La question de la Macédoine: Un Nom ou des Mesures pour édifier la confiance?

Vangelis PISSIAS, Professeur émérite, Dr Relations économiques internationales

«Quand la ville s’insurge, personne n’a le droit d’être neutre»  (Aristote le Stagirite)

(Ce n’était pas seulement Alexandre le Grand qui était macédonien, Aristote l’était aussi…)

À Thessalonique et sur la place de Syntagma, il n’y a pas eu d’insurrection, peut-être était-il encore trop tôt. Néanmoins, cette très grande foule envoyait un message [plus d’un million – NdT], muette, sans rage, sans cris ni insultes. Certains l’ont compris, mais pas le gouvernement, qui s’est hâté  de proférer tout seul sa propre insulte.

 

  1. 1. La crise ethno-politique – contrôlée, au moins pour le moment – concerne ladite «question macédonienne» qui se développe dans un espace anthropogéographique qui dépasse les limites de la Macédoine historique (IVesiècle avant notre ère).

En cherchant les racines plus tardives de la question macédonienne, on peut prendre comme repères approximatifs l’incursion des Slaves (VIIe siècle de notre ère) et sept siècles plus tard la conquête par les Turcs (XIVe siècle); la première grande insurrection anti-ottomane de Ilinden (1903), la Lutte macédonienne (1904-1908), la libération du joug ottoman lors des guerres balkaniques (1912-13) et la répartition de la Macédoine entre la Grèce, la Serbie et la Bulgarie ayant donné lieu à l’émergence d’un mouvement politique dit «mécédoniste» (1934)1 qui a abouti après la guerre, à la création d’un petit État fédéré yougoslave2autonome aux territoires de la Serbie méridionale macédonienne.

 

  1. 2. La question de constitution d’une partie de l’espace anthropogéographique macédonien en un petitÉtat fédéré au sein de la République fédérative yougoslave (1944) et puis enÉtat indépendant (1991) est suffisamment traité par la bibliographie existante. Toutefois ce qui n’est pas couvert est la question du but objectif et du sens subjectifC’est-à-dire quel but objectif meut le séquencement historique (phases-culminations-bouleversements) qui a commencé à la fin du XIXe siècle pour arriver à nos jours? Quel est le sens subjectif qui mobilise les populations macédoniennes – hellénophones, slavophones, albanophones, vlachophones – et quel est celui qui mobilise les pouvoirs politiques, économiques et intellectuels? Comment tous ceux-là, s’inscrivent-ils dans cette séquence historique, à quelle référence ethnique du passé se rapportent-ils et aujourd’hui quel schéma social les rallie, quelle sorte de conscience se développe là?

 

  1. 3. [… Pour que je découvre ce qu’ils savaient de la tradition, j’ai demandé à quelques enfants d’un village près d’Okhrida3…. «qui a construit cet endroit?»…. «nos grand-pères, m’ont-ils répondu»… «et qui étaient-ils? ai-je demandé?… «étaient-ils des Serbes, des Bulgares, des Grecs ou des Turcs?»… «ce n’était pas des Turcs c’était des chrétiens»…. c’était presque tout ce qu’ils savaient…]récit du Britannique H.N. Brailsford4, à la tête duFonds de secours britannique pour les Balkans, qui se trouvait sur place en 1903 après l’insurrection d’Ilinden.

Se référant à la langue prédominante dans la région, il la caractérise comme «dialecte macédonien» en ajoutant «qu’il n’appartient ni a littérature bulgare ni à la serbe, bien que s’apparentant plutôt à la bulgare»5. Bien que ces témoignages ne constituent pas des généralisations catégoriques, ils ont néanmoins leur importance dans la mesure où ils renforcent la thèse que la conscience nationale macédonienne parmi ces populations de l’actuelle Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM), au moins à cette époque, n’existait pas. Le sens subjectif donné aux résistances des populations macédoniennes était présumablement libérateur, tourné en premier lieu contre le joug ottoman et plus tard contre l’oppression du royaume de Serbie, jusqu’à ce que ladite question macédonienne soit alimentée par la Bulgarie et le Comintern, chacun avec ses propres objectifs. Une insurrection visant à la création d’un État macédonien unifié indépendant, n’existait pas à cette époque, et plus tard non plus.

