DÉGOÛTÉE, LA RUSSIE ABANDONNE OFFICIELLEMENT TOUT SEMBLANT DE « DIALOGUE » AVEC L’EMPIRE ANGLO-SIONISTE

The vineyard of the saker, 8 décembre 2014

Nous avons déjà publié les deux parties du discours du président Poutine à l’Assemblée fédérale de Russie [1] ainsi que le discours en vidéo avec sous-titres en anglais et en français [2]. Ce que je me propose de faire ici, c’est d’attirer votre attention sur quatre extraits du discours reproduits intégralement, avec les passages clés en caractères gras.  La majeure partie du discours portait sur des questions économiques et de politique intérieure. Je crois cependant que ces quatre extraits, plus particulièrement les expressions choisies par Poutine, en disent long sur la position actuelle du Kremlin par rapport à l’Occident. Voyez par vous-mêmes…

1) La Crimée est russe à jamais

Ce fut un événement d’une importance particulière pour notre pays et notre peuple, parce que la Crimée est une terre où vivent nos compatriotes, et que son territoire est d’une importance stratégique pour la Russie car c’est là que se trouvent les racines spirituelles de la Nation russe, diverse mais solidement unie, et de l’État russe centralisé. C’est en Crimée, dans l’ancienne ville de Chersonèse ou Korsun, comme les anciens chroniqueurs russes appelaient, que le Grand Prince Vladimir a été baptisé avant d’apporter le christianisme au Rus.

En plus de la similitude ethnique, de la langue commune, des éléments communs de leur culture matérielle, d’un territoire commun (même si ses frontières n’étaient pas tracées et stables), d’échanges économiques émergents et d’un gouvernement naissant, le christianisme fut une puissante force unificatrice spirituelle qui a contribué à impliquer dans la création de la Nation russe et de l’État russe les diverses tribus et alliances tribales du vaste monde slave oriental. C’est grâce à cette unité spirituelle que nos ancêtres, pour la première fois et pour toujours, se considérèrent comme une nation unie. Tout cela nous amène à affirmer que la Crimée, l’ancienne Korsun ou Chersonèse, et Sébastopol, ont une importance civilisationnelle et même sacrée inestimable pour la Russie, comme le Mont du Temple à Jérusalem pour les adeptes de l’Islam et du Judaïsme. Et c’est ainsi que nous les considèrerons toujours

2) La Russie ne deviendra jamais une colonie de l’Union européenne

À ce propos, la Russie a déjà apporté une contribution énorme en aide à l’Ukraine. Permettez-moi de rappeler que les banques russes ont déjà investi 25 milliards de dollars en Ukraine. L’année dernière, le ministère russe des Finances a accordé un prêt de 3 milliards de dollars. Gazprom a encore fourni 5,5 milliards de dollars à l’Ukraine et a même offert un rabais qui n’était pas prévu, en exigeant du pays qu’il ne rembourse que 4,5 milliards. Additionnez le tout et vous obtenez de 32,5 à 33,5 milliards de dollars récemment fournis.

Bien sûr, nous avons le droit de poser des questions. Pour quelles raisons cette tragédie a-t-elle été menée en Ukraine ? N’était-il pas possible de régler toutes les questions, même les questions litigieuses, par le dialogue, dans un cadre légal et légitime ? Mais maintenant, on nous dit qu’il s’agissait de mesures politiques équilibrées et compétentes auxquelles nous devrions nous soumettre sans discussion et les yeux bandés.

Cela n’arrivera jamais. Si pour certains pays européens, la fierté nationale est un concept oublié depuis longtemps et que la souveraineté est trop de luxe, pour la Russie, une véritable souveraineté est absolument nécessaire pour la survie.

3)  L’Empire était l’ennemi mortel de la Russie bien avant la Crimée

Nous nous souvenons bien de l’identité et de procédés de ceux qui, presque ouvertement, ont à l’époque soutenu le séparatisme et même le terrorisme pur et simple en Russie, et ont désigné des meurtriers, dont les mains étaient tachées de sang, comme des « rebelles », et ont organisé des réceptions de haut niveau pour eux. Ces « rebelles » se sont encore manifestés en Tchétchénie. Je suis sûr que les gens sur place, les forces de l’ordre locales, s’en occuperont de la manière appropriée. Ils œuvrent en ce moment même à stopper un autre raid de terroristes et à les éliminer. Donnons-leur tout notre soutien.

Permettez-moi de le répéter, nous nous souvenons des réceptions de haut niveau organisées pour des terroristes présentés comme des combattants pour la liberté et la démocratie. Nous avons alors réalisé que plus nous cédions du terrain, plus nos adversaires devenaient impudents et leur comportement se faisait de plus en plus cynique et agressif.

