Mikis Théodorakis: discours historique prononcé lors du rassemblement pour la Macédoine le 4 février 2018

Mes bons Grecs, mes frères, fascistes, racistes, terroristes, nazis, anarchistes, voyous,*  vous aurez appris sûrement que les patriotes qui nous gouvernent et leurs narco-mules les gauchistes, recueillaient des signatures, et hier ils ont jeté des peintures chez moi pour m’empêcher de te parler à toi peuple souverain. Pour que je ne puisse pas te parler avec des mots francs, patriotiques, ardents et sans concession, comme j’ai appris à parler tout au long de ma vie et comme tu me l’as enseigné Peuple grec. De parler et d’agir pendant toute ma vie en dépit des sacrifices et je te remercie pour cela.

Eh bien, écoute. Ce matin, j’ai reçu une collection de poèmes de Thessalonique dont je vous lis un extrait notable. «L’esprit, la pensée, s’épanouissent avec Thalis, Thucydide, Protagoras, les auteurs tragiques, l’audace de Thémistocle et de Kolokotronis.»

Chers Amis et chères Amies, je consacre mon intervention au Grec qui nous a libéré du joug ottoman, mort, comme aujourd’hui, le 4 février 1843, Théodore Kolokotronis.

Moi je n’ai pas honte comme les ethno-nihilistes qui nous gouvernent et je reste fidèle aux ombres sacrées de nos ancêtres qui nous ont enseigné l’amour et le sacrifice pour la Nation et la Patrie. Une patrie qui respecte et aime toutes les autres patries dans le monde. Oui je suis un patriote internationaliste et en même temps je méprise et je combats le fascisme dans toutes ses formes et surtout dans sa forme la plus perfide et dangereuse, la forme gauchisante.

Comme celle qui avec ses groupuscules d’extrémistes, qui ne sont que de simples terroristes lâches. Comme celle des minorités qui nous gouvernent et détruisent notre pays retranchées derrière les alchimies électorales des politiciens bourgeois, rusés, tristes appendices d’un système qui nous mord, nous fait mal parce qu’il se meurt, il en est conscient, et c’est pour cela qu’il est encore plus dangereux! Et maintenant que j’ai dévoilé mon identité dans toutes les directions, je peux commencer mon discours.

Chers et chères patriotes dans cette période difficile pour notre pays, où les nuages sombres apparaissent, s’accumulent menaçants autour de nous, nous sommes appelés à affronter, plus unis que jamais, ces nouveaux, mais pour nous inattendus, problèmes.

Skopje [capitale de l’Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM)– NdT] véhiculant le nom de «Macédoine» et en déformant les faits historiques à un degré risible, cherche en fait à élargir ses frontières au détriment des nôtres, pour créer ainsi la soi-disant «Macédoine de la mer Égée». Depuis des décennies, cet objectif lui sert de principale cible nationale, ayant eu pour effet de nourrir des générations de sa population avec cette idée, ce qui fait qu’aujourd’hui ils ont la conviction d’être les descendants directs des rois de Macédoine Philippe et Alexandre le Grand.

Avec une vraiment colossale propagande, ils ont réussi à entrainer un grand nombre d’États dans cette bouffonnerie historique, tout en profitant de l’attitude des Grecs – responsables périodiquement de n’avoir fait aucun effort pour corriger cette grossière falsification de    l’Histoire aux yeux des étrangers.

Par conséquent nous devons reconnaitre que nous portons la responsabilité d’avoir permis que tant de générations de Skopiotes soient élevés avec les idées susmentionnés, de sorte qu’aujourd’hui, il semble futile ou même injuste de leur demander de changer «leur» nom, qu’ils ont intégré et d’en être arrivé à ce triste point qui nous vexe en tant que Peuple, d’être obligés aujourd’hui de nous excuser pour notre patriotisme! De l’autre côté, il ne nous est pas permis d’être d’accord avec cette falsification de l’histoire, parce que nous devenons alors complices des forces qui ciblent ouvertement notre intégrité territoriale.

