REFERENDUM GREC La crise du système de représentation politique des démocraties capitalistes s’approfondit

LECON 1 :

Après les NON français et néerlandais de 2005, après les NON irlandais, après la première alerte de Maastricht, le NON grec démontre que chaque fois que les électeurs européens peuvent s’exprimer directement et spécifiquement sur la question européenne ils rejettent la domination capitaliste lointaine glaciale et technocratique de l’UNION EUROPEENNE.

La « construction européenne », comme ils disent, ne peut désormais qu’avancer chaotiquement par le biais de tricheries de gouvernements élus sur des positions ouvertement mensongères comme le discours du BOURGET qui a fait de FRANCOIS HOLLANDE le meilleur fils spirituel de CHARLES PASQUA.

Les énormes pressions exercées sur les électeurs grecs, les manipulations grossières des sondages, les interventions médiatiques partisanes illégales le jour même du vote, les menaces écrites de généraux en poste n’ont pas réussi à endiguer la réaction de rejet des électeurs grecs (malgré un taux d’abstention de 38 % qui s’inscrit également dans un pays où le vote est obligatoire dans le rejet général du système actuel de représentation ) et l’ont probablement amplifiée.

LECON 2 :

L’examen comparatif des deux scrutins grecs successifs : législatives du 25 Janvier 2015 et référendum du 5 Juillet réalisé par les camarades du nouveau Parti Communiste Italien montrent que le score du non dépasse très largement l’audience des trois partis qui avaient appelé à voter NON. Ce qui démontre que sans l’astuce constitutionnelle consistant à accorder au parti arrivé en tête (SYRIZA) une prime de 50 sièges au parlement il n’y aurait pas eu de gouvernement TSIPRAS. Le NON dépasse et d’une certaine façon engloutit politiquement ses promoteurs. D’où la démission immédiate de VAROUFAKIS.

Symétriquement les partis du OUI sont désavoués par leurs électeurs. D’où la démission immédiate de SAMARAS.

25 janvier 2015

élections

5 juillet 2015

organisation d’un référendum

L’électorat (admissible)

9 910

9 860

Électeurs

6 330

6 160

Bulletins blancs et nuls

150

360

Votes recueillis en janvier par le KKE qui en juillet, a demandé de voter pour un texte rejetant les deux solutions celle de la Troïka comme celle du gouvernement Tsipras

340

Votes valables

6 180

5 800

Non à la troïka

3 560

Votes recueillis en janvier par les 3 partis ayant appelé à voter non

2 930

SYRIZA

2 250

ANEL

290

Aube dorée (XA)

390

Oui à la troïka

2 250

Votes recueillis en janvier par les 4 partis qui ont appelé à voter oui

2 530

Nouvelle démocratie

1 720

La rivière (à Potami)

370

MOV. Socialiste panhellénique (PASOK)

290

MOV. des démocrates (KIDISO) de la SOC.

150

Autres listes recommandés votes lors des élections de janvier

380

Les électeurs qui ont voté NON à la troïka sont 630 000 de plus que ceux qui en janvier avaient voté pour les partis qui ont appelé à voter non lors du référendum

Les électeurs qui ont voté oui à la troïka sont 280 000 de moins que ceux qui en janvier avaient voté les partis qui ont appelé à voter oui lors du référendum

Résumons : Janvier 2015, effondrement du PASOK, Juillet 2015 : effondrement de la Nouvelle démocratie. De la même façon l’effondrement du PS français est, on le sait, entamé. Le système historique de représentation des intérêts capitalistes généraux et du bloc atlantique (OTAN) est en ruines.

QUESTION :

Que peuvent faire SYRIZA et TSIPRAS ?

Soit et c’est le plus probable TSIPRAS poursuit sur sa ligne hyper légitimiste de respect de l’UNION EUROPEENNE et de l’OTAN et il s’appuie sur les décombres des partis de l’ordre capitaliste (PASOK et ND) en abandonnant son aile gauche. Un gouvernement d’Union nationale ainsi construit montre que SYRIZA est au mieux un nouveau PASOK gérant loyal du système

Ce faisant il donne raison au KKE qui a consolidé sa position stratégique en faisant approuver par 350 000 électeurs sa position du double NON et s’ouvre pour le camp des intérêts populaires une période où doit s’élaborer un nouveau mode d’expression et de représentation politique , élaboration qui aura nécessairement un écho du Portugal à l’Italie en passant par l’Espagne et qui sait au-delà.

Soit il prend acte de la crise mortifère de l’UE qui est pour l’heure principalement celle de l’Euro mais qui va consolider les positions centrifuges aussi diverses soient-elles des non Euros ( Royaume-Uni, Suède, Pologne, République tchèque, Hongrie Roumanie et Bulgarie ) et de la course à la guerre de l’OTAN où le dispositif grec de contrôle de la Méditerranée orientale et des détroits vers la Mer Noire est stratégique et il prend une place dans la nouvelle histoire en train de se construire.

HIC RHODUS ! HIC SALTA !

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