La coexistence pacifique avec le pays voisin, tant que celui-ci accepte le sort d’un protectorat… ne peut être assurée.

  1. Pour certains la dénomination territoriale de la conscience nationale, comme résultat d’une conscientisation majoritaire, serait ethnique, de même que la question de la langue macédonienne (dialecte, en réalité), qui pour d’autres ne remplit pas les conditions nécessaires pour une identité nationale ni pour la création d’unÉtat national indépendant; alors que certains autres encore considèrent qu’elle serait la condition préalable et suffisante; et finalement pour d’autres encore elle seraitla condition préalable mais insuffisante.

Les premiers, réfléchissant intelligemment, tout au moins dans la présente et pour le moins, pénible phase, ne mettent pas en avant leur conception moderne ou post-moderne de l’identité nationale qui se réfère à la théorie subjective de la nation et de l’État national. Ils laissent la discussion se développer et attendent l’été «pour que tombent les signatures, que la ARYM entre en fanfare et trompettes à l’OTAN, et que l’on en finisse»….

Certainement, cette conception, à la base moderne, idéologique et simultanément pragmatique, est en contradiction avec la prémoderne; elle ne met pas de limitations à ceux qui dessinent de nouvelles cartes géopolitiques*, qui détruisent des pays pour en créer de nouveaux à intérêt spécifique, c’est à dire leur intérêt à eux. Les Balkans, l’Afrique et le Moyen-Orient sont leur espace privilégié, et le XXe et XXIesiècles leur nouvelle ère.

Cette perception, malgré le fait qu’elle soit aujourd’hui considérée prédominante, ne résiste pas à la critique, sauf si l’on admet sans conditions la capitulation de l’humanité à la forme la plus agressive et dévastatrice de la globalisation. Sa conséquence logique, est l’accroissement des États nationaux qualifiés euphémistiquement de souverains – la dislocation des États multiethniques ou la création d’États «de complaisance» — en innombrables États. Cependant savoir combien d’entre eux sont viables et quelque peu souverains, et combien de protectorats qui ont des devoirs et des buts spécifiques, est une question fondamentale. Ceci étant un problème qui ne concerne pas seulement l’ARYM mais aussi, implicitement sinon clairement, la Grèce.

Les seconds préconisent un mécanisme idéologique accessoire des premiers, soit parce qu’ils croient en cette idée, soit parce que les résultats politico-pratiques de cette idée leur conviennent.

Pour ceux qui «adhèrent» à l’idée «d’une condition nécessaire et suffisante», le problème est, dans de nombreux cas, examiné avec une honnêteté scientifique par rapports aux faits réels. Si leurs données sont justifiées, alors ils concluent qu’il existe une base objective pour la création d’un État national. Autrement, ils sont conduits à la conclusion inverse.

Dans le cas de ceux qui sont intéressés en premier lieu au résultat politique, si les faits réels ne concordent pas avec leur position politique, alors tant pis pour les faits… Car alors il arrive qu’ils se fassent piéger eux-mêmes et dans le meilleur des cas que les faits soient mésinterprétés (erreur subjective). Dans le pire des cas, les faits sont simplement falsifiés. C’est ce qui arrive dans la plupart des cas, dont celui de l’ARYM.

Les troisièmes enfin, ceux avec qui ce texte s’accorde, considèrent que la question de la dénomination géographique, de la conscience nationale et de la langue constitue certes une condition préalable nécessaire pour la création d’un État, mais qu’elle n’est toutefois pas suffisante pour qu’il devienne un État national souverain.

