La mort d’un antifasciste grec

par Kosta GOUSSIS

Thanassis Kossès ou Fania, comme l’appelaient ses amis, a perdu la vie le 18 novembre aux abords de l’aérodrome de Donetsk, lors d’une attaque nazie qui a causé aussi la mort de beaucoup de miliciens. Né en 1965 à Razdolnie, à la sortie de Donetsk, Thanassis Kossès était l’un des milliers de citoyens de descendance grecque de la région. Il se disait lui-même «romios d’Azov»*. Ayant étudié l’histoire et l’archéologie, et ayant un grand amour pour la littérature et les arts, il a vécu ces 20 dernières années à Athènes, dans le quartier de Kypseli, avec sa femme et ses deux enfants. Il y a quelques mois il était revenu à Donetsk pour prendre soin de sa mère âgée.

Quand ont commencé les bestialités nazies, Fania prit la décision d’y rester en vue de collecter du matériel pour le tournage du documentaire Le Livre blanc du fascisme en Ukraine. Travaux et journées. Il était attaché, de manière informelle, au service de Presse et de Propagande de laBrigade internationale et envoyait régulièrement des articles en Grèce. Il œuvrait par son témoignage direct, à briser le mur du silence et de la propagande qu’imposent les médias de masse à la botte du régime et la politique de la coalition gouvernementale, qui laissent des milliers de citoyens ukrainiens de descendance grecque exposés à la violence et à la persécution fasciste. Thanasis Kossès, profondément engagé dans la lutte antifasciste et la victoire de l’insurrection populaire, prit cet été une décision difficile et héroïque. En juillet il écrivait: «Les prochains jours il se peut que je laisse un peu de côté le ‘travail journalistique’ et que je prenne les armes. J’ai demandé et été admis dans les unités militaires en cours de formation. Ce n’est pas le moment où on peut rester neutre. Maintenant, il faut frapper les fascistes de front!»

Nous avons rencontré Thanassis Kossès dans le cadre de la Campagne antifasciste pour l’Ukraine et nous avons discuté au moyen d’internet. Dès le début de la Campagne nous écoutions avec fierté un Grec qui en dépit des risques, était à Donetsk dans la tourmente. Nous étions encore plus touchés d’apprendre qu’il s’était engagé dans la milice populaire et que l’arme à la main il honorait les meilleures traditions antifascistes internationalistes du mouvement populaire et progressiste. L’armée ukrainienne et les fascistes préparent sous les instructions des États-Unis et de l’UE de nouvelles frappes contre Donetsk et Lougansk. La République en constitution, pour laquelle combattait Fania, refusait de reconnaître le régime d’extrême droite de Kiev et avait organisé des élections, où la participation avait été massive, au milieu des bombardements, avait élu de nouvelles autorités politiques, forgeant ainsi l’unité populaire, étant un exemple pour l’Ukraine et pour le monde entier.

La gauche qui met sous la même enseigne les adversaires d’une guerre «inter-impérialiste», doit réévaluer sa position et le gouvernement grec doit enfin assumer la responsabilité de son admission/complicité aux crimes de guerre commis dans la région. Le sacrifice de Fania alimentera notre fortitude et nous inspirera à jamais!

23 novembre 2014

————————————————

[ΠΡΙΝ  http://prin.gr/?p=4839]

[Traduction Alexandre MOUMBARIS

correction Marie José MOUMBARIS]

* Le terme Ρωμιός est dérivé de Romain de l’époque de l’empire byzantin]

Publicités


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s