Le dilemme

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu quelques articles de Vlassis Agtzidis1 où il écrit sur l’histoire des originaires Grecs de Crimée et d’Ukraine. C’est bien entendu le sujet, mais mon avis diverge d’avec le sien car je considère les originaires Grecs comme des Ukrainiens plutôt que comme des Grecs d’Ukraine. Bien entendu c’est une simplification, parce qu’il y avait parmi eux de nombreux Grecs de Grèce, des Grecs pontiques, des Grecs apatrides….

Mais, je préfère quand il écrit sur la période d’avant la révolution de 1917, parce qu’il est plus objectif et n’accuse pas de tous les maux Lénine et surtout Staline, tout en vantant – comme le font les impérialistes occidentaux – les vertus et la bonté du «tellement sympathique» Nikita Khrouchtchev, qui à cette époque, depuis le début de 1938, était secrétaire général du Parti communiste d’Ukraine (CCL).

Les persécutions des Grecs, comme nous informe Agtzidis ont débuté par décret numéro 50205 de Nikolaï Iezov, Commissaire de la sécurité de l’État, en décembre 1937.

Les comités qui jugeaient les accusés étaient constitués de trois membres, le président représentant le NKVD (c’est-à-dire de Iezov), le procureur un membre du PC local et un représentant du Secrétaire général du Parti communiste d’Ukraine (c’est à dire Khrouchtchev).

Lors des soi-disant persécutions des originaires Grecs en Ukraine, avaient aussi lieu des poursuites similaires d’autres citoyens soviétiques, y compris des membres du PCUS et de l’armée. Un grand nombre d’entre-elles étaient infondées et illégales et nombreux ont été les membres de la sécurité de l’État qui plus tard ont été reconnus coupables, de même que Iezov qui a été exécuté.

Toute la période 1935-1939 a été plongée dans une atmosphère de complots, d’assassinats et de sabotages. En dépit des conséquences négatives des actions irrationnelles ou même ennemies, à la différence des pays conquis par le fascisme, en Union soviétique, la cinquième colonne – qui comprenait les trotskistes – avait, avant-même le début de la guerre, été éliminée. Cet état de fait a contribué à la victoire contre Hitler et ses alliés. Mais ce qui a été beaucoup plus déterminant ce fut l’énorme effort de la population soviétique (170 millions) et du Parti communiste de l’Union soviétique pour réussir en quelques années à faire face aux énormes problèmes et finalement à vaincre le nazisme renforcé par le potentiel économique de l’ensemble de l’Europe occidentale. Mais cette victoire a coûté quelque 25 millions de morts (16% de la population), dont 6.000.000 de communistes, un nombre inconnu de personnes handicapées, de grandes pertes sociales et de catastrophes économiques.

Les originaires Grecs en Union soviétique, étaient alors estimés entre 300.000 et 440.000. Agtzidis en citant les enquêtes d’Ivan Tzouha2 (Le dur décembre ’37), estime, se basant sur des documents d’archives, que le nombre de Grecs arrêtées s’élevait à 15.000, 1.500 de la Géorgie et le restant 13.500 des régions de Krasnodar et de Marioupol, dont il dit que 90% à 95% ont été exécutés après leur arrestation (cela sous-entend, sans procès). En faisant les calculs à partir de ses propres données, dans les deux dernières régions il y aurait eu 12.150 à 12.825 exécutions et non pas 12.000 comme il écrit. L’absurdité est que, dans un autre article «Les Grecs de l’Ukraine»3 Agtzidis affirme que «Des centaines ont perdu leur vie …».

Alors admettons qu’il y ait eu, selon Ivan Tzouha, 15.000 condamnations sur une population de 370.000 personnes, soit environ 4%, ou des centaines (disons tout au plus 900) comme le dit Agtzidis, soit 0,25% des Grecs d’Ukraine. De toutes façons on ne peut pas appeler cela un génocide ni une boucherie.

Anastasis Gkikas, docteur en« Science politique, collaborateur de la section historique du KKE écrit: «Plus précisément, les fichiers du ministère grec des Affaires étrangères (Dossier 143/b, 1939) font état de 2.177 arrêtés jusqu’en 1939 (et non pas des dizaines de milliers comme certains le prétendent), dont seulement 86 aient été accusés pour violation de l’article 58, activité contre-révolutionnaire. Les éléments du NKVD concernant ceux qui ont été arrêtés, par ethnicité sont 1.291 arrestations en 1937 et 2.171 en 1938 (‘arrestations‘ et non pas ‘condamnations’), selon les rapports du ministère grec des Affaires étrangères»4

Vu:

– qu’en janvier 1919, avait débarqué à Odessa et en Crimée un Corps expéditionnaire grec, composé de deux divisions (23.551 hommes), qui ont combattu les bolcheviks pendant quatre mois

– qu’après cela, les troupes de l’anarchiste Nestor Makhno, qui alternativement combattaient les rouges et les blancs, comprenaient des Grecs ukrainiens à hauteur de 20%,

– que de nombreux Ukrainiens-Grecs étaient agriculteurs et que beaucoup d’entre eux étaient mécontents – il y avait même des koulaks – pour avoir perdu leurs terres données à la collectivisation ou à cause de difficultés et d’erreurs commises dans le processus,

– que certains pensaient à l’indépendance des régions autonomes grecques,

– que beaucoup se considéraient comme Grecs en premier lieu et après Soviétiques ou communistes,

– Qu’ils avaient des contacts avec la Grèce

– etc,

Il n’est pas surprenant, que dans la situation telle qu’elle existait, dans des conditions de guerre imminente, et en tenant compte des critères ci-dessus, se soient trouvés de nombreux originaires Grecs, certains à tort et d’autres à raison, ciblés par la persécution.

En conclusion, je pense que les originaires Grecs d’Ukraine, devraient se considérer d’abord comme Ukrainiens et après Grecs, et qu’il est nécessaire qu’ils participent pleinement à la vie politique de leur pays et même de se battre, comme lors de la Seconde Guerre mondiale, pour sa libération de la voyoucratie nazie de Kiev. Sinon ils doivent se considérés comme «neutres» et que leur patrie est la Grèce, qu’ils habitent en Ukraine comme des immigrants, des candidats réfugiés.

Alexandre MOUMBARIS

 

1. Vlassis Agtzidis: …repenti marxiste-léniniste, ancien mathématicien, actuel historien charlatan, anticommuniste de carrière

Ivan Tzouha: Cadre du «Parti des Forces de Droite» russe, historien charlatan, anticommuniste de carrière…,  Anastasis Gkikas Docteur en Science politique, collaborateur à la Section historique du CC du KKE http://erodotos.wordpress.com/2009/07/31/antikommoynismos-agtzidis-papaxelas/).

  1. http://www.kathimerini.gr/506971/article/epikairothta/ellada/o-sklhros-dekemvrhs-toy-37

3. http://www.kathimerini.gr/752928/article/epikairothta/ellada/oi-ellhnes-ths-oykranias

4. http://erodotos.wordpress.com/2009/07/31/antikommoynismos-agtzidis-papaxelas/).

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