La fascisation dominante et le terrorisme étatique couvrent le «vide» de l’Aube dorée

Ils étaient nombreux ceux qui, en observant l’opération gouvernementale de «réduction» ou même du «retrait» de l’Aube dorée, soit en restreignaient leur antifascisme, surtout à l’égard de la formation néo-nazie, dénonçant l’État officiel et le gouvernement, plus ou moins «d’inconséquence» dans sa confrontation avec l’Aube dorée, soit en reléguant au second plan et importance, la fascisation qui procède grandissante de la gestion d’état par rapport à l’activité de cette formation. La réalité elle-même de l’attaque sauvage antipopulaire quotidienne, qui se poursuit sans relâche et s’approfondit à tous les niveaux, exige aussi le processus de fascisation de la politique officielle du système, avec pour cible toujours «l’ennemi – le peuple.»: les ouvriers, les travailleurs des secteurs privé et public, les chômeurs, les jeunes, les immigrés…

Ainsi dans le collimateur du terrorisme d’État se sont trouvés les étudiants en lutte, les enfants de notre peuple, qui ont dû faire face aux arrestations et aux condamnations, pour avoir occupé leur école, avec comme revendication: des livres et des enseignants. Nous sommes dans une époque caractérisée, entre autres, par l’abolition de l’éducation gratuite pour le peuple et des choix soumis à des critères de classe sévères.

Les 10 étudiants de l’ΕΠΑ.Λ [Lycée professionnel] d’Igoumenitsa ont été arrêtés à leur école le 16 octobre à 6h30 du matin, suite aux plaintes des directeurs et une ordonnance du tribunal, ont été mis en garde à vue durant 5 heures sans que leurs parents soient avertis. Une fois leurs empreintes digitales relevées et photographiés prises, ils ont été traînés devant le tribunal pour avoir causé des «dégradations» – alors qu’il n’y avait aucune assurent les parents – ou pour avoir «obstrué les cours». Ils ont été suivis de 20 élèves de la 1ère ΕΠΑ.Λ de Lamia, arrêtés lors d’une descente de police le 7 octobre. Six d’entre eux ont été jugés en comparution immédiate et condamnés à des peines de 20 jours à 4 mois de prison! Selon les déclarations du ministre de la Justice, Athanasiou, au parlement, «tout avait été fait en conformité avec la loi»…

Mais les travailleurs et les licenciés des usines de Chalkida (Chalkis Ciment, Neoset, Selman, Ingénierie, Interkem), qui avaient occupé le bâtiment de l’Unité régionale d’Eubée, ont été attaqués le matin du 17 octobre par les ΜΑΤ [Unités de restauration de l’ordre = CRS – NdT] qui ont pris d’assaut le bâtiment avec des produits chimiques, l’ont évacué et arrêté 13 travailleurs. Voilà ce qu’était la réponse du gouvernement et de l’État bourgeois aux demandeurs d’emploi, à ceux qui réclamaient leurs arriérés de salaires de plusieurs mois, à un moment où le chômage est généralisé, les licenciements massifs et les droits sociaux en démolition. Mais même, «l’anomie» de l’occupation par les travailleurs du bâtiment de la Radio-télévision grecque (ΕΡΤ) doit être «anéantie», surtout maintenant, dans une phase de baisse de soutien de masse. Ainsi, le 15 octobre, 32 députés du parti Nouvelle démocratie avaient demandé au vice-ministre compétent Kapsis, d’instruire la police de donner l’assaut à la Maison de la Radio à Agia Paraskevi. «Au moment où le gouvernement et le Premier ministre promettaient une tolérance zéro pour les infractions. L’état d’anarchie à l’ancienne ΕΡΤ n’est pas possible d’être toléré» ont-ils déclaré lors d’une question à la Chambre. La propagande qui s’est développée dernièrement, se sert de prétextes hypocrites «la protection de la santé publique» en raison du rayonnement des antennes du bâtiment occupé. Au même moment les employés administratifs des universités en grève depuis deux mois, réagissant à la mise en disponibilité de 1.350 de leurs collègues, reçoivent des menaces de licenciement (mise à pied) dans le cas de non-recensement (c’est-à-dire d’acceptation de l’état de mise en disponibilité), dans le cadre d’un certain délai, conformément à la nouvelle modification inséré au «Code de la fonction publique.»

En se servant soit de moyens de répression et de criminalisation, soit l’arsenal «légal», le gouvernement tente d’écraser à leur naissance, toutes les luttes de travailleurs, de chômeurs ou de la jeunesse, qui jaillissement. Ne manquent pas non plus de nouveaux pogroms policiers contre les immigrés. Durant l’opération étendue de la police à Athènes les 4 et 5 octobre, impliquant les ΜΑΤ, l’Action immédiate, la section antifraudes, et celle de l’anti-cybercriminalité, et sous le prétexte de «lutte contre la criminalité», 225 immigrants ont été interpellés et conduits au commissariats dans les environs de la place Victoria, Vathi, St. Panteleimon et d’Attique. Ce terrorisme-là qu’avait-il a jalouser à celui de l’Aube dorée? Et ces réfugiés politiques turcs et kurdes qui vivent dans notre pays, mais qui ont fait la grève de la faim sur la place de la Constitution (Σύνταγμα) contre la décision d’extradition des militants Ahmet Düzgün Yüksel, Erdoğan Çakır et Hasan Biber, ont à trois reprises été violemment attaqués par la police. Le résultat était l’arrestation de trois membres du Comité de solidarité, et leur renvoi au tribunal accusés de… «pollution».

Il devient de plus en plus évident que le gouvernement ND – PASOK, en utilisant la soi-disant «théorie des extrémismes» – selon laquelle, un «extrémisme» ne caractérise pas seulement et simplement la gauche, mais le peuple en lutte lui-même – la défense de «l’arc constitutionnel» et ce que l’on appelle la «normalité démocratique» et la «répression de l’anomie», avance plus loin son règlement de comptes avec le peuple. Il ouvre l’éventail de la fascisation, il cible, criminalise et persécute sous divers prétextes, toute logique, toute pratique de lutte que les sections du peuple puissent choisir pour résister contre cette attaque qui n’a pas le fond. La grève, la manifestation, l’occupation sont dans le collimateur. Même la protestation et sa propagande, qui font véhiculer des idées. Que fera-t-il alors contre des combats suffisamment sérieux et qui peuvent éclater et mettre en danger la politique suivie par le gouvernement et exigée par ses patrons de la bourgeoisie locale et les impérialistes étrangers. Justement parce que le gouvernement connait très bien ce danger, qu’il évolue dans la voie de «répression préventive ». Le front du mouvement populaire contre la fascisation du système politique devrait être renforcée et devenir une partie intégrante de la résistance à l’attaque. Parce que la direction du mouvement antifasciste ne peut être «unilatérale», ni voir surtout «l’arbre» et perdre de vue «la forêt».

[Προλεταριακή Σημαία 8.11.2013]

[Traduction Alexandre MOUMBARIS]

 

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