparer l’opinion publique à une intervention étrangère, selon le scénario de l’offensive de l’OTAN et de ses alliés ?

Alors que j’ai pu en Syrie voir de mes propres yeux un des immenses rassemblements de soutien à Bachar El-Assad, j’ai été extrêmement surpris de la manière tendancieuse avec laquelle les médias français, dans leur grande majorité, rapportaient les faits.

Un reportage m’a particulièrement frappé, car il reprenait et synthétisait toutes les accusations attribuées au gouvernement syrien depuis des mois. Il s’agit du reportage réalisé par la journaliste Sofia Amara, diffusé par la chaîne télévisée ARTE le 11 octobre 2011.

Estimant que le travail de Sofia Amara était totalement subjectif, j’ai décidé de faire une contre enquête. D’où les huit vidéos que je présente ici. Je tiens à préciser que ma démarche critique ne concerne pas uniquement cette journaliste, mais doit être interprétée comme une opposition globale à un système médiatique néfaste, parce qu’orienté et trompeur. Le reportage de Sofia Amara en est une merveilleuse illustration.

Depuis Mars 2011, l’écrasante majorité des manifestations contre Bachar El-Assad ne réunissent que quelques centaines ou quelques milliers de personnes, alors que le peuple syrien descend régulièrement dans la rue par centaines de milliers, voire par millions, pour exprimer son soutien au Président de la République et dénoncer ce qu’il perçoit comme étant un « complot extérieur ».

Malgré leur supériorité numérique, ces rassemblements ont été à peine relayés dans les médias occidentaux, laissant ainsi le citoyen lambda croire que le gouvernement syrien ne bénéficiait que d’un très faible appui populaire.

Aujourd’hui, alors que la crise syrienne rentre dans son neuvième mois, nous savons de manière certaine que beaucoup d’exactions dénoncées par les journalistes et certaines ONG sont totalement fausses et infondées. Il y a eu de nombreux cas qui ont été montés de toute pièce, comme celui d’Amina Abdallah Araf el-Omari, une blogueuse soi-disant kidnappée ou encore celui de Zaynab Al-Hosni, retrouvée décapitée, démembrée et la peau arrachée selon Amnesty International. Après contre enquête, tous ces cas se sont avérés être de pures inventions.

France 24 est allée jusqu’à diffuser un entretien téléphonique durant lequel une personne présentée comme étant Lamia Chakkour, ambassadrice de Syrie à Paris, annonçait sa démission en signe de protestation contre les violences dans son pays. L’ambassadrice a immédiatement démenti et France 24 s’est trouvée contrainte de porter plainte contre X pour usurpation d’identité !

Toutes ces accusations portées contre le gouvernement syrien ne sont que très rarement prouvées par les médias. Elles proviennent de sources invérifiables, pour la plupart. Cependant le climat qu’elles installent demeure, même quand les accusations s’effondrent. Ce qui est grave, c’est que la fiabilité de ces journalistes qui volontairement ou non trompent l’opinion publique n’en est pas pour autant remise en question.

Il devient de plus en plus évident que l’appareil médiatique dominant a eu et a toujours pour objectif caché de préparer les peuples à accepter des interventions militaires extérieures, comme cela s’est passé pour l’Irak et la Libye.

Après les mensonges au sujet des « armes de destructions massives », l’intervention militaire américaine en Irak a laissé place à huit années de chaos et détruit un pays entier. Et en Libye, la presse si prompte à dénoncer la « barbarie » des forces gouvernementales a clairement révélé son parti pris lors du lynchage sauvage de Kadhafi. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il existe une barbarie « logique », « compréhensible » et « non condamnable » aux yeux de la presse et des milieux politiques lorsque cette barbarie est commise par des milices alliées de l’OTAN.

Le rôle des médias dans la déstabilisation de ces pays tient une place essentielle car ce sont eux qui légitiment les interventions militaires auprès de l’opinion publique. Les journalistes qui remplissent cette tâche, consciemment ou non, portent donc une lourde responsabilité, malheureusement très rarement reconnue. En effet, s’il arrive assez souvent que les institutions militaires soient critiquées et prises à partie après coup, très rares sont les journalistes visés pour de fausses informations qu’ils auraient relayées ou inventées.

Faut-il attendre un nouveau drame pour réagir ?

Conscients du fait que ce genre de documentaire jette de l’huile sur le feu et génère des conséquences désastreuses pour les peuples qui en sont victimes, il convient désormais que nous puissions désigner chaque journaliste qui relaie des informations mensongères, chaque rédaction qui diffuse des nouvelles ou des vidéos sans en vérifier l’authenticité [4], a fortiori lorsqu’il s’agit de vidéos manifestement manipulées.

L’erreur est humaine, mais ces comportements sont des fautes. Chacun doit assumer ses fautes face au public. C’est pourquoi nous demandons à ceux des journalistes qui se sont trompés de reconnaitre leurs manquements et de cesser de vouloir décider au nom des autres de ce que doit être leur avenir.

Karbalaqsa.blogspot.com – 30 novembre 2011

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