Que faut-il comprendre?

L’impérialisme stade suprême du capitalisme est l’une des œuvres de Lénine les mieux connues. Depuis longtemps, nous les communistes, en nous y référant, croyons que l’accomplissement de ce stade ouvrirait la voie à la révolution ouvrière populaire; ce ne serait qu’une question de temps. Malheureusement ce stade s’est avéré bien plus long que ce que nous envisagions et bien plus difficile à surmonter. Nous n’imaginions pas les efforts qu’il fallait engager, pour y arriver. Mais Lénine – sauf erreur de notre part – ne nous a pas prévenus de la folie, de l’incohérence dans laquelle sombrerait ce système dans son agonie.

La crise systémique du capitalisme, essentiellement occidental, fait que ses réactions face à ses problèmes sont de plus en plus désaxées et incohérentes, avec pour conséquence l’aggravation de ceux-ci plutôt que leur résolution.

La monnaie, arme et talon d’Achille des États-Unis

C’est avec de l’argent que l’on mesure normalement les prix, les salaires, les patrimoines, les échanges économiques. Or la monnaie «argent» qui possède une valeur intrinsèque a été remplacée par des moyens de paiement prétendant garantir sa valeur telle qu’elle existait jusqu’aux années 70 : $US 35 l’once d’or. Dès lors la valeur du dollar comme celle de l’Euro s’est en quelque sorte dématérialisée, virtualisée et son prix lié à sa rareté ou à son abondance. Sa rareté dépend de l’endettement des ménages, des entreprises et des États ainsi que d’une toile de contraintes, financières, économiques et par défaut militaires. Son abondance résulte du fonctionnement de la planche à billets, par la Réserve fédérale des É-U, la Banque centrale européenne… et de sa création ex-nihilo par des banques privées. La valeur de ces monnaies n’est basée en substance que sur la foi de ceux qui y croient. Toutefois, les excès de ce système, l’énormité de l’endettement et du passif des États, comme celui des États-Unis dont la tyrannie financière et politique, a fait que des alternatives plus saines de règlements financiers entre États ont fait leur apparition, sonnant ainsi le glas de la suprématie ou même de l’existence du dollar. Les conséquences de sa disparition ou de sa dévaluation drastique, seront incalculables y compris pour l’euro et les autres monnaies.

Les États-Unis, à cause du coût de la guerre du Vietnam ont dû, dès les années 70, abandonner leur étalon monétaire. Depuis, leurs guerres, bien qu’elles aient bénéficié à leur industrie de l’armement…, ruinent leur économie tout en la maintenant sous perfusion grâce à la fourniture continuelle de dollars virtuels: billets de banque, crédits, obligations du trésor… Il ne leur est plus possible de financer le maintien de centaines de bases militaires à l’étranger, de mener des guerres pour asservir le monde ou pour soutenir leurs supplétifs tels qu’Israël, l’Arabie saoudite, lesÉmirats arabes unis…! De plus, la politique des États-Unis, est si tordue, absurde, contradictoire et auto-conflictuelle qu’on en arrive à se demander – au-delà de sa criminalité et de son absence de moralité – s’ils ont une idée cohérente de leurs objectifs et si leurs interventions barbares n’auraient pas pour objet que de piller les ressources des pays victimes et de répandre la mort, la maladie, la désolation et le chaos.

Et la France dans tout cela!

C’est dans ce cadre-là, en vassal étasunien que la France social-démocrate s’est impliquée dans le conflit ukrainien, allant jusqu’à recevoir à l’Élysée, à la veille du putsch, les représentants de l’opposition nazie de ce pays, en compagnie de Bernard-Henry Lévy – omniprésent lorsqu’un sale coup se prépare. Par ailleurs, notre ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en déclarant à propos de la Syrie «Bachar el Assad ne mériterait pas d’être sur terre», n’a fait que confirmer le soutien de la France à la nébuleuse dite djihadiste [Daech, al-Qaïda, ASL], dont 930 Français feraient partie1. Toutefois, leur contribution aux objectifs de la France en Syrie, ne les empêchera pas, paradoxalement, d’être poursuivis par la justice dès leur retour en France. De même, comment comprendre, il y a peu dans le passé, du temps de la France sarkozyste, qu’après avoir reçu Mouammar Kadhafi avec tous les honneurs nous l’attaquions et le faisions assassiner? Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein, Slobodan Milosevic, Laurent Gbagbo, Bachar el Assad … comment, quand, et en quoi ont-ils menacé la France?

