12 et 17 novembre

Front syndical de classe

Grève dans l’Éducation Nationale le 12 novembre

La journée de grève du 12 novembre a été lancée sous de curieuses auspices : d’un côté, un appel minimaliste de la FSU, du Sgen-CFDT et de l’UNSA centré sur les seules questions des suppressions de postes ; de l’autre un appel tardif de la CGT, Sud Education et FO de l’autre sans que la mobilisation de la part de ces organisations ne soit très intense localement.

Tout semble en place pour un échec, proximité des élections professionnelles dans la FP oblige tout comme d’ailleurs la frilosité notamment de la FSU pour préparer en engager le rapport de force avec le gouvernement.

Toutefois, la situation catastrophique dans l’Éducation Nationale et la fatigue des collègues face à la situation sont évidentes (le mouvement « pas de vague » en est une illustration) et on peut s’attendre à ce que les personnels s’emparent de la journée pour exprimer leur lassitude et leur colère.

En effet, depuis des années, l’Education Nationale subit l’avancée progressive des contre-réformes déclinant en France des stratégies européennes de l’Éducation pilotées par l’UE :

contre-réforme du collège – contre-réforme du lycée et casse du bac national – « parcoursup » et sélection sociale accrue à l’Université – Loi ORE sur le Supérieur – casse de la voie professionnelle et formation professionnelle livrée au MEDEF – fusion des académies et pilotage régional de l’Éducation – menaces sur les statuts – mise en concurrence des établissements et des agents – pouvoirs accrus aux chefs d’établissement dans le cadre du « new public management » – nouveaux programmes aux fondements réactionnaires – recrutement massif de contractuels à qui sont imposés précarité et bas salaires – enseignement en anglais (et non de l’anglais) tout en fragilisant enseignement du français.… toutes ces attaques font système, mettent directement en cause l’Education nationale et sont le support aux suppressions de postes annoncées.

Pour le Front Syndical de Classe, c’est donc bien la construction d’une riposte globale qui doit être à l’ordre du jour des organisations syndicales de l’Education, faisant le lien avec l’ensemble des régressions (FP, retraites, droit du travail, allocations chômage, sécu…) et leur matrice euro-patronale et s’inscrivant dans la nécessité de construire d’un mouvement social de grande ampleur permettant de mettre le pouvoir sur la défensive, alors que déjà, les luttes des cheminots, des étudiants, des postiers et des électriciens ont fortement affaibli le régime thatchérien de Macron complètement illégitimes pur saper les fondements du système social de notre pays.

– Journée du 17 novembre

Le 17 novembre est annoncée une journée de blocage pour protester contre l’augmentation du prix du carburant.

Lancée par des particuliers, l’initiative a connu un vif succès sur internet mais aussi sur les routes où on peut observer de nombreux gilets jaunes. Elle a aussi été préemptée par l’extrême-droite et/ou manœuvrée par le patronat des sociétés de transport espérant à terme de nouvelles concessions profitant aux lobbies routiers, tandis que les organisations syndicales et politiques progressistes sont restées très prudentes, certains mettant même l’accent sur le danger principal de l’extrême-droite.

Pour le FSC, la colère exprimée est tout à fait légitime et il faut tout faire pour la généraliser et lui faire prendre une franche tournure de classe et de masse en lieu et place d’un discours « antifiscal ».

Oui, le gouvernement, les géants du pétrole et de la distribution, l’UE… organisent un véritable racket sur les usagers de l’automobile, pénalisant au passage les plus pauvres par l’intermédiaire de taxes qui constituent un impôt indirect, injuste par nature. En effet, ils ont tout fait pendant des années pour que les travailleurs s’équipent en véhicule. Aujourd’hui, ils mettent en évidence les dangers du diesel pour l’environnement et prennent ce prétexte pour taxer les automobilistes dont la plupart sont contraints d’utiliser leurs voitures au quotidien.

En réalité, le gouvernement, les multinationales, l’UE se moquent de l’environnement. Ce sont en effet les mêmes qui organisent le tout voiture et le tout camion, qui ferment les lignes de chemin de fer (remplacés par… les « cars Macron ») et imposent la privatisation de la SNCF, la dégradation du service (retards, suppressions de trains…) et la casse du fret ferroviaire. Derrière les effets d’annonce et la communication d’entreprise, les actes économiques et politiques font chaque jour la démonstration qu’il ne peut y avoir de transition énergétique et écologique dans un système par nature productiviste.

Les taxes sur le carburant ne sont en réalité qu’un moyen de plus pour compenser les cadeaux fiscaux sur les plus riches et sur les grosses entreprises, le tout au nom d’une contrainte budgétaire et d’une dette complètement illégitimes. Ces augmentations de taxes sur les produits pétroliers s’inscrivent dans une politique globale de diminution des impôts directs impulsée depuis plus de vingt ans par les institutions de la mondialisation libérale que sont L’Organisation Mondiale du Commerce, le Fonds Monétaire International et leur puissant relais dans l’espace européen, l’Union Européenne. Elles répondent à un objectif essentiel pour les classes dirigeantes : faire payer plus les travailleurs et soulager les grosses fortunes de leur contribution au financement de la solidarité nationale.

Oui, il y a nécessité à soutenir et amplifier la colère populaire en la tournant vers le bon objectif : le pouvoir du capital qui paupérise les travailleurs et les classes populaires.

Oui, le pouvoir d’achat est aujourd’hui un énorme problème pour des millions de personnes dans notre pays. Mais derrière le pouvoir d’achat, le problème de fond est celui de la rémunération de la force de travail, sans cesse tiré par le bas depuis près de 40 ans, grâce notamment au mécanisme institué de la « concurrence libre et non faussée » par l’ordre juridique de l’UE et au carcan de l’euro.

Oui, il faut une grande bataille pour l’augmentation des salaires, des pensions, des allocations… une grande bataille pour remettre le capital sous contrôle du peuple et ouvrir de véritables nouvelles perspectives de leur émancipation sociale et politique permettant de sortir du rapport d’exploitation capitaliste.

C’est en ce sens que le FSC invite les travailleurs du public et du privé, les étudiants, les privés d’emploi, les retraités… à prendre une part active dans cette journée nationale d’action du 17 novembre 2018.

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