Alors que peut-on faire? Je pense que nous devons admettre nos erreurs et nos responsabilités envers nos voisins. Je vous demande, avons-nous des responsabilités? La seule solution, à mon avis, est de permettre aux Skopiotes de croire à leur mythe national, et parallèlement en ce qui nous concerne de rester toujours fidèles et inflexibles à la grécité de la Macédoine et de ne jamais donner notre accord qu’un autre pays existe, une autre fausse «Macédoine». Parce que si nous le faisions, ce serait comme si nous voulions nous crever les yeux avec nos propres mains.

Le Conseil des dirigeants politiques de 1992 avait décidé d’établir une feuille de route nationale commune par rapport à la dénomination, dans laquelle le mot Macédoine ne figurerait en aucune manière, pas même avec des définitions géographiques ou autres, telles que «Haut», «Bas», «Sur» ou pire encore «Nouvelle-Macédoine», parce que cela dénie la Macédoine historique grecque et se déclare comme héritière d’un territoire avec un autre peuple. Toute retraite derrière cette ligne de résistance aura des résultats désastreux pour l’avenir de notre pays.

Toute retraite en ce moment de notre position sur le nom, sera comme si nous ouvrions béantes nos frontières à ceux qui nous menacent clairement et éhontément dans le texte de leur propre Constitution. Nous devons être vigilants pour la préservation de notre intégrité nationale, car il existe des puissantes forces internationales qui visent à «saucissonner» la région des Balkans. Le cas de la Yougoslavie est encore frais. La prochaine victime sera notre pays.

Les nuages noirs qui nous menacent deviennent chaque jour plus visibles. Si aujourd’hui nous cédons devant le flagrant défi des Skopiotes sans qu’ils abandonnent le principal objectif de leur politique nationale, la recherche de devenir membres de l’OTAN et de l’Europe avec l’aide de notre vote, pour pouvoir nous menacer demain d’une position plus forte … nous serons responsables de notre sort.

Si nous battons en retraite, par essence nous ouvrons les portes pour que passe et s’impose pour toujours un tragique mensonge historique avec des conséquences imprévisibles pour notre patrie. Les fameuses «concessions» de Monsieur Zaef, ainsi que ce qui se rapporte à la dénomination synthétique, c’est tout simplement que du foin pour des veaux. Ce sont des ruses stupides qui ne peuvent valoir que pour des peuples idiots et à genoux. Pour nous c’est honteux de parler de cela parce que le nom de n’importe quel aéroport et n’importe quelle avenue dépend de leur capacité exclusive et peut être changé à nouveau dès qu’ils atteindront leurs buts. Vraiment, pensez-vous que le Premier ministre skopiote nous considère si stupides ou prêts à baisser nos pantalons? … Et je vous demande pardon pour cette expression. C’est cependant la seule qui soit compréhensible de tous ces étrangers ainsi que des nôtres, qui croient que parce nous avons été conduits avec les memoranda qu’ils nous ont imposé au dernier stade de la misère, que nous en avons oublié notre histoire, que nous en avons oublié qui nous sommes, nos caractéristiques fondamentales, notre mentalité et notre éducation.

Toutefois, ce n’est pas la première fois que tout le monde autour croit que le Grec a été changé en Raya [terme ottoman de mépris, aux soumis non-musulmans –  NdT], mais qu’il se remet à nouveau debout. Bien entendu, nous sommes toujours un peuple épris de paix et de coexistence amicale avec nos pays voisins. Parallèlement nous devrions savoir que de l’autre côté, il y a un État profond qui conspire avec d’autres puissances internationales contre l’intégrité de notre pays et c’est pour cette raison nous ne devrons pas nous leurrer et prendre toutes les mesures pour assurer sa défense.