Sachant qu’en France il y a nombre de djihadistes français, soit rentrés du Moyen-Orient, soit opérant du recrutement, soit membres de cellules dormantes, n’est-il pas inconscient d’aller bombarder le Daech en Irak2provoquant ainsi – comme ce fut le cas pour ce malheureux Hervé Gourdel en Algérie – le déclenchement d’attentats en France? ou bien cette hystérie est-elle voulue? N’y a-t-il pas d’alternative plus intelligente, plus efficace, plus diplomatique pour traiter ce problème? Ne devrions-nous pas, par exemple, arrêter de les soutenir; ne plus acheter le pétrole qu’ils vendent par le biais de la Turquie; se désolidariser des pays qui l’ont créé et le soutiennent, et qui maintenant en marionnettes manipulées par les Étasuniens font semblant, devant une audience mondiale incrédule et désabusée, de se coaliser contre leur créature le Daech.

Les contraintes provoquées conjointement par la crise du système capitaliste, l’abdication de souveraineté avec mise sous tutelle économique, politique, monétaire et sociale par l’Union européenne, le fait de ne pas avoir honoré ses modestes promesses électorales, auquel s’ajoutent les scandales des membres dirigeants du Parti socialiste, comme ceux de l’UMP – entendons-nous, ceux mis à jour – s’entassant les uns sur les autres: la corruption, les liens coupables avec l’industrie pharmaceutique et les organismes de contrôle comme l’AFSSAPS censés protéger notre santé3; l’abandon des thèses écologiques; le «NON» du référendum bafoué; les cadeaux au patronat, ainsi que l’austérité pour les «gueux»; …..marquent bien de quel côté de la lutte des classes se situent nos gouvernants. Mais se limiter à la lutte des classes nationalement aurait été plus simple. Ce qui complique la politique du pays est sa vassalisation à l’Union européenne et aux États-Unis, obligeant la France à agir contre ses propres intérêts économiques et politiques, tels que le boycott de la Russie avec ses conséquences désastreuses pour l’agriculture, le commerce et les investissements en général. À cela viennent s’ajouter l’affaire des Mistral, les quelque $10 milliards de punition infligés par les États-Unis à BNP-Paribas; le projet de Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA), une autre trahison du pays à venir;… qui contribuent à la déliquescence de la crédibilité du gouvernement social-démocrate – pour ne pas dire de tous les partis au gouvernement – sa chute vertigineuse dans les sondages, l’évaporation de la moindre différence avec la politique du gouvernement précédent.

L’abstention aux prochaines élections législatives sera massive, surtout celle de la dite gauche!

Ce n’est qu’après la perte complète par les travailleurs, des illusions social-démocrates, prétendant à un capitalisme social et «à visage humain», alors que celui-ci n’est que leurre, utopie et mensonge, que l’on pourra envisager une évolution progressiste. Dans le terme social-démocratie nous n’incluons pas seulement le Parti socialiste qui en est son exemple le plus concret, mais aussi les courants, les mentalités et les états d’esprit social-démocrates qui imprègnent toute la gauche actuelle, y compris le Parti communiste français. Il se peut toutefois que de la carcasse social-démocrate surgisse le fascisme ou le chaos, plutôt que la révolution socialiste. Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire européenne que la social-démocratie ferait le lit du fascisme. Il est urgent de se ressaisir.

Il faut un pays souverain, indépendant, légiférant sur son seul territoire, autosuffisant dans la mesure du possible, qui se sert de tout son potentiel humain, non pas pour enrichir une minorité mais pour répondre directement et sans intermédiaires capitalistes rapaces au bienêtre de la population, à sa santé, à son éducation, à son information, à sa culture…. C’est cela le socialisme que les capitalistes et leur laquais haïssent et vilipendent tant.

La France a besoin d’une politique de paix clairement explicitée. Elle n’a pas besoin de la cacophonie assourdissante avec laquelle des media à la botte de la bourgeoisie mystifient et cachent les desseins des diverses puissances politiques nationales et internationales, auxquels nous ne comprenons strictement rien, si ce n’est qu’ils cherchent à nous posséder.

Alexandre MOUMBARIS

pour le Bureau de l’Association Nouvelle Association Staline

27 septembre 2014

 

  1. Source: Ministre de l’Intérieur Bernard Caseneuve.
  2. «La France n’a pas peur» dit le ministre de l’Intérieur.
  3. Affaires: Le scandale du médicament Mediator des Laboratoires Servier (avec des centaines de morts); l’achat par le ministère de la Santé de 94 millions de vaccins contre la grippe H1N1; du SIDA et du sang contaminé.
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