En ce qui concerne la position de la Grèce à l’égard de l’ARYM, même si la condition nécessaire ci-dessus soit valable, elle ne pourrait être considéré suffisante sans que soient pris en considération, entre autres, les critères déterminants suivants: a) la non-viabilité de ce nouvel État enclavé, fait qui le rend imprévisible en cas de crise régionale, balkanique b) sa fragilité étatique-institutionnelle, la faiblesse structurelle de son personnel politique, etc.

La coexistence pacifique et créative avec le pays voisin, tant que celui-ci se prête au sort d’un protectorat et ne propose pas de se défaire de son rôle d’instrument – qui demain peut-être déstabilisateur – ne peut pas être assurée.

La prise en considération des conditions susmentionnées n’accorde pas de marges à la Grèce contemporaine pour effectuer des concessions à un pays qui demain pourra lui réclamer des droits infondés.

À quel point les Grecs comprennent-ils ou ressentent-ils ce que signifie le mot Balkans?

 

  1. Pour les raisons ci-dessusle texte présent ne se concentre pas sur la question de la dénomination, sur laquelle se focalise pour des raisons évidentes, le gouvernement du pays voisin, entrainant avec sa tactique insistante, notre gouvernement piégé, réduit à une politique de courte vue et enclin aux concessions. Au contraire, le texte met l’accent sur la stabilité et la soutenabilité de la coexistence pacifique entre les deux États voisins, signalant les dangers créés par des accords opportunistes et infondés, faits sur ordre. Le nombre des accords sans consistance dans le monde récent, l’histoire des Balkans et du Moyen-Orient, est incalculable. Des catastrophes sans fin procèdent des retraits et des concessions (voir la Yougoslavie, le Moyen-Orient, juste ces dernières décennies).

 

  1. Des exemples où de conflits graves ont parfois empirés ou parfois pas, pour des désaccords de caractère dénominatif-toponymique, ont existé et existent en abondance. À titre indicatif les conflits entre la République de Chypre et le pseudo-État turco-chypriote, ainsi qu’entre la République populaire de Chine et la République de Chine. Le premier n’a été reconnu par aucun pays sauf la Turquie, et la République de Chine n’est reconnue que par seulement 22 pays.

À titre indicatif voici aussi quelques exemples de la seconde catégorie de polémiques entre États, parfois conflictuelles, mais qui n’ont toutefois pas été aggravés provoquant également une crise de dénomination:

(a) Israël-Palestine, où les Hébreux ont choisi le type patronymique, en l’occurrence Israël, étant le nom de Jacob, et non pas Judéen, du type ethno-géographique, dérivé de Judée, pays de la tribu de Juda, alors que les Palestiniens ont pris leur homonyme de type ethno-géographique.

(b) Sénégal-Mauritanie-Malioù le nom de leur bassin international commun, celui du fleuve Sénégal, qui naît au Mali et sépare la Mauritanie du Sénégal, ce dernier pays ayant adopté l’homonyme de type géographique, alors que la Mauritanie et, dans un certain sens, le Mali ont préféré pour leur nom le type ethno-racial.

Il serait peut-être digne d’intérêt de noter la catégorisation des noms des États membres des  Nations Unies en 4 types: raciaux-ethniques, géographiques, d’orientation (Nord, Sud, Est, Ouest) et de patronymique, dont moins d’un tiers des États a choisi le type de catégorie racial-ethnique et moins de deux cinquièmes le type géographique.

 

  1. Vers quoi donc tend l’insistance du nouvelÉtat voisin pour un nom qui, avec son entérinement par la Grèce en particulier, crée et renforce des conditions objectives pour une future crise? Quel est le but servi par cette persistance, d’apparence innocente, de sa direction politique pour un nom de caractère manifestement structurel, hiérarchique qui consiste à réarranger deux entités anthropogéographiques voisines, où la nouvelle entité, la slavomacédonienne, serait érigée en gouvernement national et où la plus ancienne, la grecque historique, serait de jure, dégradée en entité géographique macédonienne régionale?

