Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois

Dans ce texte, je fais référence à l’article paru dans Ouest France ce lundi 20 octobre 2014, sous le titre pathétique       «À Kiev, les gueules cassées du front de l’est».

Apparemment l’auteur, Marc Pennec, confond les termes «casser la gueule» et «gueule cassée». Cette dernière expression décrit un visage qui porte les marques de blessures importantes, irréparables, souvent horribles. La seule référence ou trace de blessure se rapporte à une éraflure sur le nez d’Adrian, un ex-boxeur devenu mercenaire dans le bataillon national-socialiste Aïdar1 et qui apparemment s’est fait «casser la gueule». Ce bataillon comme ceux de Donbass, Azov (et non pas Asov), Dniepr, Chernihiv, etc sont des bataillons à la solde de l’oligarque Kolomoïski de triple nationalité: ukrainienne, israélienne, et chypriote. D’autres bataillons de mercenaires nationaux-socialistes sous les ordres d’autres oligarques existent également.

Sur la grande photo qu’arbore la dernière page, on voit le dit Adrian portant un T-shirt noir avec l’emblème national-socialiste ukrainien, le trident (de l’organisation nazie «OUN» dirigée par Stepan Bandera). Il faut noter que ce Bandera et ses adeptes se sont battus pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés de leurs homologues nazis allemands (par exemple: la division waffen-SS Galicie,…) et perpétré – comme ils le font encore – de nombreuses atrocités et massacres. Des informations à ce sujet sont faciles à trouver.

Maintenant je ne sais pas si Ouest France veut faire la crypto-apologie du nazisme ou si l’article en question n’est que le produit de l’ignorance ou de l’intox médiatique délibérée, couplé de la conviction que le public est d’une ignorance béate.

Je note aussi que dans la guerre civile actuelle se déroulant en Ukraine, les séparatistes ne sont pas «Russes», comme il est écrit, mais comme il aurait été plus correct de dire, russophones, opposants au régime nazi de Kiev, Ukrainiens antifascistes, citoyens de la République populaire du Donbass, citoyens de la République populaire de Lougansk ou Novorusses. Certainement, il y a des citoyens russes qui y participent à titre personnel, comme il y a aussi quelques français… Mais de l’autre côté chez les nazis, il y a eu, au cours de la période allant du 2 mai au 2 août 2014, 334 mercenaires étrangers tués à savoir: 139 d’ASBS Othago (Pologne), 44 de Greystone (États-Unis), 125 d’Academi (ex- Balckwater, États-Unis), 26 francs-tireuses baltes. À ceux-là s’ajoutent 25 officiers de la CIA et agents du FBI (13 tués et 12 blessés).

Alors que ces braves nazillons – «Tous ces garçons assurent la sécurité de l’État» comme le dit charitablement la jeune étudiante en médecine Marieka, ajoutant «En retour celui-ci pourrait faire quelque chose pour eux. On les délaisse» – se font blesser et tuer pour défendre l’État, celui-ci les délaisse les livrant à la charité des braves gens. Alors pourquoi se «sacrifient-ils» si l’État ne s’occupe même pas d’eux lorsqu’ils sont blessés?!

Que l’hôpital militaire de Kiev n’ait traité que des dizaines de personnes parmi les 8.700 blessés, comme le dit l’article, est étonnant. L’ambiguïté s’aggrave lorsque Sergueï l’ex-vendeur de voitures, affirme:«Personne n’a voulu de cette guerre» pour ajouter juste après «J’ai senti qu’il fallait y aller, qu’il fallait défendre ce pays». Mais de qui veulent-ils défendre ce pays dans le cadre d’une guerre civile?! En tout cas, quelle chance il a d’avoir été récompensé par un voyage gratuit pour lui et sa famille à Disneyland à Marne la Vallée. Cela vaut-bien «une jambe en piteux état».

Mais ce qu’il y a de plus insidieux dans cet article est la référence faite à ce que dit «Victor». Il est écrit:«Cet ingénieur de 38 ans s’est engagé dans le bataillon Keïvska Rouss, après le crash de l’avion de Malaysian Airlines». Je n’ai trouvé aucune trace de ce bataillon, ce qui toutefois ne veut pas dire qu’il n’existe pas. Le problème est que l’auteur, par le biais de son interlocuteur, blâme insidieusement les «Russes» (pris dans un sens «très large et vague») d’avoir abattu cet avion. Tout le monde savait que les Novorusses n’avaient pas les moyens d’abattre un avion volant là 10.000 mètres. Il était connu très tôt également qu’un ou deux avions Sukhoi-25, forcément ukrainiens, étaient à proximité du vol Malaysia Airlines MH17 quand il a été abattu, tuant ses 298 passagers et équipage. Dans les débris on a retrouvé la cabine de pilotage criblée de trous de 30mn. Les canons de 30mm font partie de l’armement des Su-25. Les anglophones trouveront les explications dans le documentaire http://www.informationclearinghouse.info/article40035.htm. Depuis, la discrétion ou plutôt le mutisme de la presse occidentale, ne nous surprend pas, mais ne laisse aucune ambigüité quant aux coupables, hormis peut-être pour Ouest-France et d’autres médias véhiculant la propagande occidentale.

Je laisse le lecteur faire son choix: s’agit-il d’incompétence ou de contrevérité?

Cette volonté d’angéliser les nationaux-socialistes ukrainiens, suit très fidèlement la propagande étasunienne, capable de soutenir les pires crimes, et est reprise par les medias et les journalistes. Une telle attitude au service du pouvoir, celle de savoir de quel côté la tartine est beurrée, ouvre la voie à une grande carrière journalistique.

22 octobre 2014

Alexandre MOUMBARIS

  1. La devise du bataillon Azov n’est autre que «З нами Бог»Dieu avec nous»), pas loin du «Gott mit uns» des nazis. Par ailleurs son écusson (ci-dessous à gauche) ressemble étrangement à celui de la division waffen-SS Das Reich (ci-dessous à droite) de triste mémoire à Oradour-sur-Glane.

Emblem of the Azov Battalion.svg     Image illustrative de l'article 2e division SS Das Reich

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