Malgré notre ouverture sans précédent alors, et notre volonté de coopérer sur tous les points, même sur les questions les plus sensibles, malgré le fait que nous considérions (et vous êtes tous conscients de cela, vous en avez tous le souvenir) nos anciens adversaires comme des amis proches et même des alliés, le soutien occidental au séparatisme en Russie, incluant un soutien informationnel, politique et financier, en plus du soutien des services spéciaux, était absolument évident et ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils seraient heureux de laisser la Russie suivre le scénario yougoslave de désintégration et de démantèlement, avec toutes les retombées tragiques que cela entraînerait pour le peuple russe.

Cela n’a pas fonctionné. Nous n’avons pas permis que cela se produise.

Tout comme cela n’a pas fonctionné pour Hitler avec ses idées de haine des peuples, qui a entrepris de détruire la Russie et de nous repousser au-delà de l’Oural. Tout le monde devrait se rappeler comment cela a fini.

4) La Russie ne se laissera pas intimider

Personne ne pourra jamais acquérir une supériorité militaire sur la Russie. Nous avons une armée moderne et prête au combat. Comme on dit actuellement, une armée courtoise, mais redoutable. Nous avons la force, la volonté et le courage de protéger notre liberté.

Nous allons protéger la diversité du monde. Nous dirons la vérité aux peuples à l’étranger, de sorte que tout le monde puisse voir l’image réelle, non déformée et fausse de la Russie. Nous allons promouvoir activement les affaires et les échanges humanitaires, ainsi que les relations scientifiques, éducatives et culturelles. Nous le ferons, même si certains gouvernements tentent de créer un nouveau rideau de fer autour de la Russie.

 Nous n’entrerons jamais dans la voie de l’auto-isolement, de la xénophobie, de la suspicion et de la recherche d’ennemis. Ce sont là des manifestations de faiblesse, alors que nous sommes forts et confiants.

À mon avis, la Russie est sortie de sa réserve avec éclat. Pour différentes raisons, Poutine et son ministre des Affaires étrangères Lavrov avaient jusque-là choisi de ne pas tenir ce genre de propos, mais depuis plusieurs mois déjà nous percevions un profond dégoût qui se manifestait de plus en plus ouvertement de la part des Russes. Aujourd’hui, les choses sont dites au grand jour.

Il est très clair que la Russie considère les USA comme un tyran arrogant qu’elle peut arrêter et qu’elle perçoit les régimes en place dans l’Union européenne comme des colonies privées de leur voix. Il est également clair que les Russes en ont marre d’essayer de plaider auprès de leurs interlocuteurs occidentaux ou de leur faire entendre raison. Les Américains sont trop arrogants, les Européens sont sans colonne vertébrale.

Contrairement aux Américains, les Russes parlent toujours à leurs ennemis et une forme de « dialogue » se poursuivra avec l’Occident. Mais il est évident que le Kremlin a abandonné tout espoir d’arriver à quoi que ce soit au moyen du dialogue. Désormais, la Russie va surtout s’appuyer sur des mesures unilatérales. Puis commeles Russes ne font jamais de menace, ces mesures provoqueront toujours une réaction de choc et de surprise dans les ploutocraties occidentales.

Je l’ai maintes fois répété, l’Empire anglo-sioniste s’est lancé dans une vraie guerre contre la Russie, dans le cadre de laquelle les forces armées ont moins d’importance que la guerre de l’information, mais elle n’en demeure pas moins une vraie guerre. Ce que l’Empire n’a probablement pas réalisé, c’est que cette guerre ne serait pas courte, mais longue. L’Empire a déjà utilisé la majeure partie de ses armes, mais les Russes amorcent à peine leurs opérations défensives. Cette guerre sera longue et ne prendra fin qu’avec l’effondrement d’une des deux parties.

Le 1er mars dernier, j’ai écrit que la Russie était maintenant prête pour une guerre [3]. La Russie ne voulait pas de cette guerre qu’on lui a imposée alors qu’elle n’était pas préparée. Aujourd’hui, Poutine nous a annoncé que la Russie refuse de se soumettre, qu’elle relève le défi et qu’elle va triompher.

 Le Saker
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr

Notes

[1] Discours de Poutine à l’Assemblée fédérale de Russie, le 4 décembre 2014, le Saker francophone.Première partie publiée en français le 05-12-2014 et deuxième partie le 08-12-2014.

[2] Discours de Vladimir Poutine à l’Assemblée fédérale de Russie, le 4 décembre 2014, le Saker francophone, 07-12-2014

[3] Obama just made things much, much worse in the Ukraine – now Russia is ready for war, The Vineyard of the Saker, 01-03-2014

Source : Disgusted, Russia officially gives up any pretense of « dialog » with the AngloZionist Empire, The Vineyard of the Saker, 04-12-2014

Publicités


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s