Étant donné que l’échelle du temps historique dépasse de très haut le temps politique des simplement généreux et bien intentionnés (hypothèse de travail) MM. Tsipras, Kotzias et al., ainsi que les simplement obsessionnels, et peut-être un peu rusés (encore une hypothèse de travail) MM Zaev**, Dimitrov*** et al., peut-on garantir qu’il n’y aura pas de développements pour transformer une situation de jure en de facto? Dès lors le pays voisin à notre Nord, reconnu même par nous, par la signature de notre expéditif gouvernement, comme entité nationale macédonienne, jouira de tous les privilèges de représentation d’une nation macédonienne, un État-nation irréel – mais qui s’intéressera à ce détail? – préfabriqué à des fins spécieuses et spécifiques mais avec d’autres buts.

Quelle courte vue, sinon autre chose, est la perception du gouvernement qui n’envisage pas que derrière la modification, à savoir d’un ou de deux articles dans la constitution du pays voisin et le démantèlement de quelques statues et plaques se dissimule l’irrédentisme? Quelle ignorance du danger caractérise ceux qui ne connaissent pas les mille visages de l’irrédentisme? Quelle concession face au nationalisme vulgaire des voisins et quelle reculade devant l’hégémonisme agressif et dangereux post-national des États dominants et d’autres, alors que certains des nôtres, soi-disant internationalistes, plient en permanence l’échine devant le nationalisme des autres? Combien peu comprennent-ils et ressentent-ils la signification du mot Balkans?

 

  1. La solution au problème macédonien, ou plutôt le cheminement vers la solution, concerne un problème ardu du fait qu’il est dans sa structure et son essence, systémique. Et quand en cela sont mêlés, l’histoire avec la géographie naturelle, l’anthropogéographie, l’ethnologie, la linguistique, la géoéconomie, la géopolitique, etc. – tant dans leur forme analytique qu’empirique, il est presque clair que le lever du «soleil de la solution» ne sera pas pour demain. À moins que la «solution» ne soit imposée de l’extérieur et d’en haut par la poigne, ainsi que de l’intérieur par l’imbécilité. C’est ce qu’enseigne l’histoire.

 

  1. La référence évocatrice de deux seulement des thèmes étudiés par l’histoire, l’ethnologie et la linguistique a été faite pour répondre au puissant argument dudroit à l’autodétermination d’une populationplus ou moins formée en entité ethno-sociale. La réponse à cette interrogation, selon les assertions précédentes, est que ce droit, par rapport aux citoyens de l’État nouveau-né voisin de s’établir en État macédonien, n’est pas fondé.

Des années ont passé et beaucoup d’autres passeront aussi jusqu’à ce que l’un des deux points de vue ait le dessus6. Mais pendant ce temps, que se passera-t-il?

 

  1. Parvenir à un accord définitif entre la Grèce et l’ARYM sur le droit de celui-ci à l’autodéterminationen tant qu’État macédonien n’exclut pas, au contraire impose la convergence et l’accord sur un autre droit encore plus fondamental: le droit des êtres humains qui vivent dans ces deux pays voisins — que l’Histoire a attelé ensemble7 par plusieurs siècles de vie commune sous la forme d’un ensemble (anthropogéographique, polyethnique régional mais non pas national, mais divisés aujourd’hui par des événements tout récents, obéissant à des velléités supranationales –  de coexister dans la paix en bâtissant solidement entre eux la confiance8 et d’entreprendre une coopération mutuellement bénéfique, évoluant dans tous les domaines d’un développement viable. Ce qui veut dire, que le problème macédonien, dans une période de temps raisonnable, devrait être traité comme un problème de relations internationales, fixant comme objectif principal la coexistence pacifique et créative.

Sans aucun doute, la mise en chantier de cet objectif principal, exige l’approfondissement des questions qui se rapportent à la dynamique des relations internationales de notre époque. Elle exige parallèlement des efforts systématiques d’approches en commun de problèmes qui concernent des paramètres historiques, anthropogéographiques, écologiques, économiques, sociaux et culturels de la fonction macédonienne qui à cause des multiples facteurs est très difficile à résoudre.

