L’appel à la raison Valentin Martin et Jacques Maillard membres du Bureau national du Comité Valmy

L’appel à la raison

« La France est en guerre », « les jeunes Français doivent s’habituer à vivre avec le terrorisme ». Terreur et guerre, sur fond de crise économique, voici le noir tableau dans lequel Président de la République et Premier ministre entendent nous plonger durablement. Récemment Emmanuel Macron a jugé que la société française, trop fermée, « portait une part de responsabilité dans les tueries ».

Ce n’est pas la première fois que dans l’histoire du peuple français que despotes, traîtres et tyrans mus par leur rapacité et leur démesure l’entraînent dans des catastrophes. Mais à chaque fois, le peuple a su traverser ces épisodes douloureux et se relever grâce à une arme redoutable qui le caractérise : la raison.

Cette raison, si bien défendue par Rabelais, Descartes, Diderot et tant d’autres Français, lui a permis de défendre ses propres intérêts et de sortir vainqueur et uni de nombreux tourments passés : guerres civiles, guerres de religion, invasions ou occupations. Les révolutionnaires de la Première République firent même de la Raison le socle de leurs actions.

Aujourd’hui alors que les passions, maquillées en « identités », se déchaînent du Nord-Pas-de-Calais à la Corse, et que le piège de la haine semble se refermer sur le peuple français, il nous faut à nouveau faire appel à la raison, faire appel à sa raison.

La raison, c’est tout d’abord exercer la volonté du peuple en restaurant la primauté de la loi et les principes de la république. Cela exige la reconquête de la souveraineté, par la sortie de l’UE, de l’OTAN, et du TAFTA en gestation. En effet, le mépris de la loi manifeste un pourrissement général de la société, depuis le climat d’impunité pour les délinquants dénoncé par le général Soubelet, jusqu’aux cercles dirigeants qui de fraudes en hautes trahisons, ne cachent plus leur irresponsabilité et leur immunité.

Cette libération ne sera possible que si les Français parviennent à réaliser un compromis historique entre des intérêts divergents pour lutter contre un ennemi commun, comme le firent les membres du Conseil National de la Résistance.

La raison c’est ensuite défendre sa propre qualité de vie, comme le préconisait le CNR dans son programme « Le Retour des jours heureux ». Il s’agit de favoriser le progrès interne du pays face au modèle de l’expansion impérialiste. Le modèle du développement international prôné par les multinationales et la haute finance est en contradiction ouverte avec une tradition française du développement économique. Il entraîne appauvrissement, violences et régression technique.

Depuis le XVI eme siècle la France hésite entre la politique de croissance externe, promue par divers milieux intellectuels, d’affaires, militaires et religieux (colonies, extensions guerrières, agressivité mercantile, rapines et prédations diverses pour survivre…) et la politique de croissance interne (grands travaux d’aménagements, manufactures, urbanisme, instruction populaire…) pour, notamment, satisfaire aux besoins du « pauvre peuple » (Vauban). Le modèle de croissance externe fut mis en place par les autres puissances européennes. Colbert chercha à retrouver une indépendance financière et à rendre la balance commerciale excédentaire en substituant les importations par des productions nationales. Vauban tout en fortifiant les frontières du pays a encouragé le développement de l’agriculture, de l’industrie, des transports.

Le projet communiste du « socialisme dans un seul pays » consiste à développer l’économie nationale pour et par le peuple. Hitler, quant à lui, dans Mein Kampf prône le « développement colonial et commercial » et rejette « le modèle français » ou russe de développement interne, fondé sur le progrès technique et social et sur la maîtrise de la natalité. Hitler écrit que « la nature ne connaît pas de frontières politiques ». Seul ce développement interne, autrefois mis en place par les gaullistes et les communistes, permettra de renouer avec la prospérité des Trentes Glorieuses, et d’éviter les pièges des aventures coloniales et impériales promues par une partie de l’élite française.