Je devrais ajouter ici que cette situation de continuité du statu quo et de coexistence pacifique, doit être considéré comme notre ultime retraite, devant l’inéluctable réalité. En fait, nous n’avons rien à perdre. Qu’il y ait des pays qui aient reconnu Skopje sous le nom de «Macédoine», inconscients d’être ridicules devant l’Histoire, n’est pas du tout notre préoccupation, puisque c’est notre décision, à nous tout seuls, qui légitimera historiquement et déterminera finalement ce sujet. Parce que seuls les Grecs peuvent dans l’avenir, donner ou ne pas donner, aux Skopiotes le droit de s’approprier le nom de Macédoine, une partie intégrante de l’hellénisme, à tous égards, historique et culturel. Pour dire les choses plus simplement et que je me fasse comprendre, il faut que la Grèce mette son sceau pour que le Skopiotes soient considérés comme de vrais «Macédoniens», et non pas des falsificateurs comme aujourd’hui.

Tant que nous refusons, comme je l’ai déjà dit, de nous crever les  yeux avec nos propres mains, pour plaire aux États-Unis, à l’OTAN et à l’Europe, nous pourrons tranquillement continuer notre vie comme nous l’avons fait pendant tant années. Mais cela veut dire que nous devrons refuser toute autre concession. Aussi longtemps que les Skopiotes nous menacent avec leur propagande irrédentiste, leur inacceptable Constitution, les soi-disant symboles et places macédoniens avec leur soi-disant «Alexandre le Grand», nous comme Peuple responsable, héritier d’une longue histoire, poursuivrons la politique de coexistence pacifique, mais tant que cela dépend de nous, nous ne consentirons en aucun cas qu’ils deviennent membres de l’Union européenne ou de l’OTAN.

En ce moment critique et face à la probabilité que nous soyons conduits à des situations de tragédie nationale, je considère qu’il n’est pas juste que la responsabilité des décisions soit assumée par quelque gouvernement que ce soit, à lui tout seul. Non seulement un gouvernement minoritaire comme l’actuel mais ni même un gouvernement de majorité populaire, ni même le Parlement lui-même. Alors, quelle est la solution? Le référendum?

Pour nous, la position du Peuple grec sur cette question particulière est très claire, stable et évidente, sans qu’il soit nécessaire d’organiser un référendum. Mais si toutefois un gouvernement songe à mettre la signature de notre pays sur la question de nom, simple ou complexe, portant le nom de Macédoine, il ne fait aucun doute, qu’il est obligé d’en demander d’abord l’accord au Peuple grec. Nous, les citoyens grecs, n’acceptons pas être des observateurs passifs alors que notre pays fait face à tant de problèmes critiques qui peuvent nous affecter pour de nombreuses décennies.

Dans le cas donc, où le gouvernement oserait apposer une telle signature, je lance un appel à tous les membres du Parlement grec qui sont en droit de demander un référendum; sur cette question d’importance nationale: «Soumettez au débat parlementaire la question d’un référendum et votez en sa faveur».

Chers amis et chères amies, patriotes, tout le long de ma vie j’ai lutté pour l’unité du peuple grec. Je crois absolument que nous devons traiter ce grand problème, unis comme tel un poing. Et je crois absolument que nous sommes unis parce que, indépendamment de nos désaccords, nous sommes tous des patriotes. Car quand on défend les droits de sa patrie et de son Peuple, cela n’est pas du nationalisme, c’est du patriotisme et la Grèce aujourd’hui a plus que jamais besoin de patriotes! Les Grecs aujourd’hui unis donnent, tous ensemble depuis la place Syntagme, leur réponse: la Macédoine est une, elle l’était, l’est et restera toujours grecque.

Vive le Peuple grec!

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[Traduction Alexandre MOUMBARIS

relecture Marie-José MOUMBARIS]

  • Ce sont les expressions dont se sont servis les fascistes de «gauche», contre ceux qui s’opposent à la reconnaissance du nom de «Macédoine» au bénéfice de l’Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM)
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