 

  1. Tout ce que l’on écrit à propos de l’impossibilité, en droit, de fonder l’autodétermination de l’ARYM comme entité étatique nationale macédonienne, tout cet argument gouvernemental pour nous démontrer les bienfaits de ce traité, arguant qu’il serait fait pour notre bien et que les intentions de part et d’autre seraient innocentes n’est qu’un argument pourri. La question cruciale est et reste la suivante:«Sommes-nous un pays dynamique, créatif, avons-nous un État qui fonctionne bien et efficacement, disposons-nous d’une direction politiquement et mentalement vigoureuse et indépendante? Si les réponses sont oui, tout va bien, sinon comment freinerions-nous les chantages des États-Unis, de l’OTAN et de l’Union européenne, et comment supporterons-nous le poids d’un effort à longue haleine pour faire comprendre et accepter la position de la Grèce et la faire valoir sur la scène politique mondiale, comme élément important et non- négociable dans ses relations internationales?»

Cette interrogation, certainement bien fondée, préoccupe très justement beaucoup de ceux qui réagissent comme nous à ce traité, alors que le gouvernement, allant à contresens, l’adopte, le propage et    se hâte de le signer.

Et en effet, le gouvernement en instrumentalisant les intellectuels qui se pressent à son service – certains par intérêt personnel et d’autres par conviction idéologique – à sa façon s’approprie ces interrogations avec l’intention de faire taire ceux qui s’y opposent et qui réagissent. C’est-à-dire l’écrasante majorité du peuple grec, comme le démontrent tous les indicateurs sociaux.

Cela nous rappelle ce dicton bien connu -mais extrêmement déplorable – venant du passé de la «galleuse»9, lui attribuant une servilité bien absorbée, c’est le moins que l‘on puisse dire, «… comment irons-nous pieds-nus parmi les épines ….».

C’est ainsi que nous lisons, entre autres, dans la publication de leur parti la merveilleuse, autant qu’actuelle, citation de Panagiotis Kondylis: «celui qui exige constamment des prêts et des dons pour financer sa paresse et son incompétence organisationnelle ne peut attendre impressionner personne avec les ‘droits’ qui lui restent».(Panagiotis Kondylis, Conditions, paramètres et illusions de la politique nationale grecque).

En fait que sous-entend le découvreur de cet extrait? Que le «strictement descriptif» Kondylis: – jamais instrumentalisé comme les intellectuels susmentionnés – il y a 20 ans abandonnait ce, peut-être, vain monde, adoptait la théorie la «galeuse» comme l’inévitable destin de l’hellénisme et exhortait les Grecs de s’y soumettre?

Revenant à ceux qui ont une connaissance de soi ainsi que des pathologies du pays, mais qui cependant réagissent. Pour eux, une voie existe:

Qu’il n’y ait pas d’accord, c’est-à-dire que nous nous «redressions» et que nous commencions deux efforts parallèles: le premier concerne la compréhension de la position de la Grèce sur la scène politique mondiale et chercher à l’établir comme élément important et non négociable dans les relations internationales, le deuxième est que nous devenions un pays créateur se donnant une direction politique et mentale, indépendante et vigoureuse.

 

Pour conclure

  1. a) Le délai alloué, ou tout simplement fixé, sous les instructions de l’OTAN et desÉtasuniens est tout à fait insuffisant pour compléter les nécessaires processus politiques, sociaux, économiques et culturels, en vue de produire des résultats stables et pérennes.
  2. b) Dans les relations internationales,le degré d’indéterminationest énorme, peut-être même plus grand que celui qui affecte l’évolution biologique des espèces … Les constantes géopolitiques sont toujours limitées en nombre, mais d’une importance cependant déterminante. Elles ne restent pas immuables, mais forment des trajectoires en spirale de plusieurs décennies et même de siècles. Pendant leur durée, ceux qui pensent en termes d’opportunité («c’est un homme bon et raisonnable ce Monsieur Zaev», «Mieux vaut signer maintenant, demain ce sera trop tard ..» etc.) ou se livrent apeurés à des «tactiques».