Cette réindustrialisation ne peut se faire que grâce à un Etat prenant le contrôle et la propriété des secteurs stratégiques de l’économie, et planifiant les efforts des grandes, petites et moyennes entreprises. Le développement des technologies de pointe (nucléaire, automatisation…) permet d’éviter d’avoir recours au pillage de matières premières et de main d’oeuvre. Les auteurs et profiteurs du bradage des biens de l’Etat doivent être traduits en justice.

La raison, c’est aussi vivre en paix avec ses voisins. Le développement interne s’accompagnant généralement d’un commerce gagnant-gagnant réduit le risque de conflit, alors que les politiques coloniales engendrent, elles, pillages, et souvent représailles et terrorisme. Cette politique anti-coloniale exige la sortie de l’UE et de l’OTAN. Le même Hollande qui déclare que « la France est en guerre » répète que « l’Europe c’est la paix », alors qu’aujourd’hui la guerre fait rage à l’est comme au sud de l’Europe (Ukraine, Syrie, Libye), et qu’elle a fait rage en son sein même (Yougoslavie). La position de la France au conseil de sécurité de l’ONU, sa force de dissuasion, et sa présence géographique mondiale lui permettent d’appuyer cette politique de paix. Il faut lever les sanctions envers la Russie, renouer avec la « politique arabe » française et rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie. Les responsables de ces guerres criminelles, y compris les dirigeants français de l’époque, devraient pouvoir répondre de leurs actes devant la justice. Cette politique de paix doit se faire sans naïveté, en gardant la possibilité de se protéger contre les actions des puissances hostiles (agents, espions, propagandistes, financements toxiques, sabotage).

La raison, c’est enfin être en mesure de refuser toute forme d’aliénation, qu’elle soit d’ordre économique, culturelle ou religieuse. Le modèle de consommation imposé par les Etats-Unis d’Amérique et reproduit dans l’Union Européenne favorise toutes sortes d’addictions et de dépendances, légales ou illégales. Le préalable pour pouvoir vendre n’importe quoi, à n’importe qui, est la destruction de la culture, scientifique, littéraire et artistique. Le but est d’empêcher le marché de consommateurs ciblé de créer ses propres biens de consommation, mais aussi de détruire toute forme de goût et d’esprit critique. Sur le plan de la pensée, la destruction de la raison favorise le pouvoir de toutes sortes de marchands de bonheur, imposteurs, charlatans, clercs et autres gourous, dont on mesure aujourd’hui tout le pouvoir de nuisance.

La reconstruction de l’Education nationale doit à ce titre être une priorité. L’approche morale du savoir doit être définitivement remplacée par une approche rationelle. Il faut réapprendre à parler, lire et écrire le français. La langue française doit être rétablie partout en France comme langue de travail, notamment dans les entreprises, la recherche, l’enseignement supérieur et l’armée. Il faut restaurer les heures supprimées des disciplines littéraires, scientifiques et artistiques. L’histoire doit enseigner les faits au lieu d’enseigner les idéologies et le « fait religieux ». Les sciences doivent enseigner les lois de la nature, avant d’enseigner le respect de la nature etc.

En plus de former des travailleurs et des citoyens en mesure de faire prospérer une société indépendante, cet esprit rationnel seul est à même de lutter contre le fanatisme et la barbarie. Il est aussi ce qui a fait et continue de faire la force et le prestige de la France dans le monde. Il est ce qui lui donne tant d’admirateurs au sein des peuples, mais aussi ce qui lui donne un certain nombre de farouches ennemis au sein des oligarchies les plus réactionnaires, dont la nôtre.

Finalement pour le peuple de France, faire appel à la raison c’est appeler à l’union pour reconstruire une république française une, indivisible, souveraine, prospère et pacifique.

19 septembre 2016

Valentin Martin et Jacques Maillard,
membres du Bureau national du Comité Valmy

Mise en ligne 19 septembre 2016

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