En fait tous ceux qui ne pensent pas en termes de géostratégie ethnique, régionale et globale, par leur signature, mettent en danger l’avenir pacifique de notre pays et de l’autre aussi.

  1. c) La question de la reconnaissance par la Grèce de l’ARYM en tant qu’État national macédonien,ne peut être posée présentement, surtout comme condition préalable.La Grèce n’a aucune raison de discuter ou de reconnaitre le nom macédonien. Une quelconque insistance nationaliste de la part du peuple grec – selon des dires manifestement rusés est dans ce cas absente.

Chaque nom macédonien, en soi et de lui-même, étaye et donne lieu à des vacillations irrédentistes et se propose à desseins de pouvoir modifier à nouveau la carte des Balkans.

En conclusion, le problème macédonien aujourd’hui concerne une étape finalisée, substantielle et essentielle pour la durée des Mesures d’Édification de Confiance (MÉC), dont les résultats devraient faire l’objet d’évaluations constantes.  Cela exige son propre délai raisonnable.

 

Athènes, 18 février 2018

 

* Ce n’était pas, par exemple, dans les écoles grecques que l’on enseignait la géographie sur des cartes irrédentistes faisant apparaitre les territoires au Nord de la  Macédoine historique comme appartenant à la Grèce, mais bien dans celles de l’ARYN où ces pratiques avaient lieu.

** Zoran Zaev Président du gouvernement de l’ARYM, du parti Union social-démocrate de Macédoine-(SDSM

***Nicola Dimitrov ministre ARYM des Affaires estrangères, du parti SDSM

 

 

 

Notes

1 Un modèle de «macédonisme» a été esquissé au milieu du XIXe siècle, lié toutefois à l’idéologie nationale bulgare.

2 Comme les Länder allemands.

3 La ville d’Okhrida est située à environ 100 km au nord de Florina, sur le territoire de l’ARYM.

4 H.N. Brailsford «La Macédoine, ses tribus et leur avenir», p 127, édition Odysseus 2006 (première édition anglaise 1906). Il convient de noter que l’auteur ne montre aucun type de philhellénisme.

5 Si cela veut dire quelque chose, le grec est une branche du premier ordre dans le corpus linguistique européen. Les langues bulgare et serbe sont des branches de quatrième ordre (slaves).

6 La confrontation de ces deux points de vue doit se poursuivre, mais sans illusions sur leur caractère démonstratif.

7 Parlant des Grecs de Macédoine et des plus récentes tribus slaves — (les Slavomacédoniens)

8 La confiance, un concept crucial, déterminant dans le cadre des relations internationales, en particulier quand il s’agit de résoudre des crises.

  1. ψωροκώσταινα,celle-ci étant une Grèce misérable.

 

——————————————————

[Traduction Alexandre MOUMBARIS

relecture Marie-José MOUMBARIS]

 

 

 

democrite@neuf.fr

https://dossiersdubip.wordpress.com/

Éditions Démocrite,

6, rue du Haras,

Juvigny /s Andaine

61140 JUVIGNY VAL D’ANDAINE

00 33 2 50 75 62 03

Le tarif des abonnements (France et étranger) à la revue Dossiers du BIP (publié par les Editions Démocrite) est de :

40€ pour 12 numéros, 20€ pour 6 numéros, 10€ pour 3 numéros.

Pour les retraités, les étudiants… le tarif est de :

24€ pour 12 numéros, de 12€ pour 6 numéros  et de 6€ pour 3 numéros

 

Cliquez ici pour répondre au message ou le transférer

1 Go (6 %) utilisés sur 15 Go

Gérer

Conditions d’utilisation – Confidentialité

Dernière activité sur le compte : Dans 1 minute

Détails

